Jean-Paul Belmondo : son fils Paul se confie sur ses « tristes dernières années »

Jean-Paul Belmondo On The Set Of The Movie 'Pierrot Le Fou' Directed By Jean-Luc Godard in Hyères, France, in June 1965 .

Une exposition hommage pour les cinq ans de sa disparition

Cinq ans après la mort de Jean-Paul Belmondo, le 6 septembre 2021, la Cinémathèque française ouvre ce mercredi 7 octobre 2026 une grande exposition consacrée à l'icône du cinéma français. Intitulée « Belmondo, le magnifique », elle sera accessible au public jusqu'au 31 janvier 2027 dans le XIIIe arrondissement de Paris. L'événement retrace la carrière hors norme d'un acteur aux près de 90 films, de À bout de souffle à L'As des as, en passant par Le Professionnel.

À quelques jours de l'ouverture, son fils Paul Belmondo s'est confié dans les colonnes du Parisien, dans un entretien publié le 3 octobre. L'ancien pilote automobile et comédien de 63 ans y évoque sans détour les dernières années de son père, marquées par les séquelles d'un accident vasculaire cérébral survenu en 2001. Des confidences rares, qui dessinent le portrait intime d'un homme derrière la légende.

« Il a dû être très malheureux, mais il n'avait aucune aigreur »

L'AVC de 2001, un tournant douloureux

Victime d'un AVC alors qu'il se trouvait en vacances en Corse, Jean-Paul Belmondo avait suivi une longue rééducation et retrouvé en partie l'usage de la parole. Mais pour son fils, la réalité fut bien plus cruelle que l'image de force que l'acteur voulait renvoyer. « Quand vous enlevez à un comédien comme lui la parole et le physique, vous lui enlevez tout ce qu'il avait. Il a dû être très malheureux, mais il n'avait aucune aigreur », confie Paul Belmondo.

Ce dernier insiste sur la dignité de son père face à la maladie : « C'est un exemple. De même qu'il n'a jamais transmis sa peur, il n'a jamais fait sentir sa maladie. Cela se voyait, mais pas dans son attitude. Il ne se plaignait jamais. » L'acteur souhaitait que sa vie continue comme avant, malgré les séquelles. « Il voulait encore faire du bateau et, croyez-moi, c'était pas simple à bord », se souvient son fils avec humour.

Un retour au cinéma pour décider de sa fin de carrière

En 2008, Jean-Paul Belmondo avait repris le chemin des plateaux pour Un homme et son chien, sous la direction de Francis Huster. Un choix délibéré : « pour décider lui-même du moment où il arrêtait sa carrière », explique Paul Belmondo. Malgré sa santé fragile, l'acteur continuait d'aller voir tous les films et toutes les pièces, gardant un lien intact avec le monde du spectacle.

Un clan uni et une mémoire entretenue

Paul Belmondo, enfant de parents divorcés

Dans un autre entretien accordé à Purepeople, Paul Belmondo est revenu sur son enfance. Ses parents, Jean-Paul Belmondo et Élodie Constantin, se sont séparés alors qu'il n'avait que trois ans et demi. « En fait, je n'ai jamais connu mes parents ensemble », raconte-t-il. À 12 ans, il quitte sa mère, qui vivait en Angleterre, pour s'installer avec son père. « J'ai habité à partir de 12 ans avec lui », précise-t-il. Malgré la distance, il conserve le souvenir d'une « seule famille ».

Le drame de Patricia et la force de continuer

La vie de Jean-Paul Belmondo a également été marquée par un drame intime : la mort de sa fille aînée Patricia, décédée en 1994 à l'âge de 40 ans dans l'incendie de son appartement rue de Rennes, à Paris. Quelques heures seulement après ce terrible drame, l'acteur est monté sur scène dans Tailleur pour dames, une pièce de Georges Feydeau. « Rien n'est plus éprouvant que de perdre un enfant. Il faut faire face, sinon tu t'écroules », confiait-il à Paris Match. « J'ignore comment j'ai tenu. Les trois coups ont retenti, je suis entré en scène et j'ai fait mon métier. »

Un héritage toujours vivant

Victor Belmondo, petit-fils et comédien

Si Jean-Paul Belmondo reste très présent dans les mémoires, son petit-fils Victor, 31 ans, poursuit sa propre carrière dans le cinéma. Interrogé sur les comparaisons avec son célèbre grand-père, il avait déclaré sur le plateau de C l'hebdo en mars 2025 : « Je ne marche pas dans ses pas. On est deux personnes différentes. » Une manière de tracer sa route sans renier l'héritage.

Une exposition pour revivre la légende

L'exposition « Belmondo, le magnifique » s'annonce comme un événement majeur pour les amateurs de cinéma. Elle permet de redécouvrir l'immense carrière de l'acteur, mais aussi de mieux comprendre l'homme derrière l'icône. À travers les confidences de Paul Belmondo, c'est un pan plus intime et douloureux qui est dévoilé, cinq ans après la disparition de celui que l'on surnommait « Bebel ».

Alors que la Cinémathèque française célèbre son œuvre, la parole de son fils rappelle que derrière le sourire et les cascades mythiques se cachait un homme qui a affronté la maladie et les drames avec une dignité exemplaire. Un témoignage qui ajoute une profondeur nouvelle à la légende.

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