Marina Foïs : deux rôles marquants à la télévision en juin 2026

Actress Marina Fois poses for a portrait on July 10, 2021 in Cannes, France.

Marina Foïs : deux rôles marquants à la télévision en ce début juin 2026

Alors que le mois de juin 2026 débute, la comédienne Marina Foïs est particulièrement visible sur le petit écran. Deux de ses dernières interprétations marquantes sont diffusées à quelques jours d'intervalle, confirmant sa talent pour incarner des personnages complexes dans des drames puissants.

Le mercredi 3 juin 2026, Arte diffusait As Bestas, un film espagnol de Rodrigo Sorogoyen sorti en salles en 2022. Ce long-métrage, adapté d'une histoire vraie, suit un couple de Français installé dans un village de Galice pour y mener une vie agricole et touristique écologique. Mais leur présence suscite une hostilité croissante de la part d'un habitant, Xan. La tension monte inexorablement jusqu'à une scène d'une violence viscérale, qualifiée de "sauvage" par la critique. Dans la peau d'Olga, Marina Foïs livre une performance glaçante de colère froide et déchirante de dignité, aux côtés de Denis Ménochet.

Quelques jours plus tôt, le samedi 30 mai 2026, Canal+ Cinéma(s) diffusait Je le jure de Samuel Theis. Ce drame judiciaire intime suit Fabio, un ouvrier discret convoqué comme juré dans un procès. Le film explore les non-dits, le déterminisme social et la mécanique judiciaire. Marina Foïs y incarne l'un des rôles principaux, offrant une partition superbe dans ce récit où elle donne la réplique à Sophie Guillemin et Julien Ernwein. Si la comparaison avec Anatomie d'une chute est inévitable, le film de Samuel Theis parvient à exister par lui-même.

Un début d'été placé sous le signe du drame et de l'émotion

As Bestas, un choc émotionnel toujours d'actualité

Près de quatre ans après sa sortie en salles, As Bestas continue de marquer les esprits. Le critique Thomas Colpaert, dans les colonnes de Télé-Loisirs, confie avoir été "bouleversé" par ce film, qui figure dans son "panthéon des plus grandes émotions récentes ressenties au cinéma". Il souligne l'intensité de la mise en scène de Rodrigo Sorogoyen et la manière dont le récit illustre la xénophobie quotidienne et le refus d'écouter l'autre. La performance de Marina Foïs, qualifiée de "glaçante" et "déchirante" n'est pas étrangère à cet impact émotionnel.

Je le jure, un drame judiciaire sensible

De son côté, Je le jure est salué pour sa dramaturgie classique mais solide, et pour la complexité progressive de ses personnages, au départ presque archétypaux. Xavier Leherpeur, dans Le Nouvel Observateur, note que Samuel Theis "donne une voix à ceux qu'on n'entend pas" et tisse un récit intimiste où les comédiennes confirmées comme Marina Foïs et Sophie Guillemin excellent. Le film a été réalisé dans un contexte particulier, puisque Samuel Theis a été visé par une accusation d'agression sexuelle lors du tournage, l'obligeant à terminer le film à distance. Cette ombre portée n'empêche pas l'œuvre de convaincre.

Reconnaissance et polyvalence : une comédienne au sommet de son art

Ces deux diffusions rappellent la polyvalence de Marina Foïs, capable de passer d'un registre à l'autre avec une aisance remarquable. De ses débuts dans le comique avec les Robins des Bois à ses rôles dramatiques les plus exigeants, elle a su imposer un style unique, fait d'intensité et de retenue. Son engagement dans des projets exigeants, comme As Bestas (tourné en galicien et en français) ou Je le jure, témoigne d'une recherche constante de défis artistiques.

Cette actualité télévisuelle s'inscrit aussi dans une période où de nombreuses personnalités du cinéma français sont mises en lumière. On pense par exemple à Julie Gayet évoque avec émotion la petite-fille qu'elle pourrait avoir et célèbre ses 54 ans, ou encore à Mathieu Kassovitz au cœur d'une polémique après des accusations d'envoi de photo intime.

Dans le même temps, le documentaire Quand Marilyn chantait pour les GI's diffusé le 31 mai sur France 5, à l'occasion du centenaire de la star, rappelle qu'une autre comédienne mythique, Marilyn Monroe, a su imposer sa volonté dans un milieu dominé par les hommes. Une résonance avec la carrière de Marina Foïs, qui a elle aussi su tracer sa route librement.

Ce que ces rôles disent du cinéma français contemporain

Le succès critique de ces deux œuvres reflète une tendance lourde du cinéma français : l'exploration de drames intimistes et sociaux, souvent ancrés dans des territoires bien spécifiques (la Galice pour As Bestas, le prétoire pour Je le jure). Ces films misent sur des personnages forts et des comédiens de premier plan, plutôt que sur des effets spéciaux ou des rebondissements spectaculaires. Marina Foïs, en choisissant ces projets, participe à ce renouveau du drame psychologique.

Alors que l'été s'annonce, le public peut (re)découvrir ces deux œuvres, disponibles en replay et à la demande. As Bestas sur Arte et Je le jure sur Canal+ Cinéma(s) offrent deux visions complémentaires du talent de Marina Foïs : l'une où elle incarne une femme rongée par l'angoisse et la colère dans un univers rural hostile ; l'autre où elle campe un personnage plus introspectif au cœur d'une machine judiciaire. Deux facettes d'une même comédienne, décidément au sommet de son art.

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