Laure Lavalette interpelle Laurent Nuñez sur les violences et réclame sa démission

Laurent Nuñez reconnaît un « manque d’anticipation » après les violences du week-end

Laure Lavalette demande la démission de Laurent Nuñez après les violences du 17 octobre

La députée du Var et porte-parole du Rassemblement national, Laure Lavalette, est montée au créneau ce week-end pour interpeller directement le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, après les violences urbaines qui ont secoué la France le 17 octobre. Dans un courrier daté du 18 octobre et rendu public, l'élue varoise réclame des renforts policiers pour Toulon et exige la démission du ministre, estimant que les événements ont révélé un manquement dans la gestion du maintien de l'ordre.

« Toulon n'a jamais connu une journée de chaos comme celle du 17 octobre 2026 », écrit Laure Lavalette dans ce courrier, pointant les dégradations, pillages de commerces, incendies et blocages survenus dans plusieurs villes françaises. Elle reproche au ministre de ne pas avoir « suffisamment anticipé les risques de débordements » et demande des explications sur « les moyens engagés, leur répartition et les consignes données aux forces de l'ordre ». La députée réclame également le « déploiement immédiat de policiers nationaux supplémentaires » pour soutenir les forces de sécurité intérieure varoises, déjà pleinement mobilisées.

Une réponse cinglante à l'Assemblée nationale

Lors des questions au gouvernement, le 20 octobre, Laure Lavalette a de nouveau apostrophé Laurent Nuñez, cette fois en séance publique. « Il n'y a plus une France qui va bien. Il n'y a plus qu'une France qui attend que votre mandat s'écourte », a-t-elle lancé, selon des propos rapportés par CNEWS. Une attaque frontale qui illustre la tension entre l'exécutif et le Rassemblement national sur le dossier sécuritaire.

Le ministre de l'Intérieur a répondu en annonçant un dispositif policier « massif » pour la mobilisation du 24 octobre, reconnaissant que celui du 17 octobre avait été « trop statique et pas assez mobile ». Laurent Nuñez a précisé que la doctrine serait revue « en termes de moyens, en volume bien sûr, en termes de forces engagées et en termes de réactivité, de mobilité, pour aller percuter, impacter ces groupes qui dispersent les forces de l'ordre de manière extrêmement planifiée ».

Un contexte de tensions sociales et politiques

Ces échanges interviennent dans un climat particulièrement tendu. La journée du 17 octobre, marquée par des mobilisations contre la vie chère, a dégénéré en violences et pillages dans plusieurs villes, contraignant l'exécutif à revoir sa stratégie de maintien de l'ordre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui-même reconnu devant l'Assemblée que le dispositif avait été « trop statique et pas assez mobile », promettant un renforcement pour le 24 octobre, avec notamment le déploiement de militaires Sentinelle sur des missions de sécurisation statique et l'interdiction possible des manifestations non déclarées.

Cette séquence place Laure Lavalette en première ligne. Élue de la 2e circonscription du Var, également conseillère municipale et métropolitaine de Toulon, elle incarne une ligne d'opposition frontale au gouvernement, sur un terrain sécuritaire traditionnellement investi par le RN. Sa demande de démission du ministre de l'Intérieur s'inscrit dans cette stratégie de confrontation, alors que le parti de Marine Le Pen cherche à capitaliser sur les difficultés de l'exécutif.

La question ukrainienne en toile de fond

Quelques jours plus tôt, le 16 octobre, Laure Lavalette s'était déjà illustrée sur un autre sujet sensible : l'aide à l'Ukraine. Invitée du 8.30 de franceinfo, la porte-parole du RN avait affirmé que « nous ne pouvons plus financièrement aider l'Ukraine », défendant la position de Marine Le Pen. Elle avait avancé le chiffre de 26 milliards d'euros d'aide, tout en précisant : « Si nous avions de l'argent, nous continuerions à aider financièrement l'Ukraine. » Une sortie qui témoigne de la volonté du RN de peser sur le débat budgétaire et international, en martelant l'argument de la contrainte financière.

Une séquence qui pèse sur le débat politique

La montée en charge de Laure Lavalette sur ces deux dossiers – sécurité intérieure et aide à l'Ukraine – illustre la stratégie du Rassemblement national : occuper tous les fronts pour affaiblir un exécutif déjà fragilisé par les violences urbaines. La demande de démission de Laurent Nuñez, bien que symbolique, vise à installer l'idée d'une responsabilité politique du gouvernement dans les débordements du 17 octobre. Elle s'ajoute aux critiques venues d'autres bords, notamment de Manuel Valls, qui a dénoncé la « faillite » de Macron après les violences.

Pour l'exécutif, l'enjeu est double : reprendre la main sur le terrain sécuritaire avant la mobilisation du 24 octobre, et éviter que la polémique ne s'installe durablement. Le dispositif annoncé par Laurent Nuñez – renforts policiers, mobilisation de Sentinelle, interdiction de manifestations non déclarées – vise à démontrer une capacité de réaction. Mais les critiques sur la gestion du 17 octobre pourraient continuer d'alimenter le débat, d'autant que le Premier ministre a lui-même admis des défaillances.

Cette séquence pourrait aussi peser sur les équilibres internes au Rassemblement national. Laure Lavalette, figure montante du parti, se positionne comme une voix offensive, capable de porter les combats du RN sur le terrain parlementaire et médiatique. Sa double intervention – sur la sécurité et sur l'Ukraine – montre qu'elle entend occuper l'espace, à un moment où le parti cherche à consolider son assise en vue des prochaines échéances électorales.

Reste à savoir si la mobilisation du 24 octobre confirmera ou infirmera les craintes de débordements. Une chose est sûre : la séquence politique autour des violences urbaines n'est pas près de s'apaiser, et Laure Lavalette entend bien en être l'une des voix les plus visibles.

Commentaires