Primaire PS : Olivier Faure pose sa candidature et dénonce une « trumpisation »

La primaire PS à Paris annoncée au 30 juin, après des « irrégularités »

Olivier Faure lance les hostilités pour la primaire de la gauche

Alors que les militants socialistes sont appelés à trancher ce jeudi 9 juillet sur les modalités de la future primaire de la gauche, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a jeté un pavé dans la mare. Interrogé sur BFMTV-RMC, il a estimé qu'il ne serait "pas illégitime" que sa candidature soit sur la table. "Je suis Premier secrétaire, il ne serait pas illégitime que je sois (candidat)", a-t-il déclaré, tout en laissant planer le suspense : "Je n'ai pas dit que j'avais pris ma décision." Une déclaration qui intervient alors que le vote interne du PS doit déterminer si la primaire sera ouverte à tous les sympathisants ou réservée aux seuls adhérents.

Une sortie fracassante contre Marine Le Pen

Dans la même intervention médiatique, Olivier Faure a également profité de l'actualité pour charger la candidate du Rassemblement national à la présidentielle. Alors que Marine Le Pen s'est officiellement lancée dans la course à l'Élysée malgré sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics, le patron du PS a dénoncé une "forme de trumpisation de la vie politique". "Est-ce que c'est moralement souhaitable que quelqu'un qui se présente à la présidence de la République, la magistrature suprême, soit elle-même une personne condamnée ?", a-t-il interrogé, ajoutant : "Je me souviens d'une époque où l'extrême droite se vantait d'être mains blanches et tête haute, aujourd'hui, c'est les mains sales et la tête basse." Une attaque en règle qui place d'emblée le débat sur le terrain de l'éthique républicaine, alors que la candidate RN, bien que condamnée, reste autorisée à se présenter.

Le vote du 9 juillet : un scrutin décisif pour l'avenir du PS

Ce référendum interne, qui oppose deux visions de la primaire, est bien plus qu'un simple vote de procédure. D'un côté, Olivier Faure défend une primaire ouverte à tous les sympathisants de gauche, moyennant une contribution de 2 euros. L'objectif : élargir la base électorale et permettre au vainqueur de se présenter ensuite à une primaire unitaire de la gauche, hors La France insoumise (LFI), avec les Écologistes, les anciens Insoumis comme Clémentine Autain ou François Ruffin. "Je suis pour ouvrir les portes et les fenêtres", a expliqué Faure, justifiant cette approche par le contexte politique : "À un moment où nous ne sommes pas les favoris, où le combat va être difficile, ce n’est pas le moment du repli sur soi."

De l'autre côté, ses opposants internes, menés par Boris Vallaud et Nicolas Mayer-Rossignol, plaident pour une primaire strictement réservée aux adhérents du Parti socialiste et des organisations politiques proches, comme Place publique de Raphaël Glucksmann ou La Convention de Bernard Cazeneuve. Pour eux, il s'agit de préserver l'identité sociale-démocrate du parti et d'éviter une dilution dans une primaire trop large qui pourrait profiter à des candidats extérieurs. Selon plusieurs sources, ce second scénario pourrait l'emporter, ce qui mettrait Olivier Faure en minorité pour la première fois depuis son accession à la tête du PS.

Un parti en crise, une gauche fragmentée

Ce scrutin interne intervient dans un climat de crise profonde au Parti socialiste. Le parti, qui ne compte plus que 40 000 adhérents, offre le spectacle de ses divisions, de ses batailles intestines et de ses guerres de tranchées. Même le vote de la censure en début de semaine a scindé le groupe en deux, illustrant la fragilité de l'autorité d'Olivier Faure. Jamais, en huit ans à la tête du PS, il n'avait paru aussi proche de perdre un scrutin interne. Les écologistes et les autres formations de gauche, qui ont adressé un courrier le 30 juin aux socialistes, ont d'ores et déjà prévenu : "Nous ne soutiendrons pas un choix et une candidature qui ne seraient pas issus d'un processus de primaire." De son côté, Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à la présidentielle, ironise sur cette initiative qu'il juge sans avenir : "La primaire est finie !"

Quelles conséquences pour la présidentielle 2027 ?

Au-delà du sort d'Olivier Faure, ce vote est crucial pour l'ensemble de la gauche. Si l'option de la primaire réservée aux adhérents l'emporte, elle signerait de facto l'enterrement de la primaire unitaire de la gauche, chère à Marine Tondelier (EELV) et aux anciens Insoumis. À l'inverse, une victoire de la primaire ouverte pourrait relancer le processus d'union des gauches non mélenchonistes, avec pour objectif de présenter un candidat unique face à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Un calendrier serré et une opposition redoutable

La primaire de l'espace socialiste est prévue pour "fin septembre, début octobre". Le vainqueur de cette première étape pourrait ensuite, en fonction du résultat du vote, se soumettre à une primaire de la gauche unitaire. Mais en attendant, les autres candidats ont déjà pris une longueur d'avance : Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont entamé leur campagne. Cette dernière, bien que condamnée, reste selon Olivier Faure "une candidate redoutable" avec "le vent dans le dos". Un constat partagé par un sondage BFMTV, qui révèle que près de 60% des Français désapprouvent sa candidature, mais que rien ne semble freiner sa dynamique.

Un parti entre survie et renaissance

Pour le Parti socialiste, ce vote est existentiel. Après des années de déclin, le parti doit choisir entre une stratégie d'ouverture et de rassemblement, portée par Faure, et un repli identitaire prôné par ses opposants. Dans une interview à l'Opinion, un cadre socialiste résumait la situation : si le résultat est contesté, le PS pourrait être mis "en danger de mort". À l'extérieur du microcosme politique, l'actualité est aussi marquée par le Tour de France 2026 ou encore les frasques de Katy Perry, mais pour la gauche française, ce jeudi 9 juillet restera un jour charnière.

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