Procès du triple assassinat : Amine Kessaci face au chef présumé de la DZ Mafia

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Le procès s'ouvre à Aix-en-Provence

Ce lundi 19 octobre 2026 s'ouvre devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence, le procès de cinq hommes accusés d'un triple assassinat commis en décembre 2020 et janvier 2021 à Marseille. Parmi les victimes figure Brahim Chabane, 22 ans, demi-frère du militant écologiste et élu marseillais Amine Kessaci, partie civile dans cette affaire. Les corps de Brahim Chabane, Nassim Loubani et Réda Khaldi avaient été retrouvés calcinés, l'un dans le coffre d'une Audi incendiée sur l'autoroute A55, un autre sur le siège passager, et le troisième démembré dans une Clio en flammes dans une impasse des quartiers nord. Un mode opératoire d'une rare violence qui avait profondément marqué l'opinion.

Parmi les accusés, Amine Oualane, surnommé « Mamine », présenté par les autorités comme le chef présumé de la DZ Mafia, organisation criminelle qui domine aujourd'hui le narcotrafic à Marseille. Selon les informations de RMC, ce dernier souhaite adresser ses premiers mots à Amine Kessaci dès l'ouverture du procès. « Il veut lui exprimer tout son respect et toute son empathie », a déclaré son avocate, Inès Médioune, tout en clamant son innocence dans ce triple meurtre. Une démarche inattendue, alors que les deux hommes ne se sont jamais rencontrés et que l'accusé est régulièrement cité dans l'enquête sur la mort de Mehdi Kessaci, autre frère du militant, abattu en 2025.

Un face-à-face lourd de symboles

Amine Kessaci refuse toutefois de réduire ce procès à une confrontation personnelle. « Je ne serai pas debout face à une personne. Je serai face à un groupe de personnes, celles qui sont accusées du meurtre de mon frère et de deux autres personnes », a-t-il déclaré. Pour lui, l'enjeu dépasse le seul cas de Brahim Chabane : il s'agit de juger un système criminel qui a progressivement gangrené la ville et continue de menacer sa propre vie. Depuis l'assassinat de Mehdi Kessaci en 2025, l'élu écologiste vit sous escorte policière permanente, tant la DZ Mafia est perçue comme une menace directe.

Une affaire qui a précipité un engagement

Le drame de 2020 a été le point de départ de l'engagement d'Amine Kessaci contre le narcotrafic. Son demi-frère Brahim, décrit comme sous l'emprise des trafics, a été tué dans des circonstances effroyables. Quelques années plus tard, c'est son petit frère Mehdi qui tombait sous les balles, dans sa voiture, à Marseille. Entre-temps, Amine Kessaci est devenu une figure de la lutte anti-narcotrafic, dénonçant régulièrement l'impunité des réseaux et les ravages de l'économie souterraine dans les quartiers populaires. Ce procès est donc pour lui l'occasion de mettre en lumière les rouages d'une organisation criminelle qui a durablement marqué la cité phocéenne.

Contexte : la montée en puissance de la DZ Mafia

L'affaire intervient dans un contexte de guerre ouverte entre groupes criminels à Marseille. La DZ Mafia, née au début des années 2020, s'est imposée comme l'un des acteurs majeurs du narcotrafic, imposant sa loi dans de nombreux quartiers. Les enquêteurs la soupçonnent d'être impliquée dans une série de règlements de comptes sanglants, dont celui qui a coûté la vie à Brahim Chabane et à ses deux compagnons. Le triple assassinat de 2020, avec ses corps carbonisés et démembrés, avait déjà été analysé comme un signe avant-coureur de la brutalité de cette organisation.

Le procès qui s'ouvre doit permettre d'établir les responsabilités individuelles, mais aussi de documenter les méthodes de la DZ Mafia. Les cinq accusés, dont Amine Oualane, encourent la réclusion criminelle à perpétuité. L'audience devrait durer plusieurs semaines, avec de nombreux témoignages et expertises. Pour les autorités, l'enjeu est double : rendre justice aux victimes et envoyer un signal fort aux trafiquants, alors que la lutte contre le narcotrafic est devenue une priorité nationale.

Perspective : un procès qui dépasse le cadre marseillais

Au-delà du cas de Brahim Chabane, ce procès s'inscrit dans une tendance plus large : la multiplication des procès liés au narcotrafic et la difficulté pour la justice à appréhender des réseaux de plus en plus structurés et violents. La DZ Mafia est aujourd'hui considérée comme l'une des organisations criminelles les plus puissantes de France, avec des ramifications dans plusieurs villes. Les assassinats de Brahim Chabane et de Mehdi Kessaci illustrent la capacité de ces groupes à frapper des cibles symboliques, y compris les familles de ceux qui les dénoncent.

Pour Amine Kessaci, ce procès est aussi une épreuve personnelle. Il devra affronter ceux qui, selon les enquêteurs, ont brisé sa famille, tout en poursuivant son combat politique. Sa présence à l'audience, sous protection policière, rappelle que la lutte contre le narcotrafic expose ceux qui s'y engagent. La décision de la cour, attendue dans plusieurs semaines, sera scrutée bien au-delà de Marseille. Elle dira si la justice parvient à sanctionner les responsables de ces crimes et à dissuader les vocations, dans un contexte où la violence des trafiquants ne cesse de défier l'État.

En attendant, le face-à-face entre Amine Kessaci et Amine Oualane, s'il a lieu, sera l'un des moments forts de ce procès hors norme. Un affrontement entre deux destins que tout oppose, mais que la violence du narcotrafic a irrémédiablement liés.

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