Paul de Saint Sernin au cœur du roast « Dans la sauce » : le concept explose sur Netflix
Le 3 juin 2026, Netflix a mis en ligne « Dans la sauce », le premier grand roast français, animé par Paul de Saint Sernin. Le principe ? Réunir les champions du monde de football de 1998 et 2018 autour d’humoristes venus les « vanner » sans filtre, mais avec leur consentement. L’émission, enregistrée quelques jours plus tôt, a rapidement enflammé les réseaux sociaux et suscité des réactions contrastées.
Paul de Saint Sernin, connu du grand public pour sa chronique dans « Quelle époque ! » sur France 2, a été choisi pour orchestrer ce choc des générations. Dans un entretien à L’Équipe publié le 2 juin, il confiait : « Je rêverais de vanner Zizou ! » — clin d’œil à Zinédine Zidane, absent du plateau. Les présents, comme Fabien Barthez, Laurent Blanc, Blaise Matuidi ou Presnel Kimpembe, ont dû encaisser les piques de Pablo Mira, Monsieur Poulpe, Hakim Jemili, Sarah Lélé ou encore Kheiron.
Une polémique précoce autour de la vanne sur Patrick Bruel
Avant même la diffusion, une phrase de Paul de Saint Sernin dans la bande-annonce a fait le buzz : « C’est quoi un roast ? C’est quand on défonce une personne mais qu’elle est d’accord. Du coup, Patrick Bruel n’est pas venu. » Une allusion directe aux accusations de viol et d’agressions sexuelles qui visent le chanteur — accusations qu’il conteste. L’extrait, publié sur les comptes Netflix France le 28 mai, a été partagé des milliers de fois.
Le 2 juin, Paul de Saint Sernin était invité sur le plateau de « Quotidien » sur TMC pour défendre le concept. Interrogé par Yann Barthès, il a réitéré : « Il y a vraiment une histoire de consentement. C’est ce que je dis dans l’émission, au début du show, c’est que tu vannes quelqu’un avec son consentement. C’est la raison pour laquelle Patrick Bruel n’est pas venu. » Les réactions ont été immédiates : certains ont salué un humour « à balles réelles », d’autres ont jugé la vanne déplacée dans le contexte #MeToo.
Un tourbillon médiatique : Paul de Saint Sernin au cœur de l’actu
Le 5 juin 2026, Paul de Saint Sernin a été aperçu au tournoi de Roland-Garros, en VIP, profitant du soleil parisien entre deux polémiques. L’image, captée par l’agence Abaca, montre le comédien détendu, souriant aux photographes. Mais son agenda ne se limite pas au tennis : il multiplie les interviews pour défendre ce format inédit en France.
Dans une analyse publiée par Franceinfo le 3 juin, le professeur de stand-up Paul Brunstein-Compard expliquait : « Pour qu’un “roast” fonctionne, il faut que ce soit méchant et drôle. Si ce n’est que méchant, c’est complètement gratuit. Et si ce n’est que drôle, ce n’est pas du “roast” ! » Une définition qui colle parfaitement au show, où les anciens Bleus ont été tour à tour chambrés sur leur carrière, leur âge ou leurs petites manies.
Le concept de roast : un import américain qui peine à s’imposer en France
Le roast est une tradition anglo-saxonne, popularisée par le Comedy Central Roast aux États-Unis. Le principe est simple : une personnalité accepte d’être la cible de moqueries, souvent très crues, de la part d’un panel d’humoristes. En France, plusieurs tentatives ont échoué, jugées trop soft ou mal comprises. « Dans la sauce » semble vouloir inverser la tendance.
Paul de Saint Sernin lui-même reconnaît que le défi est de taille. Dans une interview à L’Équipe, il raconte les coulisses : « Ils pensent qu’ils sont prêts. Mais au fur et à mesure des émissions, tu sentais que dans leurs regards, il y avait une forme de ‘Ah ouais, quand même’. Ils rient quand même, ils se détendent. » Il ajoute avec malice : « Il y en a qui rient jaune de temps en temps, je ne vais pas donner des noms parce que Presnel Kimpembe c’est mon pote. »
Consentement et limite : les règles du jeu
Le consentement est au cœur du roast. Sans lui, la vanne devient une agression. Paul de Saint Sernin a insisté sur ce point dans chaque intervention médiatique. « C’est ce qui fait la différence entre un roast et un règlement de comptes », confie-t-il. Les humoristes présents, comme Pablo Mira ou Hakim Jemili, ont accepté de jouer le jeu, sachant que les invités — stars du foot en fin de carrière ou retraités — avaient signé pour une soirée de vannes.
Pour certains, cette limite a été franchie avec la vanne sur Patrick Bruel. La référence au consentement, liée aux accusations graves pesant sur le chanteur, a été perçue comme une ligne rouge. Patrick Bruel, qui a annulé sa tournée d’été et renoncé aux Enfoirés en 2026, continue de clamer son innocence. La polémique a renforcé l’audience de l’émission : beaucoup ont regardé « Dans la sauce » pour juger par eux-mêmes.
Un format qui divise les critiques
Les premiers retours sur Netflix sont mitigés. Si certains saluent le courage de briser le tabou du roast en France, d’autres regrettent un humour trop « franchouillard » ou des vannes inégales. Sur les réseaux, les extraits les plus partagés sont ceux liés à la polémique Bruel, mais aussi quelques piques bien senties sur les erreurs de jeux des champions du monde 1998.
L’émission dure environ 1h30 et alterne sketches, improvisations et face-à-face tendus. Les humoristes femmes étaient peu nombreuses — Sarah Lélé étant la seule représentante féminine régulière — ce qui a suscité des critiques. Le milieu du stand-up reste encore très masculin, comme le soulignait une enquête Franceinfo en début d’année.
Au-delà du divertissement : les implications culturelles et médiatiques du roast à la française
« Dans la sauce » n’est pas qu’un simple divertissement : il ouvre une réflexion sur la culture du clash, l’humour noir et la manière dont la société française aborde le consentement dans l’espace public. Le roast, en tant que genre, pousse les célébrités à accepter d’être moquées, ce qui est encore rare en France, où la culture du respect et de la révérence prédomine souvent.
Un indicateur d’évolution des mentalités
Le choix de Paul de Saint Sernin comme animateur n’est pas anodin. Âgé de 34 ans, il incarne une nouvelle génération d’humoristes issus du stand-up, formés aux techniques américaines. Ses chroniques dans « Quelle époque ! » lui ont apporté une notoriété nationale, mais aussi une capacité à gérer le direct et les tensions. Sa présence à Roland-Garros le 5 juin montre qu’il est devenu une figure incontournable de la pop culture française.
La polémique Bruel a prouvé que le roast n’est pas un simple jeu : il touche à des questions sociétales sensibles. Le hashtag #DansLaSauce a été utilisé pour débattre, autant que pour rire. Certains internautes ont salué l’audace de Paul de Saint Sernin, d’autres ont appelé au boycott. L’animateur, lui, assume : « L’humour est une manière de désamorcer les tensions, pas de les créer. »
Un précédent pour d’autres formats ?
Netflix, qui mise beaucoup sur le marché français, pourrait réitérer l’expérience. Le succès — ou l’échec — de « Dans la sauce » influencera sans doute d’autres productions. Si le roast s’installe, il pourrait devenir un rendez-vous annuel, à l’image des Comedy Central Roasts qui durent depuis 20 ans aux États-Unis.
En attendant, Paul de Saint Sernin savoure son moment. Le 5 juin 2026, il était à Roland-Garros, souriant, au cœur de l’actualité. Une image qui résume son ascension : celle d’un humoriste capable de faire rire, de choquer et de faire réfléchir, tout en restant dans la lumière. « Dans la sauce » est disponible sur Netflix depuis le 3 juin. À vous de juger.
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