Élimination de l'Angleterre : Tuchel paye son ultra-défense en demi-finale du Mondial

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L'Angleterre craque en demi-finale : la tactique de Tuchel en question

L'Angleterre a vu ses rêves de titre mondial s'envoler mercredi 15 juillet 2026 à Atlanta, battue 2-1 par l'Argentine en demi-finale de la Coupe du monde. Menés au score après un but d'Anthony Gordon, les Three Lions ont complètement abdiqué en seconde période, recroquevillés devant leur surface, avant de craquer dans les dernières minutes. Une défaite amère qui relance le débat sur le style de jeu du sélectionneur allemand Thomas Tuchel.

Le scénario est cruel mais logique. Après l'ouverture du score, l'Angleterre a choisi de gérer, laissant la possession aux Argentins. Résultat : vingt minutes de siège, et une égalisation d'Enzo Fernandez à la 85ᵉ minute. En prolongation, l'Argentine a logiquement fait la différence. « C'était un désastre proactif, un repli choisi dans leur propre surface », analyse Jack Pitt-Brooke dans The Athletic. L'absence d'attaquants rapides comme Bukayo Saka ou Marcus Rashford sur le banc a privé les Anglais de toute capacité de contre-attaque.

Un parcours encourageant mais une fin amère pour les Three Lions

Pourtant, l'Angleterre avait réalisé un parcours solide jusqu'à ce stade. Invaincue en phase de groupes (victoire 4-2 contre la Croatie, match nul 0-0 contre le Ghana, succès 2-0 face au Panama), elle avait ensuite dominé la République démocratique du Congo (2-1), le Mexique (3-2) et la Norvège (2-1 après prolongation) pour atteindre le dernier carré. Les supporters croyaient enfin tenir l'équipe capable de conquérir le trophée, 58 ans après le sacre de 1966.

Mais cette demi-finale rappelle les travers déjà observés sous Gareth Southgate : une incapacité à gérer les moments clés. Tuchel, loué pour sa science tactique, a cette fois été accusé de passivité. « La logique de sa nomination en 2024 était d'être un spécialiste des matches couperets. Ce soir, son plan a horriblement échoué », résume le journaliste.

L'Argentine en finale, l'Espagne sacrée

En finale, l'Argentine a affronté l'Espagne, qui a éliminé la France en demi-finale (2-0). Les Ibériques, portés par Nico Williams et Lamine Yamal, ont dominé les débats avant de s'imposer en prolongation (2-1) le 19 juillet à East Rutherford. Un quatrième titre mondial pour la Roja, vingt-quatre ans après son premier sacre.

Ce Mondial nord-américain restera donc comme celui de la confirmation de la nouvelle génération espagnole et d'une déception anglaise. De quoi nourrir les débats sur l'avenir de Tuchel à la tête de la sélection, alors que la Coupe du monde 2030 (organisée par le Maroc, le Portugal et l'Espagne) se profile déjà. Le consultant Emmanuel Petit, dans une analyse récente, voyait en Zidane un « alchimiste » pour relancer les Bleus ; les Anglais, eux, cherchent peut-être leur propre alchimiste.

Une Coupe du monde riche en surprises et en émotions

Au-delà du cas anglais, cette édition 2026 a tenu toutes ses promesses. L'Autriche, accrocheuse, a poussé l'Argentine dans ses retranchements. La Belgique, après des matches nuls poussifs, a été éliminée en quarts par l'Espagne. La France, malgré une belle route (victoires contre le Sénégal, le Paraguay, le Maroc), a chuté en demi-finale avant de sombrer dans la petite finale (6-4 contre l'Angleterre).

Ce match pour la troisième place, disputé le 18 juillet, a offert un festival de buts (10 au total) et une revanche aux Anglais, qui terminent sur une note positive. Mais le goût amer de la demi-finale perdue restera longtemps.

Le pari risqué de Tuchel

Thomas Tuchel, en poste depuis 2024, avait construit son identité sur des plans de jeu très spécifiques. Contre l'Argentine, il a parié sur un bloc bas et des transitions rapides. Le plan a fonctionné 45 minutes, avant que l'équipe ne subisse. Un constat partagé par de nombreux observateurs : l'Angleterre manque encore de maturité pour gérer les grands rendez-vous.

La FA va devoir trancher : faut-il laisser du temps à Tuchel, ou chercher un nouveau sélectionneur pour la prochaine campagne ? En attendant, les Three Lions repartent avec une médaille de bronze et des regrets. Un paradoxe qui rappelle celui de la Belgique, génération dorée mais jamais couronnée.

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