Mohamed Sanhadji mis à pied par la FFF : le responsable sécurité des Bleus rattrapé par l'affaire du don de Mbappé

Mohamed Sanhadji a été mis à pied par la FFF.

Mohamed Sanhadji écarté par la FFF

La Fédération française de football (FFF) a décidé de frapper fort. Ce jeudi 15 octobre, Philippe Diallo, son président, a annoncé la mise à pied conservatoire de Mohamed Sanhadji, l'embématique responsable de la sécurité de l'équipe de France, ainsi que l'ouverture d'une procédure disciplinaire pouvant aller jusqu'au licenciement. En cause : la mise en examen de l'ancien policier, le 16 septembre dernier, pour corruption et enrichissement illégal. Une décision qui intervient alors que l'affaire secoue le monde du football français depuis plusieurs semaines.

Un contrôle judiciaire incompatible avec ses fonctions

« Un contrôle judiciaire extrêmement strict ne lui permet pas d'exercer l'ensemble de ses missions auprès du football français », a justifié Philippe Diallo devant la presse. La FFF a donc pris la décision d'une mise à pied conservatoire et d'une « demande d'entretien préalable » en vue d'une sanction. Le président de la fédération a tenu à souligner que cette mesure permettait à Mohamed Sanhadji de « se défendre devant la justice, et que la Fédération et l'équipe de France soient préservées de tous les tumultes judiciaires ». Interrogé sur son état d'esprit, Philippe Diallo a confié : « On n'est jamais heureux que quelqu'un qui a contribué à la sécurité de l'équipe de France se retrouve aujourd'hui dans une situation plus délicate. »

Les faits reprochés

Mohamed Sanhadji est soupçonné d'avoir perçu de l'argent et des avantages de la part de plusieurs joueurs de l'équipe de France, dont Kylian Mbappé. Un don de 60 300 euros, provenant de la prime du Mondial 2022, est à l'origine de l'enquête. Ce versement avait été signalé par un banquier à Tracfin, la cellule de renseignement financier de Bercy, en juillet 2024, déclenchant l'ouverture d'une information judiciaire. Dans la foulée, Mohamed Sanhadji s'était rendu au Cameroun pour organiser la sécurité de l'attaquant des Bleus lors d'un séjour privé. La justice cherche à déterminer si l'ancien policier a profité de ses fonctions et de son réseau pour obtenir de l'argent ou des avantages en échange de services, alors même qu'il était fonctionnaire de police. Il a été mis en examen pour « recel de détournement de fonds public », « corruption active de personne dépositaire de l'autorité publique », « trafic d'influence actif et passif », « trafic d'influence international passif » et « corruption passive par personne dépositaire de l'autorité publique ».

Un personnage historique du staff tricolore

Vingt ans au service des Bleus

Mohamed Sanhadji, surnommé « Momo » par ses proches, a été le responsable de la sécurité de l'équipe de France pendant plus de vingt ans, de 2004 à 2025. Ancien policier, il est devenu au fil des rassemblements et des compétitions un personnage incontournable du vestiaire, bénéficiant de la confiance des joueurs et des sélectionneurs qui se sont succédé. Cette proximité avec les internationaux est aujourd'hui au cœur de l'enquête. Sa carrière avait déjà connu un coup d'arrêt : en 2023, il avait dû prendre sa retraite anticipée de la police nationale, sanctionné pour avoir reçu ce chèque sans en avoir prévenu sa hiérarchie. Malgré cette sanction disciplinaire, la FFF avait décidé de le maintenir en poste.

La FFF avait choisi de le garder

Philippe Diallo a expliqué les raisons de ce maintien : « Nous étions à six mois de la Coupe du monde pour l'équipe de France et un consensus s'est créé autour de l'idée qu'à la proximité d'une échéance aussi importante, le commandant puisse poursuivre ses activités. Les joueurs et le sélectionneur souhaitaient qu'il puisse poursuivre son activité auprès des Bleus, la présomption d'innocence devait prévaloir. C'est la raison pour laquelle je lui ai fait un CDD jusqu'à la Coupe du monde, je ne pouvais pas m'engager au-delà. » Après le Mondial, Mohamed Sanhadji avait été confirmé dans le nouveau staff de Zinédine Zidane. Mais sa mise en examen, assortie d'un contrôle judiciaire lui interdisant de se rendre à Clairefontaine, a finalement poussé la FFF à le mettre à pied. Cette affaire s'ajoute à un contexte déjà chargé pour le clan Mbappé, avec l'audition de Fayza Lamari et Kylian Mbappé dans le cadre de l'enquête.

Quelles conséquences pour les Bleus ?

Un dossier embarrassant pour la FFF

Cette affaire tombe mal pour la Fédération française de football, à quelques mois d'échéances importantes. Si les joueurs ont pu briller sur le terrain lors du premier rassemblement de l'équipe de France version Zidane, le dossier Sanhadji a parasité l'ambiance. La mise à pied conservatoire, qui prend effet immédiatement, prive les Bleus d'un membre historique de leur staff. Elle pose aussi la question de la gestion des liens entre les joueurs et l'encadrement, alors que la justice cherche à déterminer l'ampleur des faveurs accordées en échange de services.

Vers un licenciement ?

La procédure disciplinaire engagée par la FFF pourrait aboutir à un licenciement pur et simple de Mohamed Sanhadji. L'entretien préalable, dont la date n'a pas été précisée, permettra à l'intéressé de présenter sa défense. En parallèle, l'enquête judiciaire se poursuit sous l'autorité d'un juge d'instruction. Pour Philippe Diallo, « pour le reste, ça relève des juges d'instruction ». L'ancien responsable sécurité encourt des peines lourdes si les faits de corruption sont établis. Cette affaire rappelle les risques de dérive dans l'entourage des sportifs de haut niveau, où les frontières entre services rendus et conflits d'intérêts peuvent devenir floues. Elle pourrait aussi inciter la FFF à revoir ses procédures de contrôle et de transparence concernant les membres de son staff.

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