Pouvoir d'achat : 300 000 manifestants dans la rue, la dette publique atteint 119% du PIB

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Une mobilisation massive pour le pouvoir d'achat

Ce mardi 29 septembre 2026, la France a connu l'une des plus importantes mobilisations sociales de ces dernières années. Selon la CGT, 300 000 personnes ont manifesté à travers le pays, principalement des agents du secteur public, pour réclamer une revalorisation des salaires et dénoncer la perte de pouvoir d'achat. À Paris, ils étaient 30 000, dont 8 000 pompiers, selon les syndicats. À Marseille, la CGT revendique 30 000 participants (3 800 selon la préfecture), à Toulouse 11 000 (6 800 selon la préfecture) et à Lyon 6 000 selon les autorités.

Les mots d'ordre étaient clairs : « Augmentez les salaires ! », « Blocage des prix », ou encore « Des moyens, des moyens, sinon ça sert à rien ». Cette journée d'action, organisée par une intersyndicale réunissant la CGT, FO, la CFDT, l'UNSA, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP, a donné lieu à plus de 170 manifestations dans tout le pays.

Une grève suivie dans la fonction publique

La mobilisation a été particulièrement suivie dans les rangs de la fonction publique. Selon le ministère de l'Action et des Comptes publics, 9,64 % des agents de la fonction publique d'État étaient en grève à la mi-journée, contre 5,68 % dans la territoriale et 4,5 % dans l'hospitalière. Dans l'Éducation nationale, le taux de grévistes atteignait 13,71 %. Les pompiers, éprouvés par un été marqué par plusieurs mégafeux, se sont largement joints au mouvement.

Cette mobilisation intervient alors que le gouvernement entend geler à nouveau le point d'indice des fonctionnaires dans son projet de budget 2027. Une décision qui signifie une stagnation des salaires publics pour l'année à venir, dans un contexte où l'inflation, notamment sur les prix du carburant, continue de rogner le pouvoir d'achat des ménages.

Une crise du pouvoir d'achat historique depuis 2024

La mobilisation de mardi s'inscrit dans un contexte économique et social de plus en plus tendu. Selon une récente étude, la France traverse une crise du pouvoir d'achat historique depuis 2024 : les familles auraient perdu en moyenne 1 200 euros sur la période. Une érosion qui touche particulièrement les classes moyennes et populaires, déjà fragilisées par la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation.

La dette publique atteint un niveau record

Parallèlement, la situation des finances publiques se dégrade. L'Insee a révélé que la dette de la France atteint 3 595,5 milliards d'euros au deuxième trimestre 2026, soit 119 % du PIB. Un niveau qui n'avait pas été atteint depuis 1946. Malgré les efforts de l'exécutif pour réaliser des économies, l'un des premiers postes du budget 2027 sera le service de la dette : 77,4 milliards d'euros en 2026, et jusqu'à 100 milliards en 2030.

Cette contrainte budgétaire limite les marges de manœuvre du gouvernement, qui doit concilier réduction des déficits et réponse aux attentes sociales. Le gel du point d'indice, justifié par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques, se heurte ainsi à la colère des syndicats et des agents publics.

Un mécontentement qui s'étend

Au-delà de la fonction publique, la question du pouvoir d'achat s'impose comme une préoccupation majeure pour l'ensemble des Français. La hausse des prix du carburant, alimentée par les tensions géopolitiques, notamment la guerre Israël-Iran et ses répercussions sur le marché pétrolier, pèse lourdement sur les budgets des ménages. Dans ce contexte, la mobilisation de mardi pourrait ne pas être un épiphénomène.

Quelles perspectives pour le budget 2027 ?

À l'issue de la journée de manifestations, la CGT a appelé le gouvernement à revoir sa copie budgétaire. Le projet de budget 2027, présenté par Sébastien Lecornu, est déjà qualifié de « partie de poker menteur » par certains observateurs, tant les équilibres politiques sont fragiles. Entre la nécessité de réduire la dette, la pression des marchés et la demande sociale, l'exécutif navigue en eaux troubles.

Un automne social sous haute tension

La mobilisation de ce mardi pourrait marquer le début d'un automne social agité. Les syndicats ont d'ores et déjà prévenu : si le gouvernement maintient le gel du point d'indice, d'autres actions suivront. La question du pouvoir d'achat devrait également s'inviter dans les débats politiques à l'approche des prochaines échéances électorales.

Pour les ménages, la perte de 1 200 euros en moyenne depuis 2024 représente un choc durable. Les mesures d'urgence, comme les chèques énergie ou les primes inflation, n'ont pas suffi à compenser la hausse des prix. La crise du pouvoir d'achat risque donc de peser encore longtemps sur le climat social et la confiance des consommateurs.

Enfin, le niveau record de la dette publique constitue une épée de Damoclès pour les finances du pays. Le poids des intérêts, qui pourrait atteindre 100 milliards d'euros en 2030, réduit d'autant les capacités d'investissement dans les services publics. Une équation difficile à résoudre pour un gouvernement déjà confronté à une forte contestation sociale.

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