Philippe de Villiers : ses publicités retirées des bus de La Rochelle

Guillaume Peltier, a spokesman Philippe De Villiers, and secretary general of the movement for France, the premises of the PF in Paris, France on...

La Rochelle retire les publicités du livre de Philippe de Villiers

La communauté d'agglomération de La Rochelle a annoncé le retrait définitif des publicités pour Résurrection, le dernier ouvrage de Philippe de Villiers paru le 7 octobre 2026 chez Fayard. Les affiches, qui circulaient sur les bus du réseau Yélo Mobilités, ont été décollées dans la soirée du lundi 19 octobre, comme l'a confirmé Bertrand Ayral, vice-président en charge des mobilités et président de Yélo Mobilités, lors du conseil communautaire du 15 octobre. Ce dernier a évoqué un « dysfonctionnement » de la part de la régie publicitaire, Cityz Media, qui aurait considéré l'ouvrage comme un « livre d'auteur classique » au motif que Philippe de Villiers n'est pas candidat à l'élection présidentielle.

La polémique est née de la mobilisation d'élus d'opposition de gauche. Maryline Simoné, leader du groupe La Rochelle Unie, a dénoncé sur Facebook l'utilisation des espaces publicitaires du réseau de bus comme « supports de promotion idéologique », estimant qu'ils ne devaient pas servir des « idées extrêmes ». Le président de l'agglomération et maire de La Rochelle, Olivier Falorni (DVG), a également fait part de sa « gêne ». Contactée par BFM, la collectivité a indiqué avoir « rappelé à la régie la ligne de conduite qu'elle a mise en place depuis des années ».

La régie publicitaire conteste toute erreur

De son côté, Cityz Media, sous-traitant de la régie depuis près d'un an, estime n'avoir commis « aucune erreur ». « Cette publicité ne comporte aucun contenu politique », a répondu l'entreprise à ICI La Rochelle, soulignant que Philippe de Villiers n'est « membre d'aucun parti politique ». « Après, on peut ne pas l'aimer. Dans ce cas-là, il ne faut pas acheter son livre. Mais on pourrait avoir le même débat avec tous les auteurs, et avec tous les produits. Si on n'aime pas les cannelés, on n'en achète pas. C'est la même chose », a ajouté la régie.

Philippe de Villiers dénonce une censure de la gauche

L'ancien ministre n'a pas tardé à réagir. Sur CNEWS, le 16 octobre, il a fustigé une décision qu'il attribue à la gauche : « Je m'en suis douté, la gauche censure. (...) La gauche brûle les livres. » Il a également affirmé que « la gauche ne supporte pas d'avoir perdu la bataille culturelle ». Ces déclarations s'inscrivent dans une série de prises de position récentes de Philippe de Villiers, qui a par ailleurs critiqué la politique étrangère française, estimant que « la France n'est plus puissante car elle obéit à une oligarchie bruxelloise qui lui prend son argent ».

Un effet Streisand probable

Le retrait des publicités pourrait toutefois produire l'effet inverse de celui recherché. Comme le souligne Le Salon Beige, site d'opinion conservateur, cette décision risque de déclencher un « effet Streisand » : la tentative de cacher ou de retirer une information attire involontairement une attention massive sur elle. La polémique, relayée par de nombreux médias, pourrait ainsi amplifier la diffusion de Résurrection et offrir à son auteur une caisse de résonance inattendue. Le livre, déjà en librairie depuis le 7 octobre, bénéficie désormais d'une publicité médiatique que son éditeur n'avait peut-être pas anticipée.

Contexte : un débat récurrent sur la place des idées d'extrême droite dans l'espace public

Cette affaire n'est pas isolée. Elle illustre les tensions récurrentes autour de la visibilité des figures de l'extrême droite dans l'espace public et commercial. Philippe de Villiers, fondateur du Puy du Fou et figure du souverainisme, est un personnage controversé, régulièrement critiqué pour ses positions. Son ouvrage Résurrection a été perçu par certains élus comme porteur d'une idéologie incompatible avec les valeurs du service public. La décision de La Rochelle s'appuie sur une charte éthique locale, mais elle pose la question de la frontière entre la promotion commerciale d'un livre et la diffusion d'idées politiques.

Un précédent dans les transports

Ce n'est pas la première fois que des publicités pour des ouvrages ou des personnalités controversées suscitent des débats dans les transports publics. En 2016, une affiche publicitaire pour un livre de Jean-Marie Le Pen avait déjà été retirée dans plusieurs villes. Plus récemment, des campagnes de communication d'organisations identitaires avaient été bloquées. Ces décisions sont souvent justifiées par la volonté de ne pas offrir de tribune aux idées extrêmes, mais elles se heurtent à la liberté d'expression et au principe de neutralité des services publics. La régie Cityz Media, qui gère les espaces publicitaires de nombreuses collectivités, pourrait revoir ses critères de validation pour éviter de nouvelles polémiques.

Perspective : vers une judiciarisation croissante des décisions de retrait ?

L'affaire de La Rochelle pourrait avoir des suites. Philippe de Villiers, qui a déjà annoncé son intention de dénoncer une « censure », pourrait saisir la justice pour contester la décision de la communauté d'agglomération. Sur le plan politique, l'épisode renforce la rhétorique de la droite conservatrice dénonçant une « cancel culture » à la française. Il pourrait également inciter d'autres collectivités à clarifier leurs règles en matière de publicité, afin d'éviter les ambiguïtés. À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, ces débats sur la place des idées controversées dans l'espace public devraient s'intensifier. En attendant, le livre de Philippe de Villiers, déjà en tête des ventes selon son éditeur, devrait continuer de faire parler de lui.


Article mis à jour le 19 octobre 2026.

Commentaires