Crise politique : la Knesset vote sa dissolution, Netanyahu fragilisé
Le 20 mai 2026, la Knesset a voté en faveur de sa propre dissolution, ouvrant la voie à des élections anticipées. Les prochains scrutins, initialement prévus pour octobre 2026, pourraient se tenir dès septembre. Cette décision intervient alors que le Premier ministre Benyamin Netanyahu perd le soutien d'un allié clé : la faction ultra-orthodoxe, traditionnellement fidèle à sa coalition, a annoncé qu'elle ne le considérait plus comme un partenaire viable. La raison invoquée : le non-respect d'une promesse de loi visant à exempter les étudiants ultra-orthodoxes du service militaire obligatoire.
Selon les sondages, la coalition de Netanyahu, pourtant la plus à droite de l'histoire d'Israël, serait largement distancée par l'opposition. En cas d'échec de formation d'un nouveau gouvernement, Netanyahu pourrait toutefois rester à la tête d'un gouvernement intérimaire, comme cela s'est produit par le passé.
Une tension croissante avec l'allié américain et les frasques de Ben-Gvir
Parallèlement à cette crise interne, Netanyahu doit gérer des tensions diplomatiques majeures. Le 19 mai, un appel téléphonique avec le président américain Donald Trump a été qualifié de « tendu » par le média Axios. Trump, qui n'a jamais caché son soutien à Netanyahu, l'a informé de l'avancée des négociations de cessez-le-feu avec l'Iran, via des médiateurs pakistanais et qataris. Les deux dirigeants seraient en désaccord sur la stratégie à adopter face à Téhéran. Selon une source américaine, « les cheveux de Bibi étaient en feu après l'appel ».
Sur le plan sécuritaire, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a provoqué un tollé en diffusant des vidéos le montrant en train d'humilier des militants pro-palestiniens de la flottille Sumud, interceptée au large de Gaza. Netanyahu, d'ordinaire discret sur les écarts de son ministre d'extrême droite, a dû le désavouer publiquement, jugeant son comportement « contraire aux valeurs et aux normes d'Israël ». L'ambassadeur israélien à Washington, Yechiel Leiter, a qualifié cette « grandiloquence imprudente » de « coup de massue » contre les efforts diplomatiques du pays.
Un contexte explosif : guerre à Gaza, tensions avec l'Iran et impopularité record
Netanyahu peine à se relever du choc du 7 octobre 2023. L'attaque du Hamas a durablement entamé sa crédibilité sécuritaire. Le pays est toujours en guerre à Gaza, tandis que des négociations complexes avec l'Iran, via des intermédiaires, tentent d'éviter une escalade militaire régionale. La semaine dernière, Trump a encore menacé Téhéran : « Si nous n'obtenons pas la bonne réponse, cela pourrait arriver très vite. »
Dans ce climat, la flottille interceptée est venue ajouter une couche de tension. Si Netanyahu a défendu l'interception, jugeant qu'il s'agissait de « partisans du Hamas », la méthode Ben-Gvir a ulcéré jusqu'à des alliés traditionnels. Le Premier ministre israélien semble pris en étau entre une base politique d'extrême droite qui lui réclame de la fermeté, et des partenaires internationaux qui exigent de la retenue.
Quelles perspectives pour l'avenir politique d'Israël ?
Israël s'achemine vers une nouvelle période d'incertitude politique. En cinq ans, le pays a déjà connu cinq scrutins législatifs. Si l'opposition parvient à former une coalition stable, Netanyahu pourrait être contraint de passer la main. Mais la fragmentation du paysage politique israélien rend tout pronostic hasardeux. Par ailleurs, le procès de Netanyahu pour corruption, toujours en cours, continue de peser sur son avenir.
Dans ce contexte de crise multidimensionnelle, la capacité du gouvernement à gérer à la fois les défis sécuritaires (Gaza, Iran), les relations avec Washington et les fractures internes sera cruciale. Les semaines à venir seront déterminantes pour l'avenir du « roi Bibi », comme pour celui d'Israël.
Note de la rédaction : cet article a été rédigé à partir de sources multiples, dont Reuters, AP, CBS News et le Jerusalem Post. Pour d'autres actualités, découvrez notre article sur « La Meilleure Boulangerie de France » qui s'arrête le 1er juin ou suivez les évolutions du procès en appel de Ronan O'Gara.
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