L'arbitre ouzbek Ilgiz Tantashev ne verra pas la fin du Mondial
À peine 48 heures après le coup de sifflet final de Paraguay-France (0-1), l'arbitre Ilgiz Tantashev a déjà fait ses valises. Selon les informations de Football Insider relayées par l'ancien officiel de la FIFA Keith Hackett, l'Ouzbek de 42 ans a été prié de quitter la Coupe du monde 2026 dès le dimanche 6 juillet. Une décision sans appel prise par les instances arbitrales de la FIFA, qui jugent sa prestation du 4 juillet au Philadelphia Stadium indigne du niveau exigé en huitièmes de finale.
"You're on the plane home" (tu es dans l'avion du retour) : voici comment Keith Hackett résume le message reçu par Tantashev. L'ancien chef du PGMOL (Professional Game Match Officials Limited) est catégorique : le refus de sanctionner les nombreuses fautes paraguayennes, alors que trois joueurs français (Michael Olise, Kouadio Kone et Bradley Barcola) ont été avertis, relève d'une "incapacité à maîtriser le match". Les images montrent Kylian Mbappé, auteur de l'unique but de la rencontre, victime de coups de coude et de gestes d'intimidation restés impunis.
Pourtant, la FIFA ne devrait pas officialiser cette mise à l'écart. Comme le révèle RMC Sport, l'instance préfère une méthode discrète : un classement interne et des observations permettront d'écarter Tantashev des prochaines compétitions. L'Uzbekistan verra donc son représentant privé de matchs lors des prochaines fenêtres internationales, mais sans sanction publique. Une différence de traitement qui interroge, alors que la presse française (L'Équipe titrait "une présentation catastrophique") et les supporters réclament des mesures plus visibles.
L'historique d'un arbitre déjà critiqué
Ilgiz Tantashev n'en était pas à son premier accroc. Arrivé au Qatar 2022 après une préparation minutieuse (observations lors de la Coupe du monde des clubs et de l'Asian Cup), l'Ouzbek avait déjà suscité la controverse lors du match de poules Écosse-Maroc (0-1) le 20 juin, où deux penalties écossais n'avaient pas été sifflés. Malgré ces critiques, les dirigeants de l'arbitrage lui avaient confié ce huitième de finale très attendu. Un choix qui interroge aujourd'hui.
Sa carrière d'arbitre, pourtant considérée comme solide, avait déjà été marquée par des incidents : aux Jeux Olympiques de Paris 2024 sous Thierry Henry, il avait distribué 11 cartons (dont un rouge à Enzo Millot) lors de France-Argentine. Lors de la Coupe du monde des clubs, il avait exclu deux joueurs de River Plate face à l'Inter Milan. Des antécédents qui plaidaient pour une certaine fermeté, mais pas pour une incapacité à gérer le jeu.
"La première chose est de le sortir du four", explique Keith Hackett, en référence à la pression d'un match à élimination directe. "Il était évident pour moi que cet arbitre n'était pas capable d'officier à ce niveau. On doit se demander comment il a été sélectionné." Une question que se posent aussi les observateurs, alors que la liste des arbitres du Mondial avait été établie après plusieurs années d'évaluation par des instructeurs FIFA.
Un match qui révèle les failles de l'arbitrage moderne
Au-delà du cas Tantashev, cette affaire met en lumière une tendance plus large : la tolérance accrue des arbitres lors de cette Coupe du monde 2026. Selon The Athletic, le nombre moyen de coups francs est passé de 27,7 par match au Qatar 2022 à 24,4 aujourd'hui, et celui des cartons jaunes a chuté de 3,55 à 2,54. Cette évolution résulte en partie d'un changement de règle (plus de carte pour retard de jeu, remplacement par une remise en jeu à l'adversaire), mais aussi d'une volonté de fluidifier le jeu.
Le problème est que cette approche peut dériver en laxisme, comme ce fut le cas à Philadelphie. Les Paraguayens ont multiplié les fautes non sanctionnées : tirs de maillot, coups dans la gorge, interventions dangereuses. Juan Caceres et Andres Cubas auraient pu être expulsés, mais seuls des joueurs français ont écopé de cartons. Une injustice qui a provoqué la colère des Bleus et du sélectionneur Didier Deschamps.
Ce match ravive le débat sur la protection des joueurs et l'efficacité de l'arbitrage vidéo. Si la VAR a consulté certaines situations, elle n'a pas jugé nécessaire d'intervenir sur les fautes les plus flagrantes. Certains y voient la marque d'une confiance excessive accordée à l'arbitre central, d'autres un défaut de procédure. En tout état de cause, la FIFA devra tirer les leçons de cet épisode pour éviter qu'il ne se reproduise.
Une réponse discrète mais ferme
En coulisses, la sanction est pourtant réelle : selon RMC Sport, Tantashev ne devrait plus arbitrer le moindre match de ce tournoi. Il pourrait même être écarté des prochaines compétitions internationales, sans que la FIFA ne communique officiellement. Une méthode qui a le mérite d'éviter les polémiques, mais qui laisse les supporters sur leur faim.
"Je ne pense pas qu'il faille le punir financièrement, estime Hackett. Comme tout sportif, il peut traverser une baisse de forme. Ce qu'il lui faut, c'est une remise à niveau." Une remise à niveau qui pourrait passer par des stages de perfectionnement, ou une mise au repos forcée. En attendant, le Mondial continue sans lui, et la France se prépare pour son quart de finale dans une ambiance tendue.
L'impact sur les Bleus et la suite
Si les joueurs français ont su garder leur sang-froid pour arracher la victoire, l'affaire a créé un précédent. Johan Micoud encense Mbappé et critique le jeu du Portugal avant France-Espagne dans un contexte où la protection des stars est remise en question. La FFF envisageait même de demander l'annulation du carton jaune de Michael Olise, une démarche rare qui témoigne du mécontentement.
La polémique Tantashev rappelle aussi que l'arbitrage reste le maillon faible du football moderne, malgré les progrès technologiques. Les anciens officiels comme Hackett appellent à une réforme des critères de sélection, tandis que les instances préfèrent gérer le problème en interne. Une chose est sûre : le nom d'Ilgiz Tantashev restera associé à ce match hors norme, où un arbitre a perdu le contrôle au pire moment.
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