Le dernier match de Maxime Mathy : une page se tourne à Sapiac
Samedi 30 mai 2026, le stade de Sapiac vivra un moment chargé d'émotion. À l'occasion de la 25e journée de Top 14, l'US Montauban reçoit La Rochelle pour ce qui sera le dernier match à domicile de Maxime Mathy. Le trois-quarts centre de 34 ans, véritable icône du club tarn-et-garonnais, a officialisé sa décision de mettre un terme à sa carrière professionnelle à l'issue de la saison 2025-2026. « Cette fois, c'est la bonne, ce sera la dernière à Sapiac », a-t-il confié en exclusivité à La Dépêche du Midi. « Peut-être que je jouerai aussi à Pau la semaine suivante, mais ensuite, c'est fini. »
Avec 209 matchs sous le maillot vert et noir (236 au total en incluant son passage à Dax), Maxime Mathy quitte la scène après seize années au plus haut niveau. Un parcours hors norme pour ce Jurassien d'origine, qui n'imaginait pas, adolescent, faire du rugby son métier.
Une annonce émouvante et des adieux en beauté
Dans un entretien accordé à nos confrères, Maxime Mathy a expliqué les raisons de son choix : « Je n'ai pas envie de faire la saison de trop. J'ai envie de terminer en Top 14, même si cette dernière année a été compliquée. » Longtemps fidèle à Montauban, le natif de Lons-le-Saunier aurait pu prolonger l'aventure ailleurs : « J'ai eu des propositions de plusieurs clubs, mais j'ai décidé de prendre ma retraite de joueur professionnel. »
L'hommage rendu en décembre 2025 pour sa 200e feuille de match avait déjà donné le ton. Ce jour-là, le club avait salué « 10 ans de fidélité et d'investissement ». Mais l'homme, pudique, avait préféré ne pas prendre le micro, simplement saluer le public et poser pour les photos. Une discrétion qui le caractérise.
De Dax à Montauban : le destin d'un Jurassien taiseux
Du rêve de policier à la légende de l'USM
Né à Lons-le-Saunier, Maxime Mathy a grandi dans le Jura, loin des terres ovales du Sud-Ouest. À 17 ans, il rêvait encore de devenir policier. C'est presque par hasard qu'il signe au centre de formation de Dax : « Je me suis décidé parce que deux de mes potes du pôle espoirs à Dijon ont signé aussi », raconte-t-il. « J'avais 8 heures de trajet pour aller à Dax ! » Un déracinement qui forge son caractère.
Formé à l'ouverture, il devient centre à Montauban, club qu'il rejoint en 2015. En onze saisons, il devient l'un des joueurs les plus emblématiques du club, disputant plus de 200 rencontres sous les couleurs vert et noir. Son père militaire lui a légué un caractère taiseux : « Il n'aime pas parler de lui », résume un proche. Pourtant, sur le terrain, il s'exprime avec autorité.
Un parcours marqué par la fidélité
À l'heure où les carrières sont souvent courtes et les transferts fréquents, Maxime Mathy fait figure d'exception. Sa longévité à l'US Montauban force le respect. « On a joué dans des stades magnifiques, on a affronté les meilleurs joueurs du monde, et on a des supporters incroyables qui ne nous ont jamais lâchés, même quand on prenait 70 points », confie-t-il, ému. Ce samedi, Sapiac lui rendra un dernier hommage, avec la ferveur qui caractérise les Ultras.
Une carrière exemplaire qui laisse une trace
Les adieux d'un homme de devoir
Au-delà des statistiques, Maxime Mathy laisse l'image d'un joueur loyal, discret et exemplaire. Son départ marque la fin d'une époque pour Montauban, qui perd l'un de ses piliers historiques. Mais le Jurassien ne disparaît pas complètement du paysage : « Je suis encore en bonne santé, je voulais partir sur une saison de Top 14 », a-t-il insisté.
Un exemple pour les jeunes générations
Dans un univers où la célébrité et les ego s'entrechoquent, la trajectoire de Maxime Mathy rappelle que le rugby reste un sport de valeurs. Son histoire — du Jura à Dax, puis à Montauban — est une source d'inspiration. Elle montre que le travail, la persévérance et la fidélité peuvent mener loin. En cela, il rejoint des figures comme celles évoquées dans d'autres actualités, telle que Frédéric Lopez se confie sans filtre sur ses regrets de père sur l'importance de l'authenticité.
Retraite anticipée ou nouveau départ ?
Un avenir encore flou
À 34 ans, Maxime Mathy pourrait encore jouer plusieurs saisons. Mais il a choisi de s'arrêter au sommet, sur une saison de Top 14, malgré les difficultés sportives. « Je n'avais pas envie de faire la saison de trop », répète-t-il. Une décision sage, qui tranche avec celles de nombreux sportifs qui prolongent parfois trop. Dans un contexte où les carrières sont de plus en plus médiatisées, son choix interroge : et si la vraie force était de savoir s'arrêter ?
L'ère des reconversions
Le rugby professionnel français voit de nombreux joueurs de sa génération se tourner vers d'autres horizons après leur carrière. Maxime Mathy n'a pas encore dévoilé ses projets, mais son profil — rigueur, discrétion, loyauté — pourrait le destiner à des fonctions d'entraîneur ou de manager. Son passage à Montauban restera comme un modèle de fidélité, une rareté dans le sport moderne.
Samedi, quand il foulera la pelouse de Sapiac pour la dernière fois, les supporters ne retiendront que l'essentiel : un homme qui a donné son cœur pour son club. Et cela, aucun chiffre ne pourra le mesurer.
Un dernier tour d'honneur
Pour son dernier match à domicile, Maxime Mathy pourra compter sur le soutien indéfectible des supporters montalbanais. Le match contre La Rochelle promet d'être une fête, malgré l'enjeu sportif. Le club a prévu une cérémonie d'adieu, et le joueur, comme à son habitude, ne devrait pas faire de discours. Mais les mots ne sont pas toujours nécessaires : parfois, un simple geste, un regard, suffisent à dire tout ce qu'on a sur le cœur.
À lire aussi, l'actualité du rugby n'est pas la seule à faire vibrer la France : la finale de Koh-Lanta 2026 repoussée face au Mondial de foot montre que le sport et le divertissement savent s'adapter.
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