Paul Seixas, leader unique des Bleus aux Mondiaux de Montréal
À quelques jours de la course en ligne des Championnats du monde de cyclisme, qui se déroulera ce dimanche 27 septembre à Montréal, Paul Seixas assume son statut de favori. Le jeune coureur français de 20 ans, récemment médaillé de bronze sur l'épreuve du contre-la-montre, sera l'unique leader de l'équipe de France. Une responsabilité qu'il accueille avec ambition et sérénité.
« Je me suis fixé l'objectif du titre. Un autre résultat serait une petite voire une grosse déception », a-t-il déclaré lors d'un point presse à Bromont, où l'équipe de France s'entraîne à l'abri de l'effervescence médiatique. « Avec la forme que j'ai en ce moment, et l'envie de l'équipe, ce serait une déception de faire autre chose. »
Le prodige tricolore, quatrième du dernier Tour de France, s'appuiera sur une équipe entièrement dévouée à sa cause. Autour de lui, Thomas Voeckler, le sélectionneur, a aligné une formation solide : Pavel Sivakov, Bruno Armirail, Jordan Labrosse, Valentin Paret-Peintre, Nicolas Prodhomme, Alex Baudin et Jordan Jegat. Tous partagent un objectif unique : porter Paul Seixas vers le maillot arc-en-ciel.
Une équipe au service du leader
L'unité du groupe France semble être une force. « On se connaît tous bien maintenant. On s'entend tous bien ensemble. Donc ça peut donner le supplément d'âme nécessaire à un Championnat du monde », confie Seixas. Pavel Sivakov, habitué à courir aux côtés de Tadej Pogacar chez UAE Team Emirates, n'a pas hésité à comparer les deux hommes : « Comme Tadej, il est un cran au-dessus physiquement. Il nous broie à l'entraînement. »
Même les coéquipiers de Seixas reconnaissent sa supériorité. « Il nous broie », confirme l'un d'eux, soulignant l'intensité des séances d'entraînement. Une domination qui ne laisse présager que du bon pour la course de dimanche.
Un parcours exigeant et ouvert
Le tracé montréalais, long de plus de 250 kilomètres, comprend une longue partie en ligne avant d'entrer dans un circuit de 12 tours. Un profil qui pourrait convenir à un puncheur-grimpeur comme Seixas, mais qui reste ouvert. « La course est différente entre le Grand Prix de Montréal et la course des Mondiaux. Il y a un peu moins de tours de circuit. Pour définir exactement le type de coureurs qui peuvent s'imposer, il faut voir comment la course se déroule. C'est un parcours assez ouvert », analyse le Français.
Pour que ses chances soient maximales, Seixas sait qu'il faudra durcir la course. « Pour que ça me corresponde mieux, forcément qu'il faut durcir la course. On verra comment on va le faire, on n'a pas encore eu le briefing. Thomas Voeckler a toujours des idées derrière la tête », sourit-il.
La stratégie française se dessine
Thomas Voeckler, connu pour ses choix tactiques audacieux, a affirmé que l'équipe serait « au service de Paul Seixas et de sa victoire ». Le sélectionneur mise sur une cohésion sans faille et une gestion méticuleuse de la pression. « C'est un groupe soudé, où chaque membre est désireux de soutenir la domination du leader », a-t-il expliqué.
L'expérience de coureurs comme Sivakov et Armirail sera précieuse pour guider le jeune leader dans les moments clés. « Ils apportent une perspective d'expérience et d'orientation tactique », souligne Voeckler.
Un phénomène générationnel
À seulement 20 ans, Paul Seixas incarne la nouvelle vague du cyclisme français. Son ascension fulgurante, marquée par une quatrième place au Tour de France et une médaille de bronze aux Mondiaux du contre-la-montre, force le respect. « Il y a un an, je ne savais pas à quoi m'attendre. Aujourd'hui, je me retrouve à jouer parmi les meilleurs. Si on m'avait dit ça l'année dernière, j'aurais été dingue », confie-t-il.
Son ambition affichée ne semble pas le perturber. Au contraire, elle le motive. « C'est bien d'avoir des ambitions. Et d'avoir cette ambition-là, ça me motive encore plus. Je sais que ce n'est pas facile à assumer sur le vélo. Mais on va tout tenter. »
Un tournant pour le cyclisme français
Une victoire de Seixas dimanche serait un événement majeur pour le cyclisme tricolore, qui attend un titre mondial sur route depuis 1997 et Laurent Brochard. Elle confirmerait l'émergence d'une nouvelle génération dorée, capable de rivaliser avec les Pogacar, Evenepoel et autres van der Poel.
Pour l'heure, le jeune homme reste concentré sur son objectif. « L'objectif, c'est de gagner dimanche. Avec la forme que j'ai, avec l'envie de l'équipe, ce serait forcément une déception d'aller chercher autre chose que le titre. Mais ça peut arriver. Il faut savoir que tout est possible. Mais notre ambition est d'aller chercher ce titre. C'est dingue quand on y pense et ça me motive encore plus. C'est tout ce dont je pouvais rêver. »
Le rendez-vous est pris. Dimanche, Paul Seixas et l'équipe de France tenteront d'écrire une nouvelle page de l'histoire du cyclisme français.
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