L'Indonésie et Singapour butent sur le prix de l'électricité verte
Les négociations sur l'exportation d'électricité entre l'Indonésie et Singapour restent au point mort. Le ministre indonésien de l'Énergie et des Ressources minérales, Bahlil Lahadalia, a confirmé ce mercredi 8 juillet 2026 que l'accord bute toujours sur la fixation du tarif. L'Indonésie, qui souhaite un partenariat gagnant-gagnant, refuse de brader son électricité verte. Pourtant, un protocole d'accord avait été signé dès 2025 entre les deux pays, dans le cadre plus large d'une coopération incluant une zone industrielle verte et le captage de carbone. Sur les 26 accords bilatéraux conclus, 18 relèvent de la coopération intergouvernementale, mais l'exportation électrique reste suspendue à ce dossier épineux.
Le Vietnam capitalise sur ses épices, entre records et défis logistiques
Pendant ce temps, Hanoï engrange les succès sur le marché des épices. Selon l'Association vietnamienne du poivre et des épices (VPSA), les exportations de poivre ont atteint 145 686 tonnes au premier semestre 2026, pour une valeur de 940,5 millions de dollars. Cela représente une hausse de 17,4 % en volume et de 10,6 % en valeur par rapport à la même période en 2025. Les États-Unis restent le premier acheteur, avec plus de 35 000 tonnes importées, tandis que la Chine a bondi de 64 % sur un an. L'Asie capte près de la moitié des volumes expédiés. Toutefois, la production intérieure vietnamienne se contracte, poussant les entreprises à importer davantage de matières premières pour maintenir leur outil de transformation. Le ralentissement observé en juin, avec des exportations en baisse par rapport à mai, pourrait signaler une inflexion, même si la demande américaine, européenne et émiratie se maintient.
Ouzbékistan : la stratégie de la valeur ajoutée pour sortir de l'ombre
L'Ouzbékistan, pays doublement enclavé, mise sur la transformation locale pour maximiser ses revenus à l'export. Le gouvernement a dévoilé un plan ambitieux : 10 milliards de dollars d'investissements dans la transformation alimentaire d'ici 2030, 4,2 milliards de dollars dans les métaux technologiques et la localisation de 880 000 tonnes de tôles d'acier. L'objectif est clair : vendre des produits transformés, pas seulement des matières premières. Le ministre de l'Agriculture, Ibrokhim Abdurakhmonov, le résume ainsi : « Produire 24 millions de tonnes n'est qu'un objectif. Ces produits doivent aussi atteindre les marchés et générer des revenus. » Cette année, la valeur des fruits, légumes et produits transformés devrait atteindre 4,5 milliards de dollars. Cette offensive s'accompagne d'une amélioration de la note souveraine par Moody's, passée de Ba3 à Ba2, et d'une connexion à 92 marchés d'exportation.
L'industrie automobile chinoise se réinvente par l'export
Dans un tout autre secteur, les constructeurs automobiles étrangers implantés en Chine subissent de plein fouet la concurrence locale. En cinq ans, leur part de marché est passée de 62 % à 30 %, tandis que les marques chinoises (BYD, Geely, Xiaomi) trustent 70 % des ventes de voitures particulières et plus de 85 % du segment des véhicules électriques et hybrides. Volkswagen, qui livrait plus de 4 millions de voitures en Chine avant la pandémie, n'en a écoulé que 2,7 millions en 2025. Nissan a vu ses ventes chuter de 47 % en mars 2026 par rapport à 2019. Skoda a même décidé de quitter le pays. Face à des usines qui tournent à moitié vide, ces groupes se tournent vers l'exportation comme bouée de sauvetage. Volkswagen a annoncé en juin la création d'une coentreprise pour produire des véhicules destinés au marché mondial. L'idée : absorber la surcapacité et aller chercher des marges plus confortables à l'étranger, loin de la guerre des prix qui sévit en Chine.
Un paysage mondial en pleine recomposition
Ces quatre actualités dessinent un même mouvement : les flux d'exportation se recomposent à l'échelle planétaire. Entre blocages politiques (Indonésie-Singapour), réussites sectorielles (poivre vietnamien), réindustrialisation volontariste (Ouzbékistan) et reconversion forcée (automobile en Chine), chaque acteur cherche à capter davantage de valeur. L'enjeu n'est plus seulement de vendre plus, mais de vendre mieux, en transformant localement avant d'exporter. Cette tendance, si elle se confirme, pourrait redessiner les chaînes d'approvisionnement mondiales. Alors que la France connaît une sécheresse historique qui pèse sur sa propre production agricole, ces stratégies d'exportation montrent que la compétitivité ne se joue plus seulement sur les volumes, mais sur la capacité à monter en gamme et à sécuriser des débouchés stables.
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