Porto-Vecchio : entre crise du logement et mutations économiques
Alors que la saison touristique démarre à Porto-Vecchio, plusieurs propriétaires font le choix, à contre-courant, de louer leurs biens à l'année. Une décision éthique pour lutter contre la pression foncière qui étrangle l'Extrême-Sud. Parallèlement, la ville connaît une hémorragie de ses librairies, tandis que les collégiens sont formés aux risques routiers. Analyse des dernières secousses qui agitent la cité du sel.
Un propriétaire sur deux qui préfère le local au touriste
Joseph, 30 ans, a reçu "des dizaines d'appels et mails en 24 heures" pour son deux-pièces. Pourtant, il a choisi de le louer à l'année à un jeune couple d'actifs porto-vecchiais. Comme lui, une poignée de propriétaires renoncent aux profits des locations estivales pour permettre aux locaux de rester. Une démarche militante face à une spéculation immobilière qui pousse de nombreux insulaires à quitter leur terre.
"La forte pression foncière et spéculative sur notre commune a rendu difficiles mes recherches d'achat", confie Joseph. Ce choix moins rentable vise à "pallier les difficultés à se loger" dans une ville où les annonces saisonnières pullulent.
Impôts : Porto-Vecchio dans le top des villes riches de Corse-du-Sud
Selon les données DGFiP publiées le 16 mai 2026, Porto-Vecchio affiche un impôt sur le revenu moyen de 2 519 euros par foyer, bien au-dessus de la moyenne départementale (2 154 euros). La ville se classe derrière des communes comme Coti-Chiavari (4 525 euros) ou Conca (4 510 euros), mais confirme son attractivité auprès des contribuables aisés. Ces chiffres reflètent les fortes disparités du littoral corse, où les prix de l'immobilier flambent.
En six mois, trois librairies ferment leurs portes
Le monde du livre est en crise à Porto-Vecchio. Depuis janvier 2026, "La Clairière", librairie-salon de thé, a mis la clé sous la porte, suivie par deux autres commerces. Sandrine Coveliers, gérante, a dû rapatrier ses invendus dans son autre magasin Biodélice, les bradant à 30 %. "Si j'avais voulu les renvoyer à l'éditeur, il aurait fallu payer le transport", explique-t-elle. Aujourd'hui, elle ne commandera plus de nouveaux livres. Une tendance qui interroge sur la pérennité des commerces culturels face aux loyers et aux charges.
Sécurité routière : les collégiens formés aux deux-roues
Au collège Léon-Boujot, 135 élèves de 5e ont participé à une journée dédiée à la sécurité routière le 15 mai. Au programme : ateliers sur le port du casque, massage cardiaque et utilisation des trottinettes. "Les parents m'obligent à porter le casque alors que j'ai 12 ans", lance un élève, suscitant une explication sur la protection du cerveau comparée à celle d'un téléphone portable. L'initiative, portée par la principale adjointe, vise à donner du sens à l'ASSR1 tout juste obtenue.
Crise du logement : un enjeu pour toute l'île
Ces actualités dessinent le portrait d'une ville en tension, où cohabitent richesse touristique et difficultés d'accès au logement pour les actifs. La décision de certains propriétaires de privilégier la location annuelle est une réponse locale à un problème régional. Mais elle reste marginale face à la pression du marché estival. Un équilibre fragile entre éthique et réalité économique.
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