Des chiffres en nette amélioration pour clore 2025
Polestar a publié le 17 avril 2026 ses résultats du quatrième trimestre 2025, et les signaux sont encourageants pour le constructeur suédois de véhicules électriques. Le chiffre d'affaires trimestriel a bondi de 54 % en un an, atteignant 887 millions de dollars pour les trois mois terminés le 31 décembre 2025. Dans le même temps, la perte nette s'est réduite à 799 millions de dollars, contre 1,18 milliard un an plus tôt.
Ces performances marquent une inflexion notable après plusieurs exercices difficiles. La marge brute ajustée s'est établie à 1,9 % au quatrième trimestre, un chiffre modeste mais qui tranche radicalement avec les -39 % enregistrés à la même période en 2024. La trésorerie de l'entreprise atteignait environ 1,16 milliard de dollars à fin 2025, offrant une marge de manœuvre opérationnelle à court terme.
Une restructuration profonde pour atteindre ces résultats
Ces progrès ont un coût humain et organisationnel significatif. Polestar a réduit ses effectifs de près de 34 % en un an, passant de 2 547 employés fin 2024 à 1 686 fin 2025. La société a également optimisé ses chaînes d'approvisionnement et rationalisé ses processus de fabrication. Cette cure d'amaigrissement agressive a permis de comprimer les coûts et d'améliorer les marges, même si la rentabilité reste encore hors de portée.
Un pivot stratégique vers l'Europe dans un contexte mondial instable
Polestar a clairement repositionné sa stratégie géographique au cours de l'année écoulée. L'Europe, marché historique de la marque, est désormais le cœur de sa dynamique commerciale, portée par une demande soutenue pour les véhicules électriques. En revanche, d'autres marchés clés — notamment les États-Unis — affichent des performances décevantes, pénalisés par un contexte macroéconomique dégradé.
Le PDG Michael Lohscheller a expressément mentionné les tensions géopolitiques et les politiques tarifaires de l'administration Trump comme des facteurs aggravants pour les ambitions internationales du groupe. Dans ce contexte, la stratégie européenne n'est pas seulement un choix de croissance : elle constitue aussi une forme de protection contre les vents contraires extérieurs.
Des volumes en croissance, mais des pertes encore lourdes sur l'année
Sur l'ensemble de l'exercice 2025, le tableau reste contrasté. Sur les douze derniers mois glissants, Polestar a enregistré environ 2,7 milliards de dollars de perte nette pour un chiffre d'affaires de 2,5 milliards, ce qui signifie que l'entreprise dépense toujours plus qu'elle ne génère en ventes. La première moitié de 2025 avait affiché un chiffre d'affaires de 1,4 milliard de dollars avec une perte par action de 16,92 dollars, en amélioration par rapport au second semestre 2024.
Le consensus des analystes table sur une croissance des revenus d'environ 34 % par an, mais la tension entre expansion commerciale et pertes persistantes reste le principal point d'interrogation pour les investisseurs. Polestar prévoit de publier ses résultats du premier trimestre 2026 le 7 mai prochain, une échéance surveillée de près.
Polestar assume sa vision tout-électrique, sans compromis
Au-delà des chiffres, Polestar affirme également sa vision industrielle avec une clarté assumée. Scott Maynard, directeur général de Polestar Australie, a récemment déclaré dans une interview que les véhicules hybrides rechargeables (PHEV) représentaient « le pire des deux mondes » : la complexité d'un groupe motopropulseur électrique combinée au poids et à l'entretien d'un moteur thermique, sans atteindre le zéro émission. Il estime que cette technologie a « rempli son rôle » et devient « rapidement obsolète » à mesure que l'autonomie des véhicules électriques dépasse les 500 kilomètres.
Cette prise de position tranchée illustre l'ADN de la marque : Polestar ne joue pas sur plusieurs tableaux technologiques. Là où d'autres constructeurs ménagent la chèvre et le chou pour ménager leurs différents marchés, Polestar mise entièrement sur la transition vers le 100 % électrique.
Sur le plan produit, le nouveau Polestar 3 millésime 2026 a récemment été essayé par la presse spécialisée. La version révisée intègre des mises à niveau technologiques substantielles, notamment en matière de vitesse de charge, même si certains ajustements dynamiques suscitent des discussions parmi les journalistes automobiles.
Perspectives : entre ambition affichée et équilibre financier à construire
Polestar se trouve à un carrefour stratégique emblématique des défis que traversent les pure players de l'électrique à l'échelle mondiale. L'entreprise a prouvé sa capacité à faire croître ses revenus et à comprimer ses pertes, deux signaux positifs qui témoignent d'une résilience opérationnelle réelle. Mais le chemin vers la rentabilité reste long et semé d'incertitudes géopolitiques et commerciales.
La croissance des volumes de ventes au détail est attendue « à des taux bas à deux chiffres » selon les propres projections de la société, sans autre guidance financière précise pour l'instant. Dans un secteur automobile mondial sous pression — entre guerres tarifaires, instabilité des marchés émergents et intensification de la concurrence chinoise — la stratégie de recentrage européen de Polestar constitue un pari cohérent, mais dont le succès dépendra autant de facteurs exogènes que de l'exécution interne.
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