Rentrée scolaire 2026 : la pénurie d'enseignants s'étend de la France à la RDC

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Rentrée scolaire 2026 : la pénurie d'enseignants s'étend de la France à la RDC

Alors que la rentrée scolaire 2026 bat son plein, l'actualité met en lumière une préoccupation majeure : le manque criant d'enseignants. En France, le principal syndicat du second degré tire la sonnette d'alarme, tandis qu'en République démocratique du Congo, des enseignants sont privés de salaire depuis plusieurs mois. Deux réalités distinctes, mais un même constat : l'éducation est en crise.

En France, 53% des collèges et lycées manquent d'au moins un professeur

Le SNES-FSU, principal syndicat des enseignants de collèges et lycées, a mené une enquête exhaustive du 31 août au 4 septembre 2026. Les résultats sont sans appel : il manque au moins un professeur dans 53% des établissements de France métropolitaine. Une situation qui contredit les déclarations optimistes du ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, qui affirmait le 31 août que son objectif était « évidemment, que tout le monde ait tous ses professeurs ».

L'enquête, menée auprès de 1 066 établissements, révèle que ce chiffre atteint 69% si l'on inclut les autres personnels (conseillers principaux d'éducation, assistants, accompagnants d'élèves handicapés, psychologues). Les disparités régionales sont frappantes : l'académie de Versailles est la plus touchée avec 70,5% d'établissements incomplets, suivie de Toulouse (66,7%), Nantes (61,7%) et Créteil (61,1%). À l'inverse, l'académie d'Amiens s'en sort mieux avec 23,1%.

Les disciplines les plus affectées sont les mathématiques, le français, la physique-chimie et l'anglais. Les causes ? Des postes non pourvus aux concours, mais aussi des remplacements de moyenne et longue durée (congés maladie, maternité, parentaux) qui ne sont pas assurés. Le syndicat anticipe une aggravation : « les rectorats ont fait le choix de ne pas renouveler un nombre conséquent de professeurs non-titulaires en CDD ».

Ce manque d'enseignants a des conséquences directes sur les élèves. Dans plusieurs établissements, des cours ne sont tout simplement pas assurés. "Des élèves ont donc commencé l'année sans professeur", déplore le SNES-FSU, qui parle de "pénurie généralisée". Une situation qui s'inscrit dans un contexte plus large de baisse du niveau scolaire, comme le rappelle l'enseignant et essayiste Joachim Le Floch-Imad sur CNEWS : "Depuis l'année 2000, on a perdu l'équivalent de 3 années de niveau scolaire en mathématiques", suite aux résultats du classement Pisa.

En RDC, des enseignants impayés depuis juin plongent les familles dans la misère

À des milliers de kilomètres de là, dans la province de la Tshopo, en République démocratique du Congo, les enseignants des territoires de Basoko et de Yahuma n'ont pas perçu leurs salaires depuis le mois de juin 2026. Une situation intenable pour ces fonctionnaires, qui doivent faire face à la rentrée scolaire sans ressources.

Selon Blaise Bongolo, président de l'intersyndicale locale, cette situation "hypothèque gravement la rentrée scolaire et démotive le corps enseignant, qui continue pourtant d'assurer la formation de nos enfants malgré ces difficultés". Les enseignants peinent à assurer la scolarité de leurs propres enfants, et de nombreuses familles sont plongées dans la misère.

Les revendications sont claires : le paiement immédiat des arriérés de juin et juillet, la régularisation du calendrier de paie, et une implication du gouvernement pour trouver une solution durable. Les enseignants pointent du doigt leur agent payeur, Caritas, et demandent l'intervention des autorités pour débloquer la situation. Radio Okapi, qui a tenté de contacter Caritas, n'a pas obtenu de réponse.

Ce n'est pas un cas isolé en RDC. Le 9 septembre, des enseignants du secteur public dénonçaient déjà l'insuffisance de leurs salaires. Des problèmes de rémunération qui s'ajoutent aux défis déjà nombreux du système éducatif congolais.

Contexte : une crise mondiale de l'éducation

Ces deux exemples illustrent une tendance plus large. En France, la pénurie d'enseignants n'est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, les concours de recrutement peinent à attirer des candidats, et le nombre de postes non pourvus ne cesse d'augmenter. Le ministre a mis en avant une embellie : le taux de postes pourvus aux concours aurait atteint 98,5%, notamment grâce à la réforme avançant les concours à bac+3. Mais le SNES-FSU nuance : la baisse du nombre de contractuels non renouvelés et les absences non remplacées restent des problèmes majeurs.

Cette crise a un impact direct sur la qualité de l'enseignement. Le classement Pisa 2026, publié cette semaine, montre une chute historique des résultats des élèves français. Comme le souligne Joachim Le Floch-Imad, la baisse en mathématiques équivaut à une perte de trois années d'enseignement depuis 2000. Un lien de cause à effet évident pour de nombreux experts.

En RDC, le problème est différent mais tout aussi grave. Les retards de paie sont récurrents, et les enseignants, souvent recrutés par des ONG ou des organismes religieux comme Caritas, sont particulièrement vulnérables. Le manque de financement des écoles publiques, exacerbé par la crise économique, fragilise tout le système éducatif.

Perspective : quelles solutions pour l'avenir ?

Face à cette situation, les syndicats et les enseignants appellent à une prise de conscience. En France, le SNES-FSU demande un plan d'urgence pour le remplacement des professeurs absents et le recrutement de personnels supplémentaires. "Il n'y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée", martèle le syndicat, qui exige des moyens à la hauteur des enjeux.

Pour les experts, la crise de l'éducation ne se résoudra pas par des mesures ponctuelles. "Nous avons besoin d'une refonte profonde de la politique éducative", estiment certains, en citant la nécessité de revaloriser le métier d'enseignant et d'améliorer les conditions de travail.

En RDC, les enseignants de la Tshopo, eux, n'attendent pas des réformes mais une action immédiate. Leur survie et celle de leurs familles en dépendent. La mobilisation de l'intersyndicale est un signal fort, mais sans le paiement des arriérés, la grève pourrait s'étendre. Dans un pays où la scolarisation est déjà un combat, chaque journée sans enseignant est un recul supplémentaire.

Finalement, que ce soit en France ou en RDC, le constat est le même : l'école est en danger. Et c'est toute une génération qui risque d'en payer le prix. Sur le front de l'éducation, la mobilisation ne faiblit pas, et les syndicats promettent de continuer à faire pression sur les gouvernements. L'avenir dira si ces alarmes seront entendues.

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