La RD1091 bloquée après le débordement de la Romanche
Jeudi 25 juin en soirée, un éboulement survenu à hauteur du Grand Clôt, sur la commune de La Grave, a provoqué le débordement de la Romanche. La rivière, dont le lit est monté rapidement, s’est déversée sur la chaussée, bloquant la route départementale 1091. Les services du Département des Hautes-Alpes sont immédiatement intervenus pour dévier la circulation, tandis qu’un hélicoptère du PGHM effectuait des reconnaissances aériennes.
Trois véhicules se sont retrouvés piégés par l’eau et la coulée de boue. Six personnes ont pu être évacuées par voie terrestre et conduites à la salle des fêtes de La Grave, ouverte par le maire. Selon les autorités, la situation devrait être rétablie ce vendredi 26 juin dans la journée. Cet incident rappelle celui survenu une semaine plus tôt, où d’importantes coulées de boue avaient déjà bloqué cette même route dans le col du Lautaret, à Monêtier-les-Bains. Pour plus de contexte sur les risques liés aux intempéries en montagne, vous pouvez consulter notre article sur la coulée de boue en Haute-Savoie : un hameau dévasté, deux blessés légers.
Agriculture dévastée par des orages violents
Quelques jours plus tôt, un violent épisode climatique a frappé plusieurs exploitations des Hautes-Alpes. Les communes de Rousset, Espinasses, Théus et Remollon ont subi des orages de grêle accompagnés de fortes rafales de vent. Selon la FDSEA 05, les dégâts sont considérables : cultures anéanties, récoltes compromises et bâtiments d’élevage endommagés.
« Dans certains cas, plusieurs mois de travail ont été anéantis en quelques minutes », déplore le syndicat agricole. La FDSEA invite les agriculteurs à transmettre leurs témoignages et estimations de pertes, et à contacter leur mairie pour engager les démarches de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.
Polémique autour d’un déboisement pour les JO 2030 à Montgenèvre
Dans un tout autre registre, une enquête du journal Le Monde révèle que 3,2 hectares de forêt pourraient être déboisés à Montgenèvre dans le cadre des Jeux Olympiques d’hiver de 2030. La station doit accueillir les épreuves de half pipe, slopestyle, skicross et snowboardcross, ce qui nécessite d’adapter les pistes au cahier des charges.
Le parti EELV 05 monte au créneau, dénonçant des « exigences hors sols et hors du temps ». Il plaide pour que « les projets sans lendemain et destructeurs pour tous » soient abandonnés. Les écologistes rappellent qu’en cette période de canicule, les espaces boisés de montagne jouent un rôle crucial : ils font barrage aux coulées de boue et glissements de terrain, constituent des îlots de fraîcheur et des réserves de biodiversité. La question du maintien de ces forêts s’inscrit dans un contexte plus large de nuits tropicales en France : quand la chaleur ne laisse aucun répit aux habitants.
Transhumance bouleversée par le changement climatique
Au-delà de ces événements ponctuels, les Hautes-Alpes sont confrontées à des mutations profondes liées au dérèglement climatique. Dans la vallée de la Clarée, au nord de Briançon, les bergers doivent s’adapter pour maintenir leurs troupeaux. Roger Minard, berger depuis quarante ans, témoigne : chaleur excessive, coups de chaud au printemps, précipitations irrégulières… L’herbe se fait rare, l’eau aussi.
Pour y faire face, il a installé des abreuvoirs afin de stocker l’eau de ruisseau, et il limite le passage des brebis sur certaines zones pour favoriser la repousse. « On le sent : elles sont moins vaillantes, elles mangent moins », confie-t-il. La transhumance, tradition ancestrale, se réinvente sous la contrainte climatique.
Entre intempéries dévastatrices, débats sur l’aménagement touristique et adaptation des pratiques agricoles, les Hautes-Alpes illustrent les multiples défis d’un territoire de montagne confronté aux conséquences du changement climatique.
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