Mathilde Panot prône l'annulation des concerts de Patrick Bruel et s'explique sur une interview polémique

Patrick Bruel va-t-il voir ses concerts et spectacles déprogrammés ?

Panot prend position sur l'affaire Patrick Bruel

Invitée du Grand Jury RTL – Le Figaro – Public Sénat – M6 ce dimanche 24 mai, Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale, a clairement pris parti dans la controverse entourant le chanteur Patrick Bruel. Visé par des dizaines d'accusations d'agressions sexuelles et de viols, l'artiste maintient pour l'instant sa tournée en France, prévue dans plus de quarante villes, ainsi que ses représentations au Théâtre Édouard VII dans la pièce Deuxième partie.

La députée LFI estime que ces concerts doivent être annulés. « Il y a un risque notamment pour les travailleuses qui seraient sur cette tournée, mais aussi pour les fans qui s'y rendraient », a-t-elle déclaré. Elle a appelé les programmateurs à « prendre cette responsabilité » et s'est dite favorable à ce que les femmes « exercent leur droit de retrait si ces concerts venaient à continuer ». Trois concerts de Patrick Bruel prévus en décembre au Québec ont déjà été annulés.

Un appel à protéger les femmes

Pour Mathilde Panot, l'annulation s'impose comme une mesure de protection contre ce qu'elle nomme « la culture du viol et une impunité sous le fait de la notoriété ». Elle a apporté son soutien aux femmes qui ont eu le courage de témoigner contre le chanteur. Ses propos interviennent dans un contexte où l'affaire divise la classe politique et l'opinion publique, entre présomption d'innocence et devoir de protection des potentielles victimes.

Une interview polémique refait surface

Mais l'interview de Mathilde Panot n'a pas été uniquement consacrée à l'affaire Bruel. Le journaliste de Public Sénat Steve Jourdin l'a interrogée sur un autre sujet brûlant : une interview qu'elle avait accordée quelques jours plus tôt au média turc Yeni Şafak, proche du président Recep Tayyip Erdoğan. « Lundi, vous avez accordé une interview à Yeni Şafak, média turc proche du président Erdoğan. Est-ce que vous saviez à qui vous avez affaire ? », a demandé le journaliste.

Visiblement prise au dépourvu, la députée a d'abord tenté de minimiser, accusant son interlocuteur de relayer des « informations de l'extrême droite ». Mais Steve Jourdin a insisté, citant un rédacteur en chef de Yeni Şafak ayant décrit les Juifs comme « une tribu contrôlant le monde avec une génétique humaine corrompue ». Acculée, Mathilde Panot a finalement concédé : « Si je l'avais vu, je ne l'aurais pas fait. »

Un mea culpa tardif

Si elle a reconnu son erreur, la chef de file des députés LFI a également profité de l'échange pour évoquer la « Nakba » et un « nettoyage ethnique qui continue » en Palestine, des positions qui continuent de diviser la classe politique. Cette séquence a été largement partagée sur les réseaux sociaux, certains y voyant un signe de l'isolement croissant de la France insoumise sur la scène médiatique et politique.

Une semaine chargée pour la députée LFI

Ces deux prises de position illustrent une semaine mouvementée pour Mathilde Panot. Le même jour, elle était l'invitée du Fauteuil sur Le Média, où elle a défendu la stratégie présidentielle de Jean-Luc Mélenchon pour 2027. Face à la montée de l'extrême droite et à l'influence des médias détenus par des milliardaires, elle a plaidé pour des médias indépendants et accusé une partie du paysage médiatique de reprendre l'agenda de l'extrême droite. « Détester Mélenchon et la France insoumise, ce n'est pas un programme », a-t-elle lancé.

Les tensions avec la gauche et la présidentielle de 2027

Dans cet entretien long format, Mathilde Panot est également revenue sur les tensions avec le Parti socialiste, François Ruffin ou Fabien Roussel, ainsi que sur les débats autour de l'islamophobie, des violences policières et des quartiers populaires. À un an de l'élection présidentielle, ces divisions internes à la gauche interrogent sur la capacité de LFI à fédérer au-delà de son socle électoral. La question de l'immigration, déjà imposée comme thème incontournable de la campagne, pourrait également peser sur la dynamique du parti.

Un positionnement risqué

L'affaire Bruel place Mathilde Panot au cœur d'un débat sensible, où se mêlent justice, protection des victimes et liberté d'expression. En prenant position pour l'annulation des concerts, elle s'expose à des critiques sur la présomption d'innocence – même si elle a précisé qu'il appartenait aux programmateurs et non à la justice de trancher. Parallèlement, sa mésaventure avec Yeni Şafak pourrait affaiblir son image de femme politique rigoureuse, alors que la campagne pour 2027 s'annonce acharnée.

Ces deux épisodes montrent une Mathilde Panot à la fois offensive sur les sujets sociétaux et vulnérable sur le terrain de la communication. Reste à savoir si sa stratégie portera ses fruits dans les mois à venir, alors que la gauche cherche une voix commune pour contrer la droite et l'extrême droite.

En attendant, Patrick Bruel continue de se produire sur scène, tandis que les programmateurs français sont appelés à trancher. L'affaire est loin d'être close.

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