Nuit de folie à Décines : Guendouzi enflamme le Groupama Stadium
La qualification de Fenerbahçe pour la phase de groupes de la Ligue des champions restera marquée par une tension extrême. Ce mercredi 26 août, lors du barrage retour contre l'OL, Mattéo Guendouzi a été au cœur de toutes les polémiques. Dès son entrée sur la pelouse pour l'échauffement, l'ancien Marseillais a été copieusement sifflé par un public lyonnais chauffé à blanc. Sa réponse ne s'est pas fait attendre : plusieurs doigts d'honneur en direction des tribunes, un geste filmé par les caméras de Canal+ et immédiatement relayé sur les réseaux sociaux. L'ambiance, déjà électrique, a alors viré à l'incandescent.
Sur la pelouse, les débats ont été à la hauteur de cette tension. Menés au score après les réalisations de Vedat Muriqi et Archie Brown, les Lyonnais ont cru revenir grâce à Malick Fofana, mais sans succès. Avec cette victoire 2-1 (3-2 en cumulé), le club turc signe son retour en C1 après 18 ans d'absence. Mais le match s'est achevé dans une confusion totale : des accrochages ont éclaté sur le terrain et dans le tunnel, et Guendouzi, visiblement survolté, a encore provoqué les supporters en hurlant « Allez l'OM » face à une caméra.
Un passif marseillais qui ne passe pas à Lyon
Pour comprendre une telle animosité, il faut remonter à la période marseillaise de Mattéo Guendouzi. Entre 2021 et 2023, le milieu de terrain de 27 ans a porté les couleurs de l'OM à 103 reprises, devenant l'un des joueurs les plus détestés du côté de l'OL. Ses célébrations provocantes, son tempérament bouillant et ses déclarations guerrières ont laissé des traces. Le simple fait de le voir revenir à Décines, sous le maillot de Fenerbahçe, a suffi à réveiller les vieilles rancœurs.
Mais cette fois, le contexte était encore plus chargé. Le match était décisif pour une place en Ligue des champions, et le Groupama Stadium affichait complet. Les sifflets n'ont pas cessé de la première à la dernière minute, accompagnés d'insultes que Guendouzi dit avoir subies. Après la rencontre, il a justifié son geste par un sentiment de manque de respect : « Ils ont insulté ma famille, a-t-il déclaré aux journalistes. Si on ne peut pas célébrer comme on veut ensuite, c'est décevant. » Une version contredite par de nombreux observateurs, qui jugent son comportement « honteux » et « détestable », comme le rapporte La Dépêche.
Des conséquences sportives et une image écornée
Au-delà de la polémique, cette soirée laisse des traces. Côté sportif, Fenerbahçe savoure son exploit : le club stambouliote, entraîné par Ismail Kartal, a fait preuve d'une solidité remarquable pour tenir tête à l'OL. Le technicien turc a d'ailleurs tenu à voler au secours de son joueur : « Nous sommes tous ensemble pour soutenir Guendouzi. C'est ça, l'esprit d'équipe. » Une solidarité qui contraste avec l'isolement médiatique du joueur, désormais sous le feu des critiques.
Côté lyonnais, la déception est immense. Éliminés dans les derniers instants, les joueurs de Paulo Fonseca ont affiché leur colère, à l'image de Loïs Openda, qui a dénoncé « une élimination injuste ». Mais l'image du club est surtout ternie par les débordements en fin de match, avec des supporters qui ont tenté d'envahir la pelouse et des joueurs impliqués dans des échauffourées. Une enquête devrait être ouverte par l'UEFA.
Cette affaire s'ajoute à une série d'incidents qui émaillent les rencontres européennes ces dernières saisons, comme les tensions récurrentes lors des matchs entre clubs turcs et français. Pour Guendouzi, l'addition pourrait être salée : une suspension en Ligue des champions n'est pas à exclure, même si Fenerbahçe espère que l'UEFA se montrera clémente. En attendant, le joueur savoure sa qualification, qu'il a célébrée avec ses coéquipiers, loin des projecteurs. Une chose est sûre : il ne reviendra pas de sitôt à Décines, du moins côté terrain.
Dans le même temps, d'autres transferts animent le marché : l'attaquant égyptien Mostafa Mohamed est annoncé du côté de Konyaspor, tandis que Moussa Diaby pourrait faire son retour en Allemagne. Mais cette nuit restera celle de Guendouzi, devenu malgré lui l'acteur principal d'un scénario digne des plus grandes rivalités.
Commentaires