Gaël Fickou, affecté par le départ de Mignoni, mène Toulon vers la victoire

Top 14 – Toulon : Fickou « affecté et touché » par le départ de Mignoni

Gaël Fickou : « Je suis affecté et touché » par le départ de Mignoni

Toulon a renoué avec la victoire ce samedi en s'imposant face au Racing 92 (29-15) lors de la 6e journée du Top 14. Un succès qui intervient après une semaine particulièrement éprouvante, marquée par la démission de Pierre Mignoni, manager du club depuis 2022. Au cœur de cette tempête, le centre international Gaël Fickou a livré un match plein et s'est confié après la rencontre sur les émotions qui ont traversé le vestiaire.

« Ce n'était pas une semaine facile. Il y a eu de la remise en question. Il y a eu le départ de Pierre... Vous savez, je l'admire et j'ai une super relation », a déclaré Fickou, visiblement touché. « Je suis venu ici pour lui. Je suis affecté et touché par son départ. » Le trois-quart centre, arrivé à Toulon en 2023 en grande partie pour travailler sous les ordres de Mignoni, a tenu à rendre hommage à l'homme qui a « tout gagné ici » et qui « vivait pour le club ».

Un électrochoc attendu

La semaine avait pourtant mal commencé pour le RCT, avec une lourde défaite à Montpellier (0-28) et la démission surprise de Mignoni. Ce départ a agi comme un électrochoc pour un groupe en manque de repères, qui restait sur quatre défaites en cinq rencontres. Face au Racing 92, les Toulonnais ont affiché un visage conquérant, porté par une défense agressive et solidaire.

Gaël Fickou a d'ailleurs révélé les coulisses de la préparation de ce match, notamment l'échange qu'il a eu avec son coéquipier Juan Ignacio Brex dès le mardi. « Je me rappelle mardi à la vidéo. J'annonce le système défensif que l'on va mettre en place, je voulais les choquer aussi pour ne pas les attendre. J'ai dit qu'il fallait les agresser car je les connais par cœur et si on les attend, on se fait pulvériser et on recule de 15 mètres. J'ai dit à Brex qu'il allait devoir se sacrifier et il m'a dit que ce n'était pas un problème. »

Cette agressivité défensive a payé, comme l'a souligné Fickou : « Ils font tous 130 kilos et il faut se les prendre. » Le RCT a su imposer son rythme et contenir les velléités franciliennes, décrochant une victoire précieuse qui pourrait relancer sa saison.

Une réaction d'orgueil pour honorer Mignoni

Au-delà de l'aspect sportif, c'est un véritable message d'unité et de responsabilité qu'ont envoyé les joueurs toulonnais. « On avait tous à cœur de faire un gros match pour nous, nos supporters et pour Pierre. Il a tout gagné ici, il a grandi ici. Ce n'est pas évident. Il y a des pertes qui sont des soulagements, mais là c'était une vraie perte », a confié Fickou.

Le joueur a également évoqué les mots forts prononcés par le président du club durant la semaine, qui ont parfois pu heurter : « Les mots que l'on a pu avoir dans la semaine, notamment celui du président, ont pu choquer, irriter parfois. Il fallait affronter la vérité en face. Les coachs étaient là, ils sont bons, mais on n'a pas été à la hauteur. Ce ne sont pas eux qui sont sur le terrain. »

Cette remise en question collective a permis au groupe de se recentrer sur l'essentiel : l'état d'esprit et le sacrifice pour le collectif. « Il fallait être des hommes et il fallait que l'on assume. On porte un maillot avec des valeurs et une histoire. Il faut le respecter. Il faut se sacrifier et ne pas tricher », a martelé Fickou.

Un avenir à construire sans Mignoni

Si la victoire face au Racing 92 apporte un peu de baume au cœur, elle ne doit pas masquer les défis qui attendent le RCT. Le club doit désormais apprendre à vivre sans Pierre Mignoni, figure centrale de la reconstruction toulonnaise depuis 2022. Franck Azéma, présent sur le banc, assure l'intérim et devra maintenir la dynamique insufflée contre le Racing.

Gaël Fickou, en leader assumé, se veut toutefois lucide : « Maintenant, ce n'est qu'une étape. Il reste des matchs. Il faut de l'humilité. » Le calendrier s'annonce chargé avec la réception de Pau puis un déplacement à Perpignan, avant le début de la Challenge Cup à Edimbourg.

Un tournant pour Toulon et pour Fickou ?

Cette séquence révèle plusieurs tendances. D'abord, la capacité de Toulon à se mobiliser dans l'adversité, porté par des cadres comme Fickou, dont le rôle de leader s'affirme. Ensuite, l'importance des émotions et du facteur humain dans le sport de haut niveau. Le départ de Mignoni, aussi douloureux soit-il, a peut-être créé un déclic salvateur.

Enfin, sur le plan collectif, ce match a démontré que le RCT possédait les ressources mentales pour surmonter les crises. Reste à confirmer sur la durée. Pour Gaël Fickou, qui a connu d'autres changements de coach, cette expérience est unique : « Ce n'est pas la première fois que je vis un changement de coach, mais c'est la première fois qu'il y a autant d'émotion car j'aime la personne. »

À court terme, Toulon doit trouver une stabilité sportive et institutionnelle. À plus long terme, la question du successeur de Mignoni et de la capacité du club à retrouver le sommet du Top 14 demeure entière. Une chose est sûre : Gaël Fickou et ses coéquipiers ont montré qu'ils avaient du caractère. Et ce n'est peut-être que le début.

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