Gabriel Gudmundsson recadre son père et défie le Danemark avant Suède-Pays-Bas

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Gabriel Gudmundsson répond à son père et aux Danois avant le choc face aux Pays-Bas

À quelques heures du match décisif de la Suède contre les Pays-Bas en Coupe du monde 2026, le latéral gauche Gabriel Gudmundsson fait l’actualité pour deux déclarations coup sur coup. D’abord en recadrant son propre père, qui avait affirmé qu’il était “presque aveugle” dans sa jeunesse, puis en taclant les supporters danois qui ont massivement choisi de soutenir la Norvège plutôt que la Suède pour le reste du tournoi.

Titulaire lors du large succès suédois face à la Tunisie (5-1), le joueur de Leeds United a tenu une conférence de presse ce vendredi dans laquelle il est revenu sur les propos de Niklas Gudmundsson, son père et ancien entraîneur en jeunes. “C’était une petite exagération de la part de papa. J’avais des problèmes, j’avais une assez mauvaise vue, mais je joue avec des lentilles depuis l’âge de 12 ou 13 ans et je n’ai plus aucun souci”, a-t-il rectifié, tout en reconnaissant avoir souffert d’un “défaut de réfraction” qui l’obligeait à porter un patch sur l’œil faible pour le rééduquer. Une histoire racontée en détail par le quotidien régional Hallandsposten et reprise par plusieurs médias nationaux, mais que le joueur a tenu à remettre à sa juste mesure.

Mais c’est un autre sujet qui a enflammé les réseaux sociaux et les travées de la presse : le “référendum” organisé par la chaîne danoise TV2, demandant aux Danois quel pays ils soutiennent au Mondial 2026 – les Danois n’étant pas qualifiés. Résultat : la Norvège a été plébiscitée avec 35 % des voix, suivie par l’Espagne (10 %) et le Portugal (7 %). La Suède, elle, n’a recueilli que 4 %. Interrogé sur ce score, Gabriel Gudmundsson n’a pas caché son agacement : “Je ne pense pas que nous ayons besoin du soutien des Danois, pour être honnête. Nous nous débrouillons très bien tout seuls.” Un avis partagé par son coéquipier Benjamin Nygren, qui a passé plusieurs saisons au Danemark : “C’est un peu triste. J’espérais que la Suède soit mieux placée.” Les deux joueurs ont visiblement pris le sujet avec humour : quand on a demandé à Nygren pour qui il voterait entre la Norvège et le Danemark, il a répondu “La Norvège ! Non, je plaisante.”

Un état de forme rassurant après une maladie passagère

Sur le plan sportif, l’inquiétude était grande il y a une semaine lorsque Gudmundsson a manqué plusieurs séances d’entraînement en raison d’une maladie. Le sélectionneur Graham Potter avait même évoqué un “état inquiétant”. Mais le défenseur de 27 ans a finalement été jugé apte et a disputé les 63 premières minutes du match d’ouverture contre la Tunisie avant d’être remplacé par précaution. “Je me sens bien. Le coach m’a fait confiance et j’ai pu tenir mon rôle. Maintenant, je suis prêt à enchaîner contre les Pays-Bas”, a-t-il assuré aux médias suédois.

Ce retour en forme est un soulagement pour Leeds United, qui suit de près les performances de son joueur dans ce groupe F où figurent également le Japon et les Pays-Bas. Le duel de samedi (19h00, heure suédoise) s’annonce crucial pour la qualification en huitièmes de finale, et Gudmundsson devrait être titularisé au poste de piston gauche dans le système en 3-4-3 de Potter.

Contexte : le parcours semé d’obstacles du latéral suédois

L’histoire de Gabriel Gudmundsson est celle d’un joueur qui n’a jamais eu la partie facile. Fils de Niklas Gudmundsson, ancien international suédois (13 sélections) et médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992, Gabriel a dû surmonter des problèmes de vision sévères dès l’enfance. Selon son père, qui fut son premier entraîneur dans les équipes de jeunes de Halmstads BK, il “ne voyait presque rien” et devait porter un patch sur l’œil pour renforcer l’œil le plus faible. “C’était dur. Il avait un œil paresseux et devait porter des lunettes en permanence. Elles cassaient tout le temps”, a raconté Niklas Gudmundsson dans une interview au journal local.

Mais le garçon a persévéré. Après avoir intégré le centre de formation de Halmstad, il a rejoint Groningue aux Pays-Bas en 2021, puis Lille en Ligue 1, avant de signer à Leeds en 2024. Un chemin semé de doutes, notamment dans sa jeunesse : “À 13-14 ans, je ne pensais pas qu’il deviendrait joueur professionnel. Sead Haksabanovic, lui, était déjà prêt pour l’équipe première à 14 ans. Gabriel était bien loin de ce niveau”, se souvient son père, aujourd’hui impressionné par la progression de son fils.

Ajoutez à cela les blessures à répétition : une déchirure aux ischio-jambiers en avril dernier lors de la demi-finale de FA Cup contre Chelsea, qui l’a tenu éloigné des terrains pendant cinq semaines, puis cette maladie virale contractée juste avant le Mondial. Potentiellement un coup dur pour la Suède, mais le joueur semble avoir récupéré à temps. “À ce niveau, on donne tout jusqu’à ce que le corps dise stop. C’est exactement ce qui s’est passé lors du premier match”, a-t-il expliqué, en référence au coup de fatigue qui a nécessité son remplacement contre la Tunisie.

Perspective : un duel capital contre les Pays-Bas et l’enjeu d’une génération suédoise ambitieuse

Au-delà des petites phrases et des polémiques nationales, ce match Suède – Pays-Bas est un test grandeur nature pour cette équipe de Suède souvent considérée comme un “poids lourd modeste” du football mondial. Emmenée par Graham Potter, la sélection scandinave a montré une belle maîtrise collective contre la Tunisie, mais les Oranje, même en reconstruction, restent un adversaire d’un tout autre calibre.

Pour Gudmundsson, l’enjeu est double : confirmer son statut de titulaire indiscutable dans un groupe compétitif, et prouver qu’il peut rivaliser avec des ailiers rapides comme Xavi Simons ou Memphis Depay. Son expérience des championnats étrangers (Pays-Bas, France, Angleterre) lui donne une polyvalence précieuse, mais c’est surtout sa capacité à enchaîner les efforts défensifs tout en proposant des débordements offensifs qui sera scrutée. Leeds, qui espère le revoir en pleine forme pour la pré-saison de Premier League, a tout intérêt à ce que son joueur sorte indemne et en confiance de ce Mondial.

Sur le plan des relations footballistiques entre voisins nordiques, l’épisode du “référendum danois” restera une anecdote savoureuse de ce Mondial 2026. Mais il illustre aussi la rivalité discrète mais bien réelle entre les nations scandinaves sur le terrain des affections populaires. La Suède, qui n’a pas brillé lors des dernières Coupes du monde, peut trouver dans cette pique un moteur supplémentaire. “Nous n’avons besoin de personne, nous jouons pour nous et pour notre pays”, a conclu Gudmundsson.

Dans un contexte où les supporters suédois se sont massivement déplacés aux États-Unis, au Mexique et au Canada, la réponse du latéral de Leeds a été saluée par les fans. Il ne reste plus qu’à transformer la parole en actes sur le terrain de Dallas, ce samedi soir.


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