Justine Braisaz-Bouchet préfère l'indépendance pour poursuivre au plus haut niveau
La championne olympique de biathlon Justine Braisaz-Bouchet a annoncé, ce mercredi 10 juin 2026, qu'elle préparera la saison 2026-2027 en dehors du cadre de l'équipe de France. Une décision officialisée par la Fédération française de ski (FFS) dans un communiqué publié en début de matinée. À 29 ans, la biathlète de Beaufortain a choisi de structurer sa préparation autour d'un équilibre de vie où sa famille occupe une place centrale. Si les détails de son programme d'entraînement n'ont pas été divulgués, la FFS assure que la championne reste pleinement engagée dans le projet collectif de l'équipe de France féminine A.
Le texte de la FFS : une décision mûrement réfléchie
« Elle a choisi de structurer son entraînement autour d'un équilibre entre vie professionnelle et vie privée, dans lequel sa famille joue un rôle central », précise le communiqué de la FFS. « Cette décision est le résultat de réflexions personnelles et sportives menées en étroite concertation avec l'encadrement de l'équipe de France de biathlon, le directeur technique national et le président de la Fédération française de ski. »
La fédération ajoute que « ce programme d'entraînement, adapté à son projet de carrière, reflète un engagement commun : lui permettre de continuer à concourir au plus haut niveau dans un cadre cohérent, exigeant et durable. » Le ton est résolument positif : « La FFS et tout l'encadrement des équipes de France soutiennent cette initiative avec confiance et sérénité, convaincus que la performance se construit aussi sur l'équilibre personnel et la stabilité. »
Un choix qui fait écho à d'autres cas récents
Ce n'est pas la première fois qu'une athlète de haut niveau choisit de s'affranchir du cadre strict d'une équipe nationale pour préparer une saison. En France, le phénomène reste rare, mais il s'est accentué ces dernières années. Le cas de Justine Braisaz-Bouchet s'inscrit dans une tendance plus large : les sportifs de très haut niveau cherchent de plus en plus à concilier carrière sportive et vie de famille, quitte à sortir des sentiers battus.
Pourquoi ce choix ? Famille et performance
À 29 ans, Justine Braisaz-Bouchet est à un tournant de sa carrière. Maman d'une petite fille née en 2021, elle a souvent évoqué la difficulté de concilier les contraintes du cirque blanc et la vie familiale. En s'entraînant en dehors du collectif, elle pourra adapter ses horaires, ses lieux de stage et son rythme de vie à ses impératifs personnels, sans pour autant renoncer à l'exigence du très haut niveau.
La FFS insiste sur le fait que ce choix a été fait « en étroite concertation avec l'encadrement », ce qui suggère que la porte de l'équipe de France ne lui est pas fermée pour autant. Le communiqué précise d'ailleurs que « Justine reste pleinement engagée dans le projet collectif de l'équipe de France féminine A ». Autrement dit, elle pourra toujours être sélectionnée pour les coupes du monde et les championnats, mais sa préparation en amont se fera en autonomie.
Contexte : une saison 2025-2026 en dents de scie
La saison 2025-2026 de Justine Braisaz-Bouchet a été marquée par des hauts et des bas. Si elle a décroché une médaille d'or aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026, sa régularité en Coupe du monde a souffert de quelques contre-performances, notamment en début de saison. Son meilleur résultat en individuel cette saison : une 4e place à l'étape d'Antholz, puis une 5e place à Östersund. Sur le circuit, elle a souvent semblé en retrait par rapport à ses coéquipières Lou Jeanmonnot et Océane Michelon, qui ont trusté les podiums.
Le poids de la concurrence interne
L'équipe de France féminine de biathlon est actuellement l'une des plus fortes du monde. Avec Lou Jeanmonnot, Océane Michelon, Julia Simon (en pleine reprise après une blessure) et la jeune Jeanne Richard, la densité est impressionnante. Dans ce contexte très concurrentiel, s'accorder une préparation plus personnalisée peut être un atout pour retrouver un pic de forme au moment clé, sans subir la pression du collectif.
Il est intéressant de noter que cette décision intervient au lendemain de la cérémonie de donation de matériel olympique au Musée olympique de Lausanne, où Lou Jeanmonnot et Océane Michelon ont offert leurs combinaisons et skis des JO de Milan-Cortina 2026. Un signe que la nouvelle génération prend ses marques, tandis que l'ancienne (Braisaz-Bouchet est championne olympique en titre de la mass start, sacrée en 2022 à Pékin) cherche une seconde jeunesse.
Perspective : vers une nouvelle approche de la performance dans le biathlon ?
Le cas de Justine Braisaz-Bouchet n'est pas isolé. Dans le biathlon mondial, plusieurs athlètes ont fait le choix de l'indépendance pour préparer leurs saisons. C'est le cas notamment de Lisa Vittozzi (Italie), qui n'a pas participé au premier stage estival de l'équipe italienne à Antholz, début juin, pour des raisons personnelles – elle a d'ailleurs annoncé son absence à ce stage, ce qui alimente les spéculations sur son avenir. Plus récemment, le jeune espoir français Edgar Geny, 19 ans, a lui aussi choisi de s'entraîner seul après avoir été écarté des groupes fédéraux.
Équilibre et longévité : les maîtres-mots
Cette tendance à l'individualisation de la préparation est encouragée par les fédérations elles-mêmes, qui voient dans l'équilibre personnel un facteur clé de longévité et de performance. La FFS le dit explicitement : « La performance se construit aussi sur l'équilibre personnel et la stabilité ». Un discours qui tranche avec l'image traditionnelle du sportif sacrifiant tout à sa carrière.
Quelles implications pour la saison 2026-2027 ?
Pour Justine Braisaz-Bouchet, ce choix pourrait lui permettre de viser une place sur le podium de la Coupe du monde, voire de décrocher un nouveau titre olympique aux Jeux d'hiver de 2030 (encore non attribués, mais les candidatures se bousculent). À court terme, elle devra se montrer irréprochable lors des sélections pour les Coupes du monde, mais son statut et son palmarès lui garantissent une certaine indulgence.
Pour l'équipe de France, c'est un signal fort : les athlètes sont libres de choisir leur voie, pourvu qu'ils restent performants. La FFS, en soutenant officiellement cette initiative, envoie un message à tous les sportifs : on peut concilier ambition sportive et vie personnelle, même au plus haut niveau.
Une méthode qui pourrait faire des émules
D'autres athlètes, comme Anamarija Lampic (Slovénie), qui a déclaré vouloir « oublier la saison passée » et repartir de zéro, ou encore Eric Perrot (France), qui a choisi un mode de préparation itinérant en van à travers la Norvège, montrent que les schémas classiques évoluent. Le biathlon n'échappe pas à cette quête de sens et d'équilibre, qui pourrait bien devenir la norme dans les années à venir.
En attendant, rendez-vous en novembre 2026 pour les premières étapes de la Coupe du monde, où l'on verra si cette stratégie porte ses fruits pour Justine Braisaz-Bouchet.
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