Un feu parti d'une centrale photovoltaïque ravage la forêt landaise
Un violent incendie s'est déclaré ce mercredi 16 septembre 2026 peu après 14h sur la commune de Lüe, dans le nord des Landes, avant de se propager à la forêt de pins environnante. Selon les pompiers, 150 hectares de bois avaient déjà brûlé en fin d'après-midi, et « des centaines voire des milliers d'hectares sont menacés » si le feu n'est pas rapidement contenu. Le sinistre, parti d'une ferme photovoltaïque située près de la voie ferrée, progresse sous l'effet d'un vent soutenu en direction du sud-est de Lüe, entre l'autoroute A63 et la ligne SNCF qui jouxte les communes de Lüe et Labouheyre.
Un dispositif de secours massif déployé
Face à la virulence des flammes, les moyens terrestres et aériens ont été considérablement renforcés au fil des heures. D'abord estimés à 150 sapeurs-pompiers, les effectifs mobilisés sont passés à 200 en fin de journée, appuyés par quatorze moyens aériens : quatre Canadair, quatre Dash, quatre Air Tractor, un Bengal et Dragon 33. Quatre sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés, selon la préfecture des Landes, qui a activé le centre opérationnel départemental (COD). « La situation est très défavorable compte tenu de la présence de lignes à haute tension 63 000 volts, de l'autoroute A63 et de la voie ferrée à proximité », a déclaré le colonel Romain Moutard, directeur adjoint du SDIS 40, qui craint des sautes de feu tant le foyer est « puissant ».
La préfecture demande à tous les concitoyens d'éviter le secteur et de faciliter le passage des services de secours. Aucune évacuation n'est envisagée à ce stade, aucune habitation n'étant directement menacée, bien qu'une maison ait pu être protégée selon le Sdis.
Trafic ferroviaire et routier perturbé
Les conséquences sur les réseaux de transport sont immédiates. La circulation des trains est interrompue dans les deux sens entre Labouheyre et Morcenx, sur l'axe Bordeaux–Dax, qui dessert le Pays basque, le Béarn et la Bigorre. La SNCF a mis en place des bus de substitution. La route départementale 10E est fermée entre Labouheyre et Cap-de-Pin, une déviation étant mise en place par l'autoroute A63. La déchetterie de Solférino a également été fermée le temps de l'intervention.
Un été 2026 déjà marqué par les flammes dans les Landes
Ce nouvel incendie intervient dans un contexte particulièrement éprouvant pour le département. Deux feux majeurs ont déjà frappé les Landes cet été : celui de Biscarrosse fin juillet, et surtout celui de Luglon, qui a brûlé environ 1 600 hectares à la mi-août avant d'être officiellement fixé le 17 août après plusieurs jours de reprises.
Cette répétition d'incendies majeurs dans un département forestier du Sud-Ouest souligne la vulnérabilité croissante du massif des Landes de Gascogne. La concomitance d'un feu avec des infrastructures sensibles — lignes à haute tension, autoroute, voie ferrée — complique considérablement le travail des secours et illustre les nouveaux défis posés par les incendies de forte intensité.
L'origine photovoltaïque du sinistre
Le fait que le feu soit parti d'une centrale photovoltaïque interroge sur les risques liés à ces installations. Si aucune cause n'a été communiquée à ce stade, l'embrasement d'un parc solaire constitue un facteur aggravant en milieu forestier : les matériaux et composants électriques peuvent alimenter le foyer, et la proximité immédiate de la pinède a favorisé une propagation rapide. Ce type d'incident, encore rare, pourrait devenir un enjeu de sécurité majeur à mesure que se multiplient les parcs solaires en zone forestière.
Quelles perspectives pour la forêt landaise ?
Au-delà du bilan humain, heureusement limité, et des dégâts matériels, cet incendie pose la question de la gestion des risques dans un massif déjà fragilisé. La répétition des feux — Biscarrosse en juillet, Luglon en août, Lüe en septembre — dessine une tendance préoccupante qui pourrait redéfinir les stratégies de prévention et de lutte dans les Landes de Gascogne.
La coexistence entre infrastructures énergétiques et espaces forestiers sensibles devra probablement être repensée. Entre l'impératif de transition énergétique et la nécessité de protéger les massifs, les autorités pourraient être amenées à renforcer les obligations de débroussaillement autour des installations et à améliorer les dispositifs d'alerte et d'intervention.
Pour l'heure, les pompiers poursuivent leur lutte contre les flammes, sans partager un « optimisme débordant ». La situation reste évolutive et le bilan, encore provisoire, susceptible de s'alourdir dans les prochaines heures.
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