Une découverte fortuite qui bouleverse l'archéologie égyptienne
Un agriculteur égyptien, Khaled al-Shahat, travaillait sur son terrain à Behbeit el-Hagar, dans le gouvernorat de Gharbia, lorsqu'il est tombé sur une pierre rose inhabituelle. Au lieu de la conserver, il a alerté les autorités locales. Cette simple action a déclenché une fouille archéologique qui a mis au jour les vestiges de deux statues royales colossales, dont l'une représente très probablement Ramsès II, l'un des pharaons les plus célèbres de l'Égypte antique.
Une tête monumentale et des fragments royaux
Les archéologues ont découvert une tête de statue mesurant environ 1,60 mètre de haut, portant la double couronne, symbole de l'unification de la Haute et de la Basse-Égypte. Selon le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, la taille de cette tête suggère que la statue complète atteignait environ 8,5 mètres, socle compris. À proximité, les fouilles ont également révélé un bloc de granit rose d'environ 1,30 mètre de long, gravé de titres royaux de Ramsès II : « Nesw-Bity » (roi de Haute et de Basse-Égypte) et « Sa-Ra » (fils de Râ). La partie supérieure du pilier dorsal de la statue, portant le nom d'Horus du pharaon, Hor Ka Nakht Mery Maat, a aussi été exhumée.
Une seconde statue, mesurant environ 2,40 mètres de long et dépourvue de ses jambes et de son socle, a été mise au jour. Bien que son visage soit bien conservé et arbore un némès, les chercheurs pensent qu'elle pourrait également représenter Ramsès II, sans pouvoir encore le confirmer.
Un site qui interroge les historiens
La localisation de ces découvertes soulève des questions. Behbeit el-Hagar est surtout connu pour son temple dédié à Isis, construit plusieurs siècles après le règne de Ramsès II (1279-1213 av. J.-C.). La présence de statues colossales de ce pharaon sur un site religieux plus tardif intrigue les archéologues. « Cela pourrait changer l'histoire de la région », a confié Khaled al-Shahat à CBS News.
Le ministre du Tourisme et des Antiquités, Sherif Fathy, s'est rendu le 14 octobre 2026 dans le village pour honorer l'agriculteur. Il lui a remis un certificat d'appréciation ainsi qu'à son épouse, et leur a offert un voyage en Arabie saoudite pour effectuer la Omra, en reconnaissance de son honnêteté et de son sens des responsabilités. « Le ministre a insisté pour que ce citoyen soit honoré dans son village, sur sa propre terre, parmi sa famille et ses voisins », a précisé le ministère dans un communiqué.
Un contexte archéologique riche mais complexe
Ramsès II, un pharaon prolifique
Ramsès II, qui a régné pendant 66 ans, est l'un des pharaons les plus documentés de l'Égypte antique. Son règne a été marqué par de nombreuses constructions, notamment à Abou Simbel, Karnak et Pi-Ramsès. La découverte de nouvelles statues de lui n'est donc pas rare, mais leur emplacement inattendu à Behbeit el-Hagar ajoute une couche de mystère. Les archéologues cherchent à comprendre comment ces monuments ont pu être déplacés ou réutilisés dans un contexte religieux ultérieur.
Une découverte qui fait suite à d'autres trouvailles
Ces fouilles s'inscrivent dans une série de découvertes archéologiques récentes en Égypte. Ces dernières années, le pays a intensifié ses efforts pour mettre en valeur son patrimoine, notamment avec l'ouverture prochaine du Grand Musée égyptien. La découverte de Behbeit el-Hagar pourrait attirer l'attention sur une région moins connue que les sites traditionnels comme Gizeh ou Louxor.
Quelles implications pour l'avenir ?
Un site à revaloriser
La découverte pourrait conduire à des fouilles plus approfondies à Behbeit el-Hagar. Les archéologues espèrent déterminer si d'autres statues ou vestiges se trouvent sous le terrain de l'agriculteur. Le site, déjà connu pour son temple d'Isis, pourrait révéler des strates historiques plus anciennes. Les autorités égyptiennes ont annoncé que les recherches se poursuivraient pour mieux comprendre la chronologie du site.
Un exemple de collaboration entre citoyens et archéologues
L'action de Khaled al-Shahat illustre l'importance de la sensibilisation du public à la protection du patrimoine. Son geste a non seulement permis une découverte majeure, mais aussi renforcé le lien entre les communautés locales et les institutions archéologiques. Le ministère espère que cet exemple encouragera d'autres citoyens à signaler des trouvailles similaires.
Enfin, cette découverte pourrait avoir des retombées économiques pour la région, en attirant touristes et chercheurs. Si les fouilles confirment l'importance du site, Behbeit el-Hagar pourrait devenir une nouvelle étape incontournable pour les amateurs d'archéologie.
Pour l'heure, les statues découvertes sont en cours d'analyse et de restauration. Leur exposition future pourrait offrir un nouvel éclairage sur le règne de Ramsès II et sur les pratiques religieuses de l'Égypte antique.
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