Le Petit Nicolas revient : 12 histoires inédites et l'arrivée des filles en classe

Le Petit Nicolas T.1: La photo de classe: Premières lectures Par René ...

Le Petit Nicolas fait sa rentrée littéraire

Le pull rouge reprend du service. Ce jeudi 8 octobre 2026, Le Petit Nicolas fait son grand retour en librairie avec un nouvel album intitulé Le Petit Nicolas – Je reviens !, douze histoires inédites signées Anne Goscinny, fille du créateur, et Jean-Philippe Arrou-Vignod, illustrées par Fursy Teyssier. Une nouvelle aventure éditoriale pour le célèbre écolier imaginé par René Goscinny et Jean-Jacques Sempé il y a plus de soixante ans.

Une mixité inédite

La grande nouveauté de ce tome réside dans l'arrivée des filles dans la classe de Nicolas. Un choix scénaristique assumé par les auteurs, qui ont situé l'action après Mai 68. "Il était impossible qu'aujourd'hui Nicolas existe dans un univers sans filles", explique Jean-Philippe Arrou-Vignod.

Cette modernisation s'accompagne d'une évolution du foyer familial : la mère de Nicolas travaille désormais comme vendeuse dans une galerie, tandis que le père doit s'occuper de certaines tâches ménagères. Le titre de la première histoire résume à lui seul l'esprit du projet : Ce ne sera jamais plus pareil.

Retrouver la voix de Goscinny

Reprendre Le Petit Nicolas n'avait rien d'une évidence. "J'avais conscience que le Petit Nicolas était un monument qui pèse le poids de la tour Eiffel et de la tour Montparnasse compilées", confie Anne Goscinny. Tous les autres personnages de son père — Lucky Luke, Astérix et Iznogoud — lui ont survécu. Le Petit Nicolas était le seul à ne pas avoir franchi ce cap.

Le détonateur de cette reprise ? Un message de Jean-Jacques Sempé adressé à Anne Goscinny après avoir lu le premier volume de sa série Lucrèce : "Si un jour quelqu'un doit reprendre le Petit Nicolas, c'est toi".

Un travail d'orfèvre sur la langue

"Un travail de musicien"

Pour retrouver le ton si particulier de René Goscinny, les deux auteurs ont mené un véritable travail d'archéologie littéraire. "Il a fallu faire un travail de musicien pour retrouver le ton", résume Jean-Philippe Arrou-Vignod. Ce dernier insiste sur l'importance de la langue : "Le Petit Nicolas, c'est à la fois un univers, mais c'est aussi une langue, un ton particulier".

Anne Goscinny a ainsi réalisé une étude lexicale approfondie de l'œuvre originale. "Avant d'utiliser un mot, je veux être certaine qu'il aurait pu être utilisé par mon père", précise-t-elle. Le mot "super", omniprésent dans le langage contemporain, est ainsi banni des nouvelles histoires, jamais utilisé par Goscinny à l'époque.

Préserver l'esprit d'origine

Au-delà du vocabulaire, c'est tout un univers à préserver. "L'univers de Goscinny est un univers bienveillant, drôle, avec une sorte d'ironie permanente", souligne Jean-Philippe Arrou-Vignod. "Il aime l'humanité, Goscinny".

Les personnages emblématiques sont évidemment au rendez-vous : Alceste le gourmand, Clotaire le bonnet d'âne, Eudes le bagarreur, Geoffroy le gosse de riches et Agnan le premier de la classe. Des archétypes d'une enfance intemporelle qui continuent de faire rire des générations entières.

Un héritage littéraire qui perdure

De 1959 à aujourd'hui

Le Petit Nicolas est apparu pour la première fois en mars 1959 dans les colonnes de Sud-Ouest Dimanche. Une année faste pour René Goscinny, qui lançait également en octobre Astérix avec Albert Uderzo dans Pilote. Jusqu'en 1965, le duo Goscinny-Sempé a livré chaque dimanche un nouvel épisode.

Malgré le succès, René Goscinny avait décidé d'arrêter pour se concentrer sur ses autres séries. Le personnage n'avait alors jamais été repris — jusqu'à aujourd'hui. Cette renaissance s'inscrit dans une actualité culturelle riche, entre sorties littéraires et événements comme la World Space Week 2026 : « Rocket Revolution », qui témoigne d'un même engouement pour les figures populaires.

Une transmission réussie ?

La question de la légitimité d'une telle reprise reste centrale. Anne Goscinny, romancière et auteure de la série jeunesse Lucrèce, s'est entourée avec prudence. Son choix de collaborer avec Jean-Philippe Arrou-Vignod, éditeur chez Gallimard Jeunesse et auteur de la série Enquête au collège, témoigne d'une volonté de rigueur.

Le verdict appartient désormais aux lecteurs, qui découvriront si ce Petit Nicolas "d'après" saura séduire les nostalgiques tout en conquérant une nouvelle génération. Le défi est de taille : faire vivre un monument sans le trahir.

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