Real Sociedad champion : un scénario haletant à La Cartuja
Le 18 avril 2026, à Séville, le stade de La Cartuja a été le théâtre d'une finale de Copa del Rey extraordinaire. Real Sociedad a décroché son quatrième titre dans cette compétition en dominant l'Atlético de Madrid aux tirs au but, sur le score de 4-3, après un match nul 2-2 au terme du temps réglementaire. Une soirée marquée, une fois de plus, par l'empreinte de son capitaine : Mikel Oyarzabal.
Un début de rêve, un scénario de montagnes russes
La rencontre a débuté de la manière la plus spectaculaire qui soit. Dès la 15e seconde de jeu, Ander Barrenetxea reprenait de la tête un centre de Gonçalo Guedes pour inscrire le but le plus rapide de l'histoire des finales de Copa del Rey. Un avantage aussitôt fêté dans les rangs basques, mais qui n'a pas ébranlé les Colchoneros.
L'Atlético de Madrid, solide dans l'adversité, a répondu par l'intermédiaire d'Ademola Lookman, qui, sur une passe d'Antoine Griezmann, égalisait dès la 19e minute d'un tir précis dans le bas du filet. Le match semblait alors reparti sur des bases équilibrées, jusqu'à l'intervention décisive d'Oyarzabal dans le temps additionnel de la première période : l'arbitre signalait une faute du gardien argentin Juan Musso sur Guedes dans la surface, et le capitaine basque transformait le penalty avec sang-froid pour rendre l'avantage aux siens à la mi-temps.
La seconde période, puis la prolongation, n'ont pas suffi à départager les deux équipes, le score restant à 2-2 jusqu'aux tirs au but, remportés par La Real sur le score de 4 à 3.
Oyarzabal, l'homme des grands rendez-vous
Six finales, six buts : une statistique hors norme
Mikel Oyarzabal a une nouvelle fois confirmé son statut d'homme providentiel dans les moments décisifs. Depuis ses débuts en senior, le capitaine de Real Sociedad a participé à six finales et a trouvé le chemin des filets à chaque occasion, sans exception. Son palmarès de buteur en finale est éloquent : Copa del Rey 2019-20, Jeux Olympiques de Tokyo en 2021 (avec l'Espagne), Ligue des Nations 2021, Euro 2024 — où son but face à l'Angleterre avait offert le titre européen à la Roja —, Ligue des Nations 2025, et désormais cette Copa del Rey 2025-26. Une régularité qui force l'admiration et qui en fait l'un des joueurs les plus clutch de sa génération.
Un retour du blessé pour une nuit historique
Sa présence même sur la pelouse relevait d'un petit exploit personnel. Oyarzabal avait manqué le dernier match de championnat en raison d'une gêne aux adducteurs, et sa participation à la finale était encore incertaine quelques jours avant le coup d'envoi. L'entraîneur Pellegrino Matarazzo avait opté pour maintenir le flou jusqu'à la confirmation officielle du onze de départ, dans lequel le numéro 10 figurait bien en tant que titulaire et capitaine.
Outre sa bonne santé physique retrouvée, Oyarzabal avait livré une déclaration forte avant la rencontre, promettant aux supporters basques une nuit inoubliable et affirmant croire sincèrement que cette finale pouvait être celle de Real Sociedad.
Le contexte d'un titre attendu depuis longtemps
Un club en quête de consécration répétée
Pour Real Sociedad, cette victoire revêt une dimension symbolique particulière. Le club de Saint-Sébastien n'avait plus soulevé de trophée depuis des décennies avant la Copa del Rey de 2020, remportée justement avec un Oyarzabal déjà buteur en finale. Ce nouveau sacre constitue donc le quatrième de leur histoire dans cette compétition, et le deuxième en six ans pour cette génération dorée.
La comparaison avec une autre icône du club, Roberto Zamora — dont le but en championnat dans les années 1980 avait marqué la grande époque de la Real —, est désormais sur toutes les lèvres à Saint-Sébastien. Les deux joueurs incarnent, à des décennies d'intervalle, l'identité et l'âme d'un club profondément ancré dans son territoire basque. Zamora lui-même, interrogé avant la finale, plaçait Oyarzabal parmi les plus grands de l'histoire du club, estimant que la grandeur ne se mesure pas uniquement aux médailles.
Un choix fort de Matarazzo dans les cages
Autre fait notable de cette finale : le gardien titulaire n'était pas le portier habituel en Liga, mais Juanma Marrero, que l'entraîneur Pellegrino Matarazzo a fait confiance tout au long du parcours en Copa del Rey. Le technicien argentin a maintenu cette logique jusqu'en finale, et Marrero a disputé son premier grand rendez-vous européen avec la sérénité attendue.
Une légende vivante et un modèle pour le football espagnol
Au-delà de la seule Real Sociedad, la trajectoire de Mikel Oyarzabal interroge sur ce que signifie être un grand joueur dans le football moderne. Sans jamais avoir quitté son club formateur pour un mastodonte européen, il accumule les titres et les buts décisifs à un rythme que peu peuvent lui envier. Six finales, six buts : c'est une constance qui dépasse la chance ou la forme du moment — c'est un tempérament.
Alors que d'autres champions de sa génération ont cherché la consécration sous d'autres cieux, Oyarzabal incarne une forme de fidélité rare, désormais récompensée par une quatrième étoile dans la vitrine de son club. À 29 ans, il n'a probablement pas dit son dernier mot, ni en club, ni en sélection nationale. Pour le football basque et espagnol, ce titre de Copa del Rey 2025-26 s'inscrit comme l'un des moments forts de la saison européenne.
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