Incendie à Die : 3500 hectares brûlés, le feu progresse toujours, un pompier blessé

Alors que le feu de Die continue de progresser sur plusieurs fronts, trois Canadair sont arrivés sur site, ce jeudi matin. Photo Tristan Bonhoure

Incendie à Die : la montagne toujours en feu, 3500 hectares ravagés

Le violent incendie qui ravage le massif de Justin au-dessus de Die (Drôme) continue de progresser ce samedi 11 juillet 2026. Selon les derniers bilans des secours, 3500 hectares de forêt et de végétation ont déjà été parcourus par les flammes. Un sapeur-pompier a été blessé à la cheville et évacué vers l'hôpital, avant de réintégrer son unité. Les autorités ont procédé à l'évacuation d'un hameau et d'un camping, tandis qu'une vallée entière est privée de réseau téléphonique et internet.

Ce feu, déclenché par la foudre le 24 juin dernier, est le plus grave dans la Drôme depuis trente ans. Il se déploie sur un terrain très accidenté, avec des pentes atteignant 45 %, ce qui rend les opérations de lutte extrêmement délicates. Quatre Canadairs et un hélicoptère bombardier d'eau multiplient les rotations pour tenter de circonscrire le brasier. Un Dash-8 effectue également des vols de reconnaissance pour évaluer précisément les zones de largage.

En face du centre-ville de Die, la montagne brûle toujours. Les habitants, masques sur le visage, observent la fumée rougeâtre qui descend inexorablement vers la cité drômoise de 5 000 résidents à l'année, près de 10 000 en période estivale. "C'est impressionnant, on voit les flammes la nuit", témoigne un riverain.

Un pompier blessé, des habitants évacués

Le contrôleur général du Sdis de la Drôme, Franck Tournié, a confirmé que le feu a légèrement progressé dans la nuit de mercredi à jeudi, passant de 2 800 à 3 000 hectares, avant d'atteindre les 3 500 hectares ce week-end. Les communes de Barsac et Montmaur-en-Diois (250 habitants) ont été évacuées lundi, suivies mardi par 450 enfants de deux colonies de vacances situées à Die. Mercredi, le village d'Aurel a été placé sous surveillance, avec une évacuation jugée possible.

Le vent, qui s'est levé sur le secteur, évacue les importantes fumées et rend l'air un peu plus respirable, mais il risque de raviver les flammes. Les pompiers, au nombre de 480 sur le terrain, luttent sans relâche pour protéger les habitations et les infrastructures.

Contexte : un feu historique dans la Drôme

Cet incendie est le plus dévastateur dans la Drôme depuis trois décennies. Le feu a pris naissance dans le massif de Justin le 24 juin, après un impact de foudre. Il a rapidement gagné en intensité sous l'effet de la sécheresse et des températures élevées, typiques des canicules à répétition qui frappent la région.

Les moyens aériens ont été mobilisés en grand nombre. Cependant, comme le relève Mediapart, les pompiers ont longtemps attendu des renforts, notamment des Canadairs, alors que le feu basculait la colline menaçant directement la ville de Die. Plus de 700 personnes ont été déplacées. Les colonnes de secours, renforcées par des militaires déployés en soutien, travaillent 24 heures sur 24.

Le bilan humain et matériel

Outre le pompier blessé, aucun autre blessé grave n'est à déplorer. En revanche, les dégâts écologiques sont immenses : 3 500 hectares de forêt, de maquis et de zones agricoles sont partis en fumée. La faune et la flore locales paient un lourd tribut. Les autorités locales évaluent les pertes économiques (cultures, élevages, tourisme) qui pourraient se chiffrer en millions d'euros.

"C'est un crève-cœur de voir ces paysages détruits", confie un élu local. "Nous allons avoir besoin de soutien pour la reconstruction." Une cellule d'aide psychologique a été mise en place pour les sinistrés et les pompiers.

Perspective : feux de forêt, canicules et nécessité d'adaptation

Ce nouveau méga-incendie dans la Drôme s'inscrit dans une tendance inquiétante : les feux de forêt deviennent plus fréquents et plus violents en France, en lien direct avec le changement climatique. Les canicules estivales favorisent la sécheresse de la végétation et augmentent le risque de départ de feu, qu'il soit naturel (foudre) ou humain (incendie criminel, accident).

L'été 2026 est particulièrement chaud. Les records de température et les épisodes de sécheresse s'enchaînent. La gestion des feux de forêt, la prévention et les moyens de lutte (notamment aériens) sont au cœur des débats politiques. Comme le rappellent les sources, cette semaine un autre pompier volontaire de 22 ans a été tué en Savoie, emporté par une chute de bloc rocheux alors qu'il luttait contre un feu de végétation. La profession appelle à une meilleure reconnaissance et à des moyens accrus.

Dans ce contexte, l'incendie de Die est un signal d'alarme pour tout le sud-est de la France. Les pompiers et les autorités locales s'organisent pour faire face, mais la lutte est inégale face à des feux de cette ampleur. "Nous sommes en guerre contre le feu, et c'est une guerre qui va durer", résume un officier.

Ce qu'il faut retenir

L'actualité est également marquée par le Pont du 14-Juillet : trafic noir et accidents en série sur les autoroutes, un contraste saisissant entre les vacanciers et les pompiers en première ligne.

Les prochains jours seront décisifs pour savoir si le feu pourra être maîtrisé avant d'atteindre le centre-ville de Die. Les autorités appellent à la prudence et à la solidarité. Une cagnotte en ligne a été ouverte pour soutenir les sinistrés et les pompiers.

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