Menace de Trump : 100% de droits de douane sur le vin français si Paris ne cède pas

Trump menace les vins français, Macron dénonce des propos inacceptables

Trump brandit la menace douanière à la veille du G7

À quelques heures de l'ouverture du sommet du G7 à Évian-les-Bains, le président américain Donald Trump a choisi la manière forte pour faire pression sur la France. Dans un entretien accordé au New York Post et publié ce lundi 15 juin 2026, il a prévenu : si Paris ne supprime pas sa taxe numérique de 3 % sur les géants technologiques américains (dite taxe Gafam), Washington n'aura « pas d'autre choix » que d'imposer un droit de douane de 100 % sur tous les champagnes et vins importés de France.

« Je lui ai demandé de ne pas taxer les entreprises américaines, et s'ils le font, je n'aurai d'autre choix que d'imposer un droit de douane de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins importés de France », a déclaré Donald Trump, évoquant un message transmis directement au président français Emmanuel Macron. « Il lui suffit de supprimer la TVA, et il n'aura plus ce genre de pression », a-t-il ajouté.

Cette nouvelle salve intervient alors que le président américain doit être accueilli par Emmanuel Macron à Évian-les-Bains pour un sommet du G7 qui s'annonce sous haute tension. Pour le chef de l'État français, ce rendez-vous constitue l'apogée diplomatique de son second et dernier mandat, qui s'achèvera en 2027. Lundi matin, l'Élysée n'avait pas encore réagi officiellement. Mais Emmanuel Macron a rapidement répondu, notamment dans le 13H de TF1, opposant un « non » ferme à l'ultimatum de Trump.

Une riposte immédiate de Macron et des acteurs économiques

Interrogé sur sa position face à cette menace, Emmanuel Macron a été catégorique : « Non », a-t-il simplement répondu, refusant de céder à ce qu'il considère comme un chantage commercial. Le président français estime que la taxe numérique est une mesure légitime pour faire contribuer les géants du numérique au budget de l'État, et que son abandon serait un recul inacceptable.

Dans le même temps, Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres Leclerc, a réagi sur CNews en mettant en garde le président américain. « Donald Trump devrait faire attention », a-t-il déclaré, ajoutant que l'Europe disposait de moyens de riposte puissants : « Il y a 4 000 entreprises américaines en France et 4 000 entreprises américaines en Europe. On peut les taxer aussi, on peut les gêner. » Le patron de la grande distribution a appelé à une mobilisation des élus républicains américains pour « raisonner » Donald Trump.

Le vin français, otage récurrent des tensions commerciales transatlantiques

Cette menace n'est pas une première. Donald Trump a déjà brandi l'arme douanière à plusieurs reprises contre les vins et spiritueux français. En janvier 2026, il avait menacé d'imposer des droits de douane de 200 % sur le vin et les autres boissons alcoolisées importées de France et de l'UE, après le refus d'Emmanuel Macron de rejoindre son « Conseil de paix ». En mars 2025, alors que les tensions commerciales transatlantiques s'intensifiaient autour des droits de douane réciproques, il avait renouvelé cette menace. Finalement, seuls des droits de douane de 15 % avaient été mis en œuvre, provoquant des pertes significatives pour certains vignobles.

La taxe numérique française, instaurée en 2019, vise les géants du numérique que sont Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft (d'où l'acronyme Gafam). Elle est fixée à 3 % du chiffre d'affaires réalisé en France. Fin 2025, les députés avaient même voté un amendement prévoyant de la porter à 15 % lors de l'examen du projet de loi de finances 2026, mais cette hausse avait finalement été abandonnée face aux pressions américaines. Donald Trump avait alors envisagé de cibler des entreprises européennes de la tech implantées aux États-Unis, comme le Français Mistral ou le Suédois Spotify, avant de se tourner à nouveau vers le secteur viticole.

Une filière viticole fragilisée et lasse d'être « sacrifiée »

Pour la filière viticole française, ces menaces récurrentes sont un véritable casse-tête. Le marché américain représente environ un cinquième des ventes mondiales de l'industrie vinicole française, avec plus de 2 milliards de dollars par an. Les exportations d'alcool de l'UE vers les États-Unis étaient évaluées à environ 9 milliards d'euros (10,46 milliards de dollars) en 2024, selon les données d'Eurostat. Certains produits comme le cognac Rémy Martin ou le champagne doivent être produits dans des régions spécifiques, ce qui les rend particulièrement vulnérables à des droits de douane punitifs.

« Assez d'être sacrifiés systématiquement », s'était insurgée la fédération des exportateurs de vins et spiritueux français en janvier dernier. Les professionnels du secteur redoutent que cette menace ne se concrétise cette fois-ci, d'autant que Trump a déjà démontré sa capacité à passer à l'acte, même si ce fut avec un taux réduit à 15 %. En mars 2025, les prix moyens des alcools français exportés aux États-Unis avaient violemment chuté : –23 % pour le champagne, –24,5 % pour le cognac, –33 % pour le Bordeaux, selon les données de l'époque. Les exportateurs avaient dû baisser leurs prix pour tenter d'amortir l'impact des droits de douane, mais sans toujours y parvenir.

Le G7 sous haute tension : l'ombre d'une guerre commerciale

L'ultimatum de Donald Trump intervient dans un contexte géopolitique déjà très tendu. Au-delà du dossier de la taxe numérique, les relations transatlantiques sont marquées par des divergences profondes sur des sujets tels que le Groenland, l'Iran ou la guerre en Ukraine. Le sommet du G7 à Évian-les-Bains, qui doit se dérouler du 15 au 17 juin, est pourtant censé être un moment de dialogue et de construction de consensus. Mais l'annonce de Trump jette une ombre sur les discussions, et certains délégués craignent que les échanges ne dégénèrent en confrontation ouverte plutôt qu'en coopération.

Pour Emmanuel Macron, ce sommet est un moment clé de sa fin de mandat. Il espérait y consolider son héritage diplomatique et promouvoir une vision européenne forte face aux défis globaux. Mais face à l'intransigeance de Donald Trump, il se retrouve contraint de défendre un intérêt national immédiat tout en maintenant une unité européenne essentielle. La réponse de Macron, ferme et immédiate, montre qu'il ne compte pas céder, mais il devra convaincre ses partenaires du G7 de soutenir cette ligne.

Quelles conséquences pour l'économie mondiale ?

Bien au-delà du seul secteur viticole, cette escalade verbale pourrait avoir des répercussions économiques majeures. L'Union européenne a déjà prouvé, par le passé, qu'elle n'hésitait pas à riposter commercialement contre les États-Unis. Michel-Édouard Leclerc l'a rappelé : l'Europe a les moyens de cibler les 4 000 entreprises américaines présentes sur son marché. Une telle escalade pourrait conduire à une guerre commerciale généralisée, avec des conséquences négatives pour les consommateurs et les entreprises des deux côtés de l'Atlantique.

Les marchés financiers suivent de près l'évolution de cette crise, et les secteurs exportateurs français sont en alerte. La menace de Trump, si elle se concrétisait, renchérirait considérablement le prix des vins et champagnes français aux États-Unis, les rendant moins compétitifs face aux productions locales ou d'autres pays exportateurs. À l'inverse, une riposte européenne sur les produits américains pourrait toucher des secteurs clés comme l'aéronautique, la tech ou l'agroalimentaire.

À l'heure où ces lignes sont écrites, l'Élysée n'a pas encore communiqué officiellement sur un plan de réponse. Mais le ton est donné : la France ne cèdera pas sous la menace. Le face-à-face entre Donald Trump et Emmanuel Macron, qui doit avoir lieu ce lundi à Évian, sera déterminant. Il pourrait décider de l'avenir d'une filière entière, mais aussi de l'orientation des relations commerciales entre les États-Unis et l'Europe pour les mois à venir.

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