Procès de Guillaume B. : l'horreur révélée aux assises de Digne
Ce lundi 18 mai 2026 s'est ouvert à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) le procès de Guillaume B., 51 ans, accusé d'avoir soumis sa compagne Laëtitia à un enfer de viols, de torture et de prostitution forcée pendant sept ans. Laëtitia, 42 ans, aujourd'hui décrite comme « une survivante » par son avocat, a refusé que les débats se déroulent à huis clos, malgré la défense qui le réclamait. Une volonté forte, qui rappelle les choix de Gisèle Pelicot lors du procès de son mari.
Guillaume B. comparait pour « proxénétisme aggravé », « viols aggravés » et « actes de torture et de barbarie ». Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. L'audience, qui doit durer plusieurs semaines, promet de lever le voile sur un système d'emprise totale, où la victime était traitée comme une esclave.
Le refus du huis clos, un geste politique et intime
Dès l'ouverture des débats, Laëtitia, par la voix de son conseil, Me Philippe-Henry Honegger, a exigé que le procès soit public. « Elle veut que la société entende ce qu'elle a subi », a-t-il déclaré. Un choix qui fait écho au précédent Pelicot, où la victime avait imposé la publicité des audiences pour que la honte change de camp. Guillaume B., lui, aurait souhaité des débats à l'abri des regards.
Contexte : sept années d'emprise et de violences
Les faits remontent à 2015, lorsque Laëtitia, préparatrice en pharmacie de 32 ans, rencontre Guillaume B., directeur d'agence bancaire, de dix ans son aîné. Très vite, l'homme installe une relation de domination qualifiée de « maître-esclave » par l'avocate de la partie civile. Il contrôle chacun de ses gestes : quand elle sort, s'habille, mange, dort, boit. Les violences sont physiques, sexuelles et psychologiques.
Des viols quotidiens, une mise en prostitution
Selon l'accusation, Guillaume B. a prostitué Laëtitia de force, l'obligeant à subir des rapports sexuels tarifés avec des inconnus, souvent sous la menace. Il la violait lui-même régulièrement. Le tout dans un isolement total : la victime n'avait pas accès à son téléphone, ne voyait plus ses proches. La prison mentale, comme le résume Me Honegger, était « absolument verrouillée », même si la porte de la maison était ouverte.
Le déclic : l'appel d'une amie en mai 2022
En mai 2022, une amie de Laëtitia contacte la police pour signaler les violences. « Moi, je l'ai toujours crue », a-t-elle témoigné. Les enquêteurs de Manosque prennent contact avec la victime, qui confirme tout mais hésite à porter plainte. Ce n'est que le 17 juin 2022 qu'elle franchit le seuil du commissariat. Sa plainte déclenche une enquête qui met au jour l'horreur.
Perspective : un procès qui questionne le système judiciaire
Ce procès s'inscrit dans une série d'affaires retentissantes qui brisent le silence sur les violences conjugales et l'emprise. Le refus du huis clos par Laëtitia, comme celui de Gisèle Pelicot, interroge la place de la victime dans le prétoire. « On va comprendre comment un homme a réussi à mettre en place tout un système qui empêche de partir », espère Me Honegger.
Par ailleurs, la comparution de Guillaume B., ancien directeur bancaire, rappelle que ces violences traversent toutes les catégories sociales. L'affaire, suivie par de nombreux médias, pourrait inspirer une évolution législative sur la reconnaissance de la contrainte psychologique dans les viols conjugaux.
Alors que les débats doivent se poursuivre, la parole de Laëtitia résonne comme un cri : celui d'une femme qui, après sept ans d'enfer, refuse de se taire. Un combat qui, espère-t-elle, permettra à d'autres victimes de trouver la force de témoigner.
Plusieurs faits divers récents, comme le Procès Martin Ney : le tueur en série allemand jugé pour le meurtre de Jonathan, montrent que la justice se saisit désormais de dossiers longtemps enfouis. Le procès de Guillaume B. pourrait marquer un tournant dans la reconnaissance des violences faites aux femmes.
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