Mer de Chine : 100 navires chinois déployés, le Quad s'inquiète

Les revendications territoriales en mer de Chine.

Plus de 100 navires chinois déployés, une frégate brouillée : les tensions explosent en mer de Chine méridionale

100 navires, 1 frégate brouillée, 1 ekranoplan armé : la semaine de toutes les tensions

La mer de Chine méridionale est au cœur d'une semaine de tensions diplomatiques et militaires inédites. Selon des informations confirmées par Taïwan, la Chine a déployé plus de cent navires – marins et garde-côtes – des eaux de la mer Jaune jusqu'au Pacifique occidental. Un déploiement massif intervenu juste après la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin. Joseph Wu, chef du Conseil de la sécurité nationale taïwanais, a dénoncé sur X « le seul et unique problème qui sabote le statu quo et menace la paix et la stabilité régionales ».

Dans le même temps, Pékin a revendiqué avoir brouillé la frégate néerlandaise HNLMS De Ruyter (1,7 milliard d'euros) alors qu'elle naviguait près des îles Paracels. Selon le Commandement du théâtre sud de l'Armée populaire de libération, le navire aurait « illégalement pénétré » dans les eaux chinoises, poussant les forces chinoises à utiliser « avertissements verbaux et interférences électroniques ». Les Pays-Bas démentent formellement : « Le navire naviguait dans des eaux où les navires peuvent légalement circuler. »

Enfin, de nouvelles images satellites publiées le 26 mai révèlent que l'ekranoplan chinois surnommé « Monstre de la mer de Bohai » est désormais équipé de points d'emport sous ses ailes, suggérant une capacité de frappe (missiles, torpilles). L'engin, repéré pour la première fois en 2025, pourrait rapidement passer du rôle de transport rapide à celui de plateforme de combat.

Le « Quad » hausse le ton, Pékin intensifie sa pression

Les ministres du « Quad » (États-Unis, Inde, Japon, Australie) se disent gravement préoccupés

Face à cette escalade, les ministres des Affaires étrangères du Quad se sont réunis et ont publié une déclaration commune le 26 mai. Sans nommer directement la Chine, ils se disent « gravement préoccupés » par la situation en mer de Chine méridionale et orientale, et mettent en garde contre toute action hostile contre Taïwan. Cette prise de position intervient alors que les consultations militaires et diplomatiques s'intensifient dans la région.

Un contexte de pression militaire chinoise croissante sur Taïwan

Ce déploiement n'est pas un cas isolé. Depuis 2024, la Chine a multiplié les exercices navals autour de Taïwan – qu'elle considère comme une province chinoise – tout en affirmant privilégier une solution pacifique. En janvier 2026, Taipei annonçait que Pékin avait achevé avec « succès » ses manœuvres militaires. Désormais, la présence quasi quotidienne de chasseurs et de navires de guerre chinois aux abords de l'île est devenue une routine. L'objectif affiché : démontrer la capacité de Pékin à encercler et dissuader toute intervention étrangère.

Brouillage, ekranoplan, guerre électronique : la mer de Chine, nouveau champ de bataille technologique

La guerre électronique change la donne

L'incident du De Ruyter illustre une tendance lourde. Pékin transforme la mer de Chine en un immense champ de bataille électromagnétique. Le brouillage naval et aérien permet de neutraliser un navire moderne sans un seul coup de feu. Selon des experts, cette capacité, combinée à des missiles hypersoniques et à des systèmes antiaccès, rend toute incursion occidentale extrêmement risquée. « Vous pouvez avoir la meilleure frégate du monde, si ses capteurs sont aveuglés, elle devient un cercueil flottant », résume un analyste.

L'ekranoplan : un atout secret en voie d'armement

Le « Monstre de la mer de Bohai » pourrait devenir un élément clé de cette nouvelle doctrine. Capable de voler à quelques mètres au-dessus de l'eau, difficilement détectable par les radars conventionnels, il combine la vitesse d'un avion et la charge utile d'un navire. Les nouvelles photos suggèrent que la Chine cherche à en faire une plateforme de frappe furtive, capable de lancer des missiles antinavires ou des torpilles. Si le programme aboutit, il posera un défi tactique supplémentaire aux flottes américaine, japonaise et européenne.

Alors que les tensions s'apaisent rarement dans cette région, l'arsenal chinois ne cesse de se moderniser, et les réponses du Quad restent pour l'instant essentiellement diplomatiques. La mer de Chine méridionale n'a jamais été aussi scrutée, ni aussi armée.

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