Procès Aramburu : Le Priol et Bouvier jugés à Paris pour l'assassinat du rugbyman

Rugby: procès aux assises pour le meurtre de l'ancien rugbyman argentin Federico Martin Aramburu

Ouverture du procès de l'assassinat de Federico Aramburu à Paris

Ce lundi 7 septembre 2026, la cour d'assises de Paris s'ouvre sur le procès tant attendu de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, l'ancien international argentin de rugby, tué par balle dans la nuit du 18 au 19 mars 2022. Loïk Le Priol, 32 ans, comparaît pour assassinat, tandis que son ami Romain Bouvier, 35 ans, est jugé pour tentative d'assassinat. Tous deux encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Leurs compagnes et amis, Lyson R. et Anthony S., sont également convoqués pour des faits connexes. Le procès doit durer trois semaines, jusqu'au 25 septembre.

Des faits d'une violence extrême

La nuit du drame, Aramburu et son ancien coéquipier Shaun Hegarty se trouvaient à la terrasse du bar Le Mabillon, boulevard Saint-Germain, à Paris. Une dispute apparemment futile avec Loïk Le Priol, ancien militaire d'extrême droite, a dégénéré en quelques minutes. Selon les images de vidéosurveillance, Le Priol a manipulé une arme dans les toilettes avant l'altercation. Après une première salve de tirs tirés par Bouvier, Le Priol a poursuivi les deux rugbymen et a abattu Aramburu de plusieurs balles. Dix coups de feu ont été tirés en moins de 48 secondes.

La famille d'Aramburu attend la vérité et la reconnaissance de la gravité des faits

Me Yann Le Bras, avocat des proches de la victime, a exprimé leur détermination : « La famille est tout d'abord mobilisée pour cette échéance judiciaire qu'ils attendent depuis quatre années. » Une partie de la famille vit à Buenos Aires, l'autre au Pays basque, où Federico s'était installé après sa carrière. Ils attendent de ce procès qu'il clarifie les circonstances du drame et que la qualification d'« assassinat » soit maintenue, alors que Loïk Le Priol plaide la légitime défense.

Un parcours de violences et d'extrême droite

Les deux accusés ont un passé judiciaire chargé. Tous deux ont été condamnés en 2015 pour une agression violente sur un ancien responsable du GUD, groupe étudiant d'ultradroite dissous depuis. Loïk Le Priol, ancien militaire, souffrirait d'un stress post-traumatique qui a altéré son jugement selon certains experts, mais cette thèse divise. Romain Bouvier, quant à lui, affirme avoir tiré « des coups de semonce vers le sol », une version contredite par les caméras de surveillance.

Le monde du rugby sous le choc, l'Argentine en deuil

La disparition de Federico Martin Aramburu, double champion de France avec le Biarritz Olympique (2005, 2006) et membre des Pumas, a bouleversé le monde du rugby bien au-delà des frontières. En Argentine, où il est une légende, et au Pays basque où il vivait, de nombreux hommages ont été rendus. Son ami et ancien coéquipier, l'Irlandais Shaun Hegarty, également témoin et victime des tirs, sera l'un des témoins clés du procès. D'autres figures du rugby, comme les entraîneurs Marc Lièvremont et Gonzalo Quesada, ont été appelés à la barre pour dresser le portrait de l'« homme solaire et généreux » disparu.

Un procès sous haute tension sécuritaire

Les débats s'annoncent houleux. Les avocats de la défense devraient contester la préméditation, arguant que la fusillade est survenue dans un contexte d'alcool et de provocation mutuelle. Mais la famille d'Aramburu espère que les trois semaines d'audience permettront de faire éclater la vérité et de reconnaître la sauvagerie de l'attaque. Dans un contexte où les violences d'ultradroite sont de plus en plus scrutées, ce procès aura une portée symbolique forte.

Le verdict est attendu pour la fin du mois de septembre. Il mettra un point final à quatre ans de bataille judiciaire pour les proches de la victime, qui n'ont jamais cessé de réclamer justice. Comme le souligne leur avocat, ils veulent que « l'extrême gravité de ce qui s'est passé cette nuit-là » soit pleinement reconnue.

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