Valls fustige la gestion des violences par l'exécutif
Invité sur LCI mercredi 21 octobre 2026, l'ancien Premier ministre Manuel Valls a vivement critiqué la réponse du gouvernement aux violences survenues en marge des mobilisations du week-end des 17 et 18 octobre. Selon lui, ces événements traduisent « une perte de contrôle de l'État » et une « faillite politique » imputable au président de la République. « On ne peut pas parler d'une perte de contrôle de l'État sans prendre un certain nombre de mesures et sans prononcer les mots que les Français attendent », a-t-il déclaré, estimant que la France a subi « un coup pour son image au niveau mondial ».
L'ancien locataire de Matignon a notamment ciblé Emmanuel Macron, qu'il accuse d'être dans « une forme d'impuissance » et de ne plus savoir dialoguer « avec les partenaires sociaux et la jeunesse ». Il dit ne plus comprendre « la conception du pouvoir » du chef de l'État, responsable selon lui d'une « crise institutionnelle et démocratique » provoquée par la dissolution de l'Assemblée nationale en 2024.
L'état d'urgence comme réponse
Manuel Valls a affirmé que, s'il avait encore été au gouvernement, il aurait « peut-être proposé l'état d'urgence » après les violences. Il a défendu cette mesure d'exception, rappelant qu'elle n'avait pas empêché les manifestations ni la COP21 après les attentats du Bataclan en 2015. « L'état d'urgence offre un certain nombre d'outils » sans constituer une perte de liberté, a-t-il argué, alors qu'une nouvelle mobilisation nationale des gilets jaunes est annoncée pour le 24 octobre.
Un contexte de tensions sociales et politiques
Ces déclarations interviennent dans un climat de colère sociale exacerbée. Les mobilisations des 17 et 18 octobre, qui ont mêlé lycéens, étudiants et gilets jaunes, ont été marquées par des scènes de violences urbaines dans plusieurs villes. La préfecture a démenti avoir privilégié la protection d'une boutique appartenant à la famille de Brigitte Macron à Amiens, tandis que six enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN. Le préfet de police de Marseille, Laurent Nuñez, a de son côté justifié les couvre-feux mis en place.
La critique de Manuel Valls s'inscrit aussi dans un contexte politique plus large. À droite, David Lisnard, maire de Cannes, capitalise sur une stratégie de rupture libérale inspirée de Javier Milei, crédité de 6 % des intentions de vote selon un récent baromètre Ifop-Fiducial. Cette dynamique illustre la fragmentation de l'offre politique à moins d'un an de l'élection présidentielle de 2027, où la question de l'autorité et de la gestion de l'ordre public devrait rester centrale.
Une pression croissante sur l'exécutif
Les propos de Manuel Valls, figure de l'aile droite de la majorité, accentuent la pression sur Emmanuel Macron. Ils révèlent les fractures au sein de l'ancienne majorité présidentielle, à un moment où le chef de l'État est déjà affaibli par la dissolution de 2024 et par une succession de crises sociales. La proposition d'état d'urgence, si elle était suivie, marquerait un durcissement sécuritaire majeur. Elle pourrait aussi alimenter le débat sur l'efficacité de l'action gouvernementale face aux mouvements de contestation, à quelques jours d'une nouvelle journée de mobilisation des gilets jaunes. Pour l'opposition, ces critiques offrent un argument supplémentaire pour dénoncer l'immobilisme de l'exécutif et réclamer un changement de cap.
Alors que la France entre dans une période de turbulences sociales, la parole de l'ancien Premier ministre pourrait peser sur les discussions à venir, notamment sur la gestion de l'ordre public et le dialogue social. Reste à savoir si l'exécutif entendra cet appel à des mesures d'exception ou s'il privilégiera l'apaisement.
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