Pogacar déjà au sommet : une démonstration de force au Tour de Suisse
À moins de deux semaines du départ du Tour de France 2026 à Barcelone, Tadej Pogacar a envoyé un signal fort à ses concurrents. Le Slovène de l'UAE Team Emirates-XRG a remporté le Tour de Suisse avec une avance record de 6 minutes et 30 secondes sur son dauphin, Richard Carapaz. Une performance qui n'a rien laissé au hasard : trois victoires d'étape, des watts au kilo affolants (7,28 W/kg sur les trois premiers kilomètres de l'ascension finale), et une impression de facilité déconcertante.
Comme le souligne l'analyste David Bavin-Hobbs sur IDL Pro Cycling, les données de puissance de Pogacar sur la montée de Villars-sur-Ollon (6,95 W/kg de moyenne) sont un véritable avertissement pour le peloton. Si le Slovène n'a pas encore atteint son pic de forme — il était à 7,28 W/kg deux ans plus tôt sur le Plateau de Beille —, le simple fait d'afficher ces chiffres en juin, un mois avant le Tour, suffit à inquiéter.
Morale en berne dans le peloton : le "Pogacar effect"
Cette suprématie a un effet dévastateur sur le moral des autres coureurs. Dans un récent épisode du podcast néerlandais In het Peloton, les coureurs Koen Bouwman et Sam Oomen ont décrit sans détour l'ambiance dans le peloton. "C'est un peu comme entrer dans un ring de boxe et se faire tabasser", confie Oomen, qui a lui-même participé au Tour de Suisse. "Il y a un coureur qui est tellement au-dessus du lot que c'est difficile à comprendre, même quand on donne tout."
Bouwman, lui, utilise une comparaison frappante : "La différence entre les amateurs et moi est la même qu'entre Pogacar et moi. Pourtant, je ne pose pas de pavés de 7h à 17h, je suis un professionnel." Un aveu qui en dit long sur le fossé qui sépare le champion du monde du reste du peloton.
Carapaz envisage déjà d'abandonner ses ambitions au classement général
Même Richard Carapaz, deuxième du Tour de Suisse et ancien vainqueur du Giro, semble résigné. Dans une interview accordée à l'Escapa Podcast, l'Équatorien a admis qu'il pourrait renoncer au classement général du Tour de France pour se concentrer sur les victoires d'étape et le maillot à pois. "Il est impossible de faire souffrir Pogacar", a-t-il lâché, avant d'expliquer que son équipe, EF Education-EasyPost, ne dispose pas des forces nécessaires pour rivaliser sur trois semaines.
Une situation qui rappelle celle de 2024, où Carapaz avait déjà remporté le maillot à pois tout en portant brièvement le maillot jaune. Pour l'Équatorien, la priorité est désormais de rester réaliste, quitte à revoir ses objectifs à la baisse. Il n'exclut pas de tenter le coup sur la première étape, un contre-la-montre par équipes à Barcelone, mais la suite s'annonce compliquée.
L'ASO change les règles du maillot vert pour contrer Pogacar
Face à cette domination, les organisateurs du Tour de France (ASO) ont décidé de réagir… sur le terrain du maillot vert. Selon L'Équipe, le système de points a été modifié pour 2026 afin de favoriser les sprinteurs purs. Les vainqueurs de cinq étapes clés (Pau, Bordeaux, Bergerac, Nevers, Chalon-sur-Saône) recevront désormais 70 points au lieu de 50, et les sprints intermédiaires passeront de 20 à 25 points.
Une décision directement liée à la performance de Pogacar en 2025, où il avait terminé deuxième du classement par points, à seulement 78 unités de Jonathan Milan, sans même avoir cherché à viser ce maillot. Avec les nouvelles règles, l'écart aurait été de 80 points supplémentaires pour Milan, contre seulement 19 pour Pogacar. De quoi, espère l'ASO, préserver le seul maillot qui manque encore au Slovène dans sa collection.
Un Tour sous le signe de la chaleur et des records ?
Alors que le départ approche, les défis s'accumulent. La canicule qui frappe l'Europe, et qui a déjà forcé l'annulation de la journée de jeudi au Garorock 2026, pourrait également impacter les coureurs. Par ailleurs, le Brevet 2026 maintenu malgré la canicule montre que les autorités tentent de s'adapter, mais les conditions extrêmes restent une menace réelle.
Reste à savoir si Pogacar pourra enfin ajouter le maillot vert à son palmarès, malgré les nouvelles règles. Mais à voir l'état de forme du champion slovène, une chose est sûre : le Tour de France 2026 s'annonce comme un nouveau chapitre de sa légende, pour le meilleur… et pour le pire de ses adversaires.
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