Le mariage reporté et la facture de 560 euros
Gilles Platret, maire LR de Chalon-sur-Saône, a pris une décision radicale le 30 mai dernier : reporter un mariage après que le cortège du futur époux a provoqué de nombreux troubles dans la ville. Blocage du centre-ville, circulation à contresens, tirs de mortier d’artifice ayant incendié une poubelle, insultes et menaces envers les forces de l’ordre... La liste des infractions est longue.
Le maire ne s’est pas arrêté là. Le 6 juin, il a adressé un courrier au marié lui demandant de régler une facture de 560 euros correspondant à la mobilisation de seize agents de police municipale. « Tant qu’il n’aura pas payé, son mariage ne sera pas reprogrammé », a-t-il écrit sur X, estimant que « ce n’est pas au contribuable de payer de pareils débordements ».
Une mesure choc pour faire respecter l’autorité
Dans un entretien accordé à Valeurs actuelles le 12 juin, Gilles Platret justifie sa décision par un principe simple : « Si vous ne réagissez pas, vous encouragez ces comportements. » Le futur marié, déjà connu des services de police pour des incivilités, a vu son cortège de voitures – avec drapeaux tunisiens déployés – bloquer une place centrale pendant quarante minutes. Les policiers municipaux, épaulés par la police nationale, ont été insultés et menacés. Une plainte a été déposée.
Contexte : une ligne dure sur la laïcité et l’ordre public
Cette affaire n’est pas un cas isolé pour Gilles Platret, qui s’impose comme l’une des voix les plus fermes de la droite sur les questions d’autorité et de laïcité. Dimanche 14 juin, invité d’Europe 1, il a vivement critiqué le maire d’Ivry-sur-Seine, estimant que ce dernier « viole la loi » en laissant une élue porter le voile lors du conseil municipal.
Platret s’appuie sur une modification récente du Code général des collectivités territoriales, qui impose désormais aux élus une charte engageant au respect des principes républicains, dont la laïcité. « Les associations d’élus n’en voulaient pas de cette remarque ‘laïcité’ […] Et bien non, ça ne va pas de soi, la preuve, on en a une à Ivry », a-t-il lancé.
Une position qui fait débat
Ces prises de position tranchées renforcent l’image d’un élu prêt à utiliser tous les leviers à sa disposition pour faire respecter l’ordre. Depuis 2014, Gilles Platret a multiplié les annonces choc : renforcement de la vidéoprotection, interdiction du drapeau palestinien dans les bâtiments municipaux, et aujourd’hui cette facturation inédite des débordements de mariage.
Perspective : vers un « choc régalien » dans les communes ?
Au-delà du cas chalonnais, cette affaire illustre une tendance plus large chez certains maires à durcir le ton face aux incivilités. Gilles Platret lui-même appelle à un « choc régalien », estimant que les communes doivent pouvoir répercuter le coût des débordements sur leurs auteurs.
La facture de 560 euros peut sembler modeste, mais elle envoie un signal fort : les comportements jugés inadmissibles ne resteront plus sans conséquences financières. D’autres communes pourraient s’inspirer de ce précédent, d’autant que les cortèges de mariage sont régulièrement pointés du doigt pour leurs excès (conduite dangereuse, blocages, affrontements).
Dans le même temps, ce type de mesure soulève des questions juridiques : un maire a-t-il le droit de conditionner la célébration d’un mariage au paiement d’une facture ? Gilles Platret assure que oui, et que la loi est de son côté. Reste à savoir si cette méthode sera validée par la justice en cas de recours.
Entre volonté affichée de restaurer l’autorité et risques contentieux, Gilles Platret incarne une ligne dure qui pourrait bien faire des émules. Dans un contexte où la Coupe du monde 2026 bat son plein et où l’actualité politique est dominée par les débats sur l’immigration et la laïcité, le maire de Chalon-sur-Saône s’impose comme une figure à suivre.
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