Les Timberwolves officialisent leur confiance
La nouvelle est tombée vendredi 30 octobre en fin d'après-midi, à quelques jours de la date limite fixée au 2 novembre. Les Minnesota Timberwolves ont officiellement exercé leur option d'équipe sur le contrat rookie de Joan Beringer pour la saison 2027-2028, comme l'a rapporté Jon Krawczynski de The Athletic avant que la franchise ne confirme l'information sur ses réseaux sociaux. Le pivot français de 19 ans — il les fêtera le 11 novembre — est donc assuré de toucher 4,62 millions de dollars la saison prochaine, lui qui émarge à 4,4 millions cette année. Minnesota disposera jusqu'au 1er novembre 2027 pour statuer sur son option à 7,1 millions pour 2028-29.
Dans la même décision, la direction a levé l'option de Terrence Shannon Jr., ailier drafté en 27e position en 2024, qui touchera 5,05 millions en 2027-28. En revanche, Cody Williams, frère cadet de la star d'Oklahoma City Jalen Williams, a vu son option refusée, principalement pour des raisons salariales : les 7,67 millions prévus auraient pesé trop lourd sur une masse salariale déjà tendue.
Un début de saison qui justifie le pari
Si la décision concernant Beringer était attendue, elle récompense surtout des performances convaincantes depuis l'ouverture de la saison. En cinq matchs, le natif de Paris affiche 6,8 points et 7,6 rebonds en 15,6 minutes par rencontre, avec une adresse remarquable de 68,2 % aux tirs. Surtout, il a corrigé ce qui constituait sa principale faiblesse : les fautes. Lui qui commettait 5,4 fautes par 36 minutes lors de sa saison rookie — avec six sorties pour six fautes en seulement 7,9 minutes de moyenne — n'en concède plus que 3,0 par 36 minutes cette année. Aucun match à plus de deux fautes personnelles en six rencontres, malgré un temps de jeu doublé.
Un contexte sportif qui accélère sa progression
L'absence d'Anthony Edwards change la donne
La trajectoire de Beringer s'inscrit dans un contexte particulier à Minneapolis. Les Wolves ont perdu Anthony Edwards jusqu'en janvier, après une arthroscopie du genou, et pointent à un bilan de 3 victoires pour 2 défaites. Privé de son superstar, l'entraîneur Chris Finch doit redistribuer les cartes et s'appuyer davantage sur son banc. Le Français en profite pleinement, tout comme Shannon, qui tourne à 14,2 points de moyenne en sortie de banc.
La concurrence avec Rudy Gobert s'intensifie
Plus surprenant, la question du temps de jeu au poste de pivot commence à faire débat. Rudy Gobert, longtemps pilier défensif de l'équipe, traverse un début de saison compliqué offensivement : 0 point sur 9 tentatives contre Cleveland, puis 1 point face à Golden State. Face à ce constat, les observateurs soulignent que Beringer mérite peut-être davantage de minutes. Contre les Cavaliers, il a compilé 12 points à 6/6 aux tirs, 7 rebonds et 2 contres en 17 minutes. Face aux Warriors, 7 points et 9 rebonds à 3/3. Des chiffres modestes, mais qui pèsent dans une rotation en quête de repères.
Une progression qui interroge la hiérarchie
Un profil atypique devenu atout
Il faut rappeler d'où vient Joan Beringer. Drafté en 17e position en 2025, il n'a commencé le basket qu'en 2021 et fêtera à peine ses 20 ans dans quelques jours. Son adaptation rapide, sa capacité à courir le terrain, à attaquer le rebond offensif et à contester les tirs sans décoller du sol en font un profil complémentaire dans la rotation de Finch. Son plafond semble encore loin d'être atteint, ce qui rend la décision des Wolves d'autant plus logique sur le plan sportif que financier.
Un message envoyé à la concurrence interne
En sécurisant Beringer jusqu'en 2028, Minnesota envoie un signal clair : le Français fait partie de l'avenir de la franchise. Reste à savoir si cette confiance se traduira par une augmentation significative de son temps de jeu, notamment si Gobert continue de décevoir. La question pourrait devenir pressante d'ici la fin de l'année civile, alors que les Wolves doivent maintenir le cap en l'absence d'Edwards.
Perspective : un pari sur l'avenir dans une NBA en mutation
Au-delà du cas individuel, la décision de Minnesota illustre une tendance de fond dans la ligue : les franchises accordent de plus en plus tôt leur confiance aux jeunes intérieurs mobiles et défensifs, capables de switcher et de protéger le cercle sans monopoliser le ballon. Le profil de Beringer — athlétique, discipliné, en progression constante — correspond exactement à ce que recherchent les équipes modernes. Pour un joueur drafté il y a à peine un an et demi, la trajectoire est rapide. Elle rappelle d'ailleurs que les jeunes talents français continuent de s'imposer outre-Atlantique, à l'image de Jobe Bellingham dans un tout autre registre, ou des nombreux internationaux qui peuplent désormais les rotations NBA.
À court terme, les Timberwolves ont verrouillé un élément de rotation à coût maîtrisé. À moyen terme, ils se sont offert la possibilité de trancher sereinement entre leur vétéran et leur jeune espoir. Et si Beringer continue sur cette lancée, la question ne sera plus de savoir s'il mérite plus de minutes, mais plutôt comment Finch pourra continuer à lui en donner moins.
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