Morante de la Puebla aux soins intensifs après une cornada gravissime à la Maestranza de Séville

Morante de la Puebla - photo archive

Une blessure d'une rare gravité en pleine Feria de Abril

Lundi 20 avril 2026, la Feria de Abril de Séville a basculé dans le drame. Morante de la Puebla, l'un des matadors les plus emblématiques de sa génération, a été victime d'une cornada particulièrement sérieuse lors de la corrida donnée à la Real Maestranza. La blessure, infligée par le quatrième taureau de l'après-midi, a immédiatement mobilisé les équipes médicales de la plaza.

Le bilan clinique établi par le docteur Octavio Mulet, qui a signé le compte-rendu opératoire, ne laisse aucune place au doute quant à la violence du choc : une plaie par corne de taureau en marge anale postérieure, avec une trajectoire d'environ 10 centimètres, une perforation de la paroi postérieure du rectum de 1,5 cm, et des lésions partielles de la musculature sphinctérienne anale. Le chirurgien a procédé en urgence à un lavage de la plaie, une réparation de la paroi rectale et de l'appareil sphinctérien, ainsi qu'à la pose d'un drain aspiratif. "C'est une zone douloureuse très importante. La cornada a provoqué des lésions complexes, au-delà de sa propre gravité", a précisé le médecin.

Cette première intervention a eu lieu directement dans l'infirmerie de la Maestranza avant le transfert du torero à l'hôpital Viamed de Séville, où il a été placé en unité de soins intensifs.

Une nuit sous surveillance, entre inquiétude et relative sérénité

Le torero a passé la nuit du lundi au mardi "tranquille", selon les informations rapportées par son entourage au quotidien El Mundo. Sédaté et sous l'effet des médicaments, Morante aurait même regardé des vidéos depuis son lit d'hôpital. "C'est la cornada la plus douloureuse que j'aie jamais ressentie", aurait-il lui-même confié. Malgré tout, il est décrit comme "très courageux" face à l'adversité.

La principale crainte des médecins dans les prochains jours concerne le risque infectieux, inhérent à la nature de la plaie, localisée dans une zone anatomique particulièrement sensible sur le plan bactériologique. Des examens radiologiques complémentaires ont également été programmés pour écarter toute lésion lombaire associée.

Sa famille, un soutien discret mais indéfectible

Élisabeth Garrido, l'épouse fidèle dans les moments difficiles

Dans cette épreuve, Morante peut compter sur le soutien de sa femme, Élisabeth Garrido, originaire comme lui de La Puebla del Río, dans la province de Séville. Les deux se connaissent depuis l'enfance et se sont unis civilement le 2 novembre 2010 à la Hacienda Los Ángeles, à Alcalá de Guadaíra. Loin des projecteurs du monde taurin, Élisabeth a toujours incarné un refuge discret pour le matador, y compris lors de périodes personnelles difficiles qui avaient conduit Morante à s'éloigner temporairement des arènes. Ensemble, ils partagent notamment la gestion d'un établissement local appelé La Capilla, dans leur village natal.

Un fils footballeur et une vie de famille bien ancrée

Morante est également père de José Antonio Morante Jr., 18 ans, né de son premier mariage avec Cynthia Antúnez. Ce fils aîné a choisi une voie radicalement différente de celle de son père en s'orientant vers le football, où il évolue actuellement dans les équipes de formation du Real Betis B. Le torero a également de jeunes enfants avec Élisabeth Garrido.

L'icône de la tauromachie moderne face à sa blessure la plus sévère

Morante de la Puebla n'est pas un torero ordinaire. Au fil des années, il a transcendé le monde de la corrida pour devenir une figure culturelle à part entière en Espagne, véritable phénomène de masse dont chaque apparition dans les arènes dépasse le simple cadre de la tauromachie. Sa Feria de Abril 2026 avait jusqu'à ce lundi été saluée comme mémorable.

Sa mise à l'écart forcée, même temporaire, provoque un véritable séisme dans le milieu taurin espagnol. Comme le souligne El Mundo, "la saison dépend de Morante de la Puebla", tant son influence sur la fréquentation des arènes et l'intérêt médiatique pour les corridas est devenue structurelle. Le monde du toro est en état de choc.

Cet accident brutal rappelle, s'il en était besoin, que la tauromachie reste une discipline à haut risque physique, où chaque après-midi dans l'arène peut basculer en quelques secondes. À l'image des grandes blessures qui ont marqué l'histoire du toreo, la cornada de Morante à la Maestranza s'inscrit déjà comme l'un des incidents les plus graves de la saison 2026. L'évolution de son état de santé dans les prochains jours sera suivie avec une attention particulière, aussi bien par ses proches que par l'ensemble des aficionados.

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