Lionsgate cède enfin : le poignet de Ryan Gosling corrigé sur l'affiche de « La La Land »
Dix ans jour pour jour après la sortie de La La Land, le studio Lionsgate a dévoilé une nouvelle affiche pour le film, célébrant son dixième anniversaire avec une modification qui agite les réseaux sociaux : le poignet de Ryan Gosling a été redressé. Sur le nouveau visuel, la main de l'acteur n'est plus pliée vers le bas, mais alignée avec son avant-bras, comme l'avait toujours souhaité l'interprète de Sebastian.
La décision a été officialisée lors d'un événement à l'observatoire Griffith de Los Angeles. Justin Manfredi, vice-président exécutif de Lionsgate, a qualifié le changement d'« ajustement mineur » et précisé que Gosling lui-même avait approuvé la modification. "Nous l'avons informé et il a adoré", a confié Manfredi.
Ce nouveau poster accompagne la ressortie en salles du film, prévue à partir du 16 août, dans les cinémas Dolby Cinema des AMC Theatres. L'occasion pour les fans de redécouvrir la comédie musicale oscarisée sur grand écran, alors qu'une adaptation à Broadway est également en préparation.
Pourquoi ce poignet est-il devenu un symbole ?
Le geste controversé – baptisé « La La Hand » par Ryan Gosling – n'était pas le fruit du hasard. Lors du tournage de la scène de danse avec Emma Stone, le jeune acteur avait délibérément ignoré les conseils des chorégraphes et choisi de pencher sa main vers le bas. "Je pensais que ce serait cool de mettre ma main comme ça, même si tout le monde me disait que ce n'était pas cool. J'étais sûr que c'était plus cool", confiait-il au Wall Street Journal en 2024.
Mais le problème, c'est que cette scène a justement été choisie pour l'affiche du film. Résultat : Gosling a dû vivre avec ce geste qu'il jugeait "paresseux" et qui, selon lui, "tuait l'énergie" de la pose. "Maintenant quand je regarde l'affiche – et je la vois tout le temps –, vous savez ce qui aurait été plus cool ? Ça", expliquait-il en mimant un poignet droit.
L'acteur avait même poussé la plaisanterie plus loin en mars dernier, dans une vidéo avec Rocky, son partenaire dans Projet Hail Mary, où il "corrigeait" son poignet dans un montage humoristique. Une manière de conjurer ce qu'il appelait "son moment qui le hante".
Entre fidélité historique et "gay little wrist"
Si Ryan Gosling est ravi, une partie des fans ne décolère pas. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #JusticeForLaLaHand a rapidement émergé, avec des centaines de messages dénonçant ce qu'ils considèrent comme une forme de révisionnisme culturel. Le site Vulture a même titré : "Rendez son petit poignet gay à Ryan Gosling", accusant Lionsgate d'avoir "soumis le poignet à une thérapie de conversion".
Pour ces défenseurs de l'affiche originale, le poignet penché représentait une touche de fantaisie, un geste d'individualité, voire un symbole de liberté artistique. "C'était un rappel que La La Land est un film sur une relation hétérosexuelle, mais aussi une comédie musicale, c'est-à-dire le genre le plus gay qui soit", écrit le journaliste musical du site.
Cette controverse illustre une tension récurrente dans l'industrie du divertissement : jusqu'où peut-on modifier une œuvre passée pour satisfaire un acteur ou une sensibilité moderne ? L'affaire n'est pas sans rappeler les débats autour des retouches numériques dans les classiques du cinéma, des doublages modifiés aux images recomposées.
Que change vraiment cette modification ?
Pour Lionsgate, l'enjeu est autant symbolique que commercial. En accédant à la demande de Ryan Gosling, le studio renforce sa relation avec l'acteur, tout en capitalisant sur la nostalgie du film à l'occasion de son dixième anniversaire. La décision a aussi le mérite de générer un buzz médiatique considérable, comme en témoignent les articles du Guardian, de Variety et du Hollywood Reporter.
Mais au-delà de la polémique, cette histoire révèle aussi l'impact durable des choix artistiques, même les plus anodins en apparence. Dix ans après, un simple geste de main continue de faire parler, preuve que La La Land reste une référence culturelle majeure.
Alors que le film s'apprête à revenir sur les écrans, avec sa bande-son inoubliable et son esthétique chatoyante, les spectateurs pourront juger par eux-mêmes : le poignet droit de Gosling est-il plus "cool" que l'original ? Une chose est sûre : l'acteur, lui, dort enfin tranquille.
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