Éric Judor se confie sur sa brouille avec Ramzy et son nouveau film

“J'avais fait tellement d'abus” : Ramzy Bedia revient sur le jour où il a frôlé la mort, Eric Judor était même appelé à l'hôpital pour lui dire “un dernier au revoir”

Éric Judor se livre sur sa relation avec Ramzy Bedia

Invité sur le plateau de l'émission « Clique » de Mouloud Achour sur Canal+ ce mardi 20 octobre, Éric Judor a fait des confidences rares sur son amitié avec Ramzy Bedia, son complice de toujours. L'humoriste de 58 ans est revenu sur un épisode marquant : l'absence de Ramzy à son mariage en 2016. « Il n'est pas venu à mon mariage », a-t-il déclaré, avant d'expliquer que son ami avait probablement raté l'avion parce qu'il dormait. Une négligence qui n'a pas entamé leur lien, même si Éric Judor a précisé qu'il n'avait pas choisi Ramzy comme témoin « pour ne pas prendre ce risque ».

Au-delà de cette anecdote, l'acteur et réalisateur a évoqué une période plus sombre de leur relation. « On a eu une phase où l'on ne se supportait plus. Le public ne nous supportait plus non plus ensemble, ça devenait du bruit », a-t-il confié. Il a expliqué que leur duo à l'écran était devenu mécanique, manquant d'amour et d'envie. Selon lui, le fait de passer plus de temps avec son partenaire de scène qu'avec sa propre famille avait fini par créer des tensions. Les deux hommes ont alors décidé de prendre leurs distances et de mener des carrières séparées, tout en gardant un lien lointain, s'informant l'un sur l'autre par des amis communs comme Jamel Debbouze.

Une réconciliation et un nouveau film

Malgré ces turbulences, Éric Judor et Ramzy Bedia ont su préserver leur amitié. Ils ont d'ailleurs collaboré récemment, puisque Ramzy prête sa voix à l'un des personnages du nouveau film d'Éric Judor, « Le Roi du Game », en salles ce mercredi 22 octobre. « Elle est tellement suave que je ne pouvais pas m'en passer », a plaisanté le réalisateur au sujet de la voix de son acolyte. Ce long-métrage, présenté comme une comédie loufoque, est aussi décrit par son auteur comme « un drame familial à la base », l'histoire d'enfants qui veulent faire des pas de côté et dont les parents doivent accepter les choix artistiques.

Un humour qui interroge les limites du rire

Dans un entretien accordé à la DH, Éric Judor s'est également exprimé sur l'évolution de l'humour et les limites du politiquement correct. « J'ai l'impression qu'aujourd'hui, les gens sont là à épier l'endroit où ils vont voir un cheveu dépasser. Et donc, tout devient problématique », a-t-il estimé. Selon lui, soit l'artiste se libère de ces contraintes et continue de fâcher des marges de la population, soit il marche sur des œufs et perd son caractère. Il reconnaît toutefois que certaines vannes ont été trop loin : « Les vannes racistes, homophobes, misogynes… on en a abusé et on a poussé le bouchon très loin. On ridiculisait effectivement les Noirs, on les traitait de singes, en fait ! Et donc, il y a une forme d'humour colonial qui commence doucement à être cancel. Heureusement. »

L'émotion face à la mort de Bun Hay Mean

Toujours dans « Clique », Éric Judor n'a pas pu retenir son émotion en évoquant le souvenir de Bun Hay Mean, l'humoriste décédé en juillet 2025 à l'âge de 43 ans après une chute de son balcon. Les deux hommes avaient collaboré sur la série « Platane » et le film « Problemos ». « Il était incroyable ce mec », a confié Éric Judor, visiblement bouleversé. « Je ne comprends toujours pas comment il est mort. Et le choc que ça m'a fait quand je l'ai appris. » Face à la difficulté de la séquence, il a préféré changer de sujet : « Tu as d'autres témoignages de gens vivants ou pas ? Parce que là ça devient dur un peu. »

Un late show en préparation

Éric Judor a également annoncé qu'il se lancerait bientôt dans un late show, avec l'humour décalé qui le caractérise. « On sera cancel dès la première ! », a-t-il plaisanté, conscient des risques que son style peut représenter à l'heure où les sensibilités sont exacerbées. Cette nouvelle aventure télévisuelle s'inscrit dans la continuité de son parcours d'humoriste et de réalisateur, toujours à la recherche de nouvelles formes de comédie.

Une carrière entre humour absurde et cinéma

Avec plus de trente ans de carrière, Éric Judor est devenu une figure incontournable du paysage humoristique français. Son style, qu'il qualifie lui-même de « boule de feu », mêle absurde et provocation. Il avoue une affection particulière pour l'humour belge, qu'il trouve plus libre et plus british. « Vous avez un truc très anglais que j'adore. L'absurde, c'est visqueux, une huile. Tu ne peux pas t'accrocher et commencer à revendiquer des choses sur de l'absurde », a-t-il déclaré à propos de l'humour outre-Quiévrain. Alors que son nouveau film sort en salles, Éric Judor continue d'explorer les frontières du rire, entre nostalgie des duos et envie d'ailleurs. Ses confidences à « Clique » montrent un homme apaisé, lucide sur les excès passés, mais toujours prêt à faire entendre sa voix singulière.

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