Une opération militaire conjointe d'une ampleur inédite
Le 28 février 2026 restera sans doute une date charnière dans l'histoire des relations entre l'Iran, Israël et les États-Unis. Ce matin-là, à 8h10, Israël a déclenché une vaste offensive militaire contre le territoire iranien, rapidement rejointe par les forces armées américaines. Baptisée « Zéir HaAri » (« Rugissement du Lion ») du côté israélien, et désignée sous le nom d'« Epic Wrath » (Colère Épique) par le Pentagone, cette opération marque un tournant majeur dans le conflit larvé qui oppose depuis des décennies Téhéran à ses adversaires régionaux et occidentaux.
Une planification secrète de plusieurs semaines
Selon des sources sécuritaires israéliennes citées par le New York Times, l'opération a été préparée dans le plus grand secret durant plusieurs semaines. Les déplacements des ministres ont été modifiés, les hauts responsables maintenus en état d'alerte permanente, et même la visite du secrétaire d'État américain Marco Rubio — initialement prévue en début de semaine — a été reprogrammée comme élément de leurre stratégique. Le Premier ministre et le ministre de la Défense israéliens sont restés à leur domicile au moment du lancement de l'offensive, afin de brouiller les pistes sur la localisation de la chaîne de commandement.
Le choix du samedi, jour de Shabbat en Israël, n'est pas anodin : il réduit la circulation civile, facilite le contrôle des mouvements militaires et garantit la disponibilité immédiate des responsables politiques. Frapper en pleine journée — contrairement aux habitudes nocturnes des opérations antérieures — a également constitué une surprise sur le plan tactique, même si, comme le souligne le général Elias Hanna, expert en stratégie militaire, « la surprise stratégique était absente au niveau géopolitique, compte tenu de l'ampleur des préparatifs ».
Les cibles visées : infrastructures militaires et programme nucléaire
Du côté israélien : neutraliser les capacités balistiques iraniennes
La principale menace identifiée par Tel-Aviv reste les missiles sol-sol longue portée de l'Iran. L'opération israélienne a donc prioritairement visé les dépôts de stockage de missiles, les sites de production et les plateformes de lancement répartis sur le territoire iranien, notamment dans les régions de Karaj (province d'Alborz), d'Ispahan et de Qom. Des positions des Gardiens de la Révolution et des infrastructures navales ont également été prises pour cible.
Du côté américain : le dossier nucléaire en ligne de mire
Les États-Unis ont rejoint l'offensive peu après son lancement, mobilisant des moyens aériens et navals déployés depuis le groupe aéronaval du porte-avions USS Abraham Lincoln. Washington a concentré ses frappes sur le programme nucléaire iranien, des installations des Gardiens de la Révolution et, selon plusieurs sources, le complexe présidentiel de Téhéran. Des zones du sud-ouest du pays ont été particulièrement touchées lors des premières heures de l'opération.
Contexte géopolitique : une escalade longtemps annoncée
La tension entre Washington et Téhéran n'est pas nouvelle. Depuis le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) en 2018 sous Donald Trump, les relations entre les deux pays n'ont cessé de se dégrader. Les cycles de sanctions économiques, les assassinats ciblés — dont celui du général Qassem Soleimani en janvier 2020 —, les attaques de proxies dans la région et les tentatives diplomatiques avortées ont maintenu la région dans un état de tension permanente.
L'arrivée au pouvoir de Trump pour un second mandat a relancé une politique de « pression maximale » contre l'Iran, tandis que Téhéran, dont le programme d'enrichissement d'uranium a atteint des niveaux proches du seuil militaire, refusait tout retour aux négociations sans levée préalable des sanctions. L'opération du 28 février 2026 s'inscrit donc dans la continuité d'une dynamique d'escalade que ni les diplomates ni les médiateurs n'ont réussi à enrayer.
Une coordination israélo-américaine au cœur du dispositif
L'un des aspects les plus significatifs de cette opération est son caractère explicitement bilatéral. Contrairement aux frappes israéliennes antérieures contre des cibles iraniennes en Syrie ou même sur le sol iranien en 2024, l'offensive de 2026 est le fruit d'un plan conjoint présenté au président Trump et validé par les deux capitales. Cette coordination souligne la profondeur de l'alliance stratégique entre Washington et Tel-Aviv, mais elle engage également la responsabilité directe des États-Unis dans un acte de guerre contre un État souverain, avec toutes les implications juridiques et diplomatiques que cela suppose.
Quelles conséquences pour la région et le monde ?
L'opération militaire, décrite comme devant durer « plusieurs jours au minimum », ouvre une phase d'incertitude majeure. L'Iran a immédiatement déclaré l'état d'urgence, et des tirs de riposte ont été signalés en direction du nord d'Israël, notamment près de Haïfa. La fermeture de l'espace aérien iranien et la suspension des vols civils dans plusieurs pays voisins témoignent de la gravité de la situation.
Sur le plan diplomatique, la communauté internationale se trouve face à un dilemme : condamner une action militaire unilatérale contre un État membre de l'ONU, ou reconnaître implicitement la légitimité d'une frappe préventive contre un programme nucléaire jugé menaçant. La Russie et la Chine, alliées de facto de Téhéran, devraient hausser le ton, tandis que les pays du Golfe, longtemps préoccupés par l'influence iranienne dans la région, observent l'évolution avec un intérêt mêlé d'inquiétude.
L'économie mondiale n'est pas épargnée : le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, constitue un point de vulnérabilité stratégique immédiat. Toute perturbation du trafic maritime dans cette zone pourrait provoquer une flambée des prix de l'énergie aux répercussions globales.
Une nouvelle ère dans les relations Iran – États-Unis ?
L'offensive du 28 février 2026 marque très probablement la fin d'une ère de confrontation indirecte entre l'Iran et ses adversaires. En franchissant le seuil de la frappe directe sur le sol iranien avec l'appui explicite de Washington, Israël et les États-Unis ont redéfini les règles d'engagement dans l'une des zones les plus volatiles du globe. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si cette escalade débouche sur un conflit régional élargi, une négociation forcée, ou une recomposition profonde de l'ordre géopolitique au Moyen-Orient.
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