Présidentielle 2027 : Wauquiez appelle Retailleau à se retirer et soutient Philippe

Présidentielle 2027 : qui sont les candidats potentiels ou déclarés ?

Laurent Wauquiez change de camp et tend la main à Édouard Philippe

À moins d'un an de l'élection présidentielle, le paysage politique de la droite française connaît un séisme. Ce mercredi 1er juillet 2026, Laurent Wauquiez, chef de file des députés de Droite républicaine, a provoqué une onde de choc en appelant ouvertement Bruno Retailleau, le candidat officiel des Républicains (LR), à "savoir se retirer si nécessaire" de la course présidentielle. Dans un entretien accordé au Figaro, Wauquiez, qui avait pourtant reconnu Bruno Retailleau comme "candidat légitime" il y a moins d'un mois, a complètement changé de discours, estimant que le candidat LR, actuellement sous la barre des 10% dans les sondages, risque d'être un "candidat éliminateur" qui empêcherait une candidature de droite unie d'accéder au second tour.

Le député de la Haute-Loire ne s'est pas arrêté là. Il a apporté un soutien appuyé à Édouard Philippe, le maire du Havre et ancien Premier ministre, le jugeant capable "d'incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France". Cette déclaration, rapportée le 2 juillet, marque un tournant décisif dans la campagne, alors que la droite est plus que jamais fragmentée entre les héritiers de LR, les partisans d'Horizons et les alliés de Gabriel Attal.

"La logique du rassemblement est urgente" : le calcul de Wauquiez

La prise de position de Laurent Wauquiez intervient dans un contexte très tendu. Il justifie son soudain revirement par la nécessité d'éviter une dispersion des voix de droite qui pourrait profiter à Jean-Luc Mélenchon, en qualifiant le risque d'avoir un "candidat LR en dessous de 10%" comme un danger pour "éliminer un candidat de droite" au second tour. "À partir de l'automne, il sera urgent d'adopter la logique du rassemblement", a-t-il martelé, tout en dénonçant une "logique ultra-puriste" qu'il attribue à Bruno Retailleau.

Les observateurs voient dans cette manœuvre une tentative de Laurent Wauquiez de "prendre sa revanche" après sa lourde défaite face à Bruno Retailleau lors de la course à la présidence de LR en 2025. Depuis cette défaite, il s'est autoproclamé "guerrier du rassemblement" et milite pour une "primaire de la droite" élargie allant d'Édouard Philippe à Sarah Knafo. En tendant la main à Édouard Philippe, Wauquiez cherche à se positionner comme l'arbitre ou le fédérateur d'une droite unie, tout en se désolidarisant de la candidature moribonde de son propre parti. L'entourage de Bruno Retailleau n'a pas tardé à réagir, dénonçant un "mouvement de panique" et accusant Wauquiez de "vouloir détruire le parti LR".

Entre Attal et Philippe : une droite à trois têtes

Cette déclaration intervient alors qu'Édouard Philippe et Gabriel Attal sont eux-mêmes en compétition interne pour incarner l'alternative au centre-droit. Le maire du Havre a récemment évoqué un "processus" de départage avec l'ancien Premier ministre, prévu entre octobre 2026 et février 2027. Le soutien de Wauquiez, bien que non officiel, renforce la stature d'Édouard Philippe tout en fragilisant Bruno Retailleau, qui peine à décoller dans les sondages.

Le journal Le Parisien précise que Wauquiez ne se déplacera pas pour assister au premier grand meeting de campagne d'Édouard Philippe ce dimanche à l'Adidas Arena de Paris, afin de ne pas apparaître comme un rallié, mais plutôt comme "celui qui fédère". Il continue par ailleurs de discuter "très souvent" avec Gabriel Attal et Édouard Philippe, cherchant à peser sur les alliances à venir.

Vers une recomposition de la droite ?

Pour la première fois, Laurent Wauquiez dessine une perspective claire : celle d'une alliance large de la droite face au Rassemblement national et à Jean-Luc Mélenchon. "Seul, LR ne gagnera pas", a-t-il affirmé, suggérant qu'il est temps d'inventer un "nouveau cycle politique" en s'émancipant de "l'histoire de la macronie". Cette vision a le mérite de la clarté : une droite unie derrière un candidat unique, quitte à sacrifier le candidat naturel du parti.

Cette offensive de Wauquiez pourrait avoir des répercussions jusqu'à la présidentielle, prévue pour les 18 avril et 2 mai 2027. Si Bruno Retailleau reste sourd à l'appel de retrait, il risque de se retrouver isolé, avec une base affaiblie. En parallèle, le camp d'Édouard Philippe peut espérer engranger des soutiens, tandis que Gabriel Attal, lui aussi en campagne, devra compter sur son bilan pour séduire l'électorat de droite.

Retour sur la chronique d'un divorce annoncé

Cette sortie de Laurent Wauquiez n'est pas une surprise pour les initiés. Depuis sa défaite face à Retailleau, il n'a cessé de critiquer la ligne dure du président des Républicains, qu'il juge trop enfermée dans un logiciel idéologique. En réalité, les tensions couvaient depuis des semaines. Le 2 juillet, dans les colonnes du Figaro, il a même déclaré qu'il avait "le choix de ne pas soutenir un candidat qui ne serait pas celui du rassemblement". Ce faisant, il se pose en recours, en figure capable de rassembler les modérés de droite, qu'ils soient issus de LR, d'Horizons ou même des macronistes déçus.

Alors que le Mondial 2026 bat son plein, l'actualité politique française se concentre désormais sur cette élection présidentielle qui s'annonce comme la plus indécise depuis 2017. Entre les appels de Mélenchon aux maires et la campagne de Marine Le Pen, la droite joue désormais la carte de l'union… ou de l'implosion.

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