Édouard Geffray défend la loi sur la protection des enfants et répond aux critiques sur Parcoursup

Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, donne un discours sur la protection des enfants à l’Assemblée nationale le 1er juin 2026.

Édouard Geffray : une loi « à la hauteur des enjeux » pour la protection des enfants

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, était l’invité de France Inter ce jeudi 16 juillet 2026, au lendemain du début de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi sur la protection des enfants. Interrogé sur les critiques qui qualifient le texte de « fourre-tout trop technique », le ministre a répondu fermement : « Ce texte est à la hauteur des enjeux. » Il a toutefois nuancé en affirmant qu’« il ne faut pas tout attendre de la loi ».

Cette intervention intervient alors que 88 000 faits de violences contre les enfants ont été signalés cette année, un chiffre alarmant dévoilé par Édouard Geffray dans les colonnes du Parisien la veille. Le ministre a rappelé que le texte fait suite aux « nombreuses révélations de violences dans le périscolaire, notamment à Paris », et entend apporter des réponses concrètes et immédiates.

Une « liste noire » commune à l’école, au périscolaire et aux activités sportives

Au cœur du dispositif, Édouard Geffray a réaffirmé sa volonté de mettre en place une « liste noire » de toutes les personnes « identifiées comme représentant un danger pour les mineurs », afin qu’elles ne puissent plus intervenir en milieu scolaire, périscolaire ou sportif. « Une personne qui a été identifiée comme représentant un danger pour les mineurs ne peut plus mettre les pieds, sous quelque forme que ce soit, dans une école », a-t-il insisté.

Le ministre a précisé que cette mesure ne se limiterait pas aux condamnations pénales. « Si vous avez un comportement inadmissible avec des enfants, même s’il n’est pas pénalement répréhensible, si je vous licencie pour ça, il n’y a aucune raison que vous remettiez les pieds dans l’école », a-t-il expliqué. Le texte prévoit également un contrôle d’honorabilité régulier pour toutes les personnes intervenant dans les écoles, y compris les bénévoles, qui devront fournir une attestation d’honorabilité avant d’entrer dans l’enceinte scolaire.

« On passera tout le monde régulièrement au fichier », a promis Édouard Geffray, détaillant un système qui viendra combler les failles du dispositif actuel, où le signalement judiciaire individuel « est toujours faillible ». L’objectif est d’atteindre une infaillibilité dans la détection des profils dangereux.

Parcoursup : 126 652 candidats encore en attente, le ministre se veut rassurant

Sur un autre dossier brûlant, Édouard Geffray a également dû répondre aux inquiétudes suscitées par les chiffres de Parcoursup. À l’issue de la phase d’admission principale, qui s’est achevée samedi, 126 652 candidats sur 872 000 étaient encore en attente d’une proposition d’affectation dans l’enseignement supérieur. Un chiffre en hausse par rapport à 2025 (103 582 candidats), ce que le ministre explique par un nombre plus élevé d’étudiants en réorientation cette année.

« Avoir plus de 126 000 candidats en attente, ce n’est jamais acceptable », a reconnu Édouard Geffray, tout en appelant les élèves à « être rassurés ». « Chaque année, on y arrive. Il y a plus d’étudiants cette année qui étaient en réorientation et donc le volume global était plus important, donc ça demande encore un peu plus d’efforts, mais on va y arriver », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que la phase complémentaire se poursuit jusqu’au 10 septembre, permettant aux candidats de formuler de nouveaux vœux pour des formations disposant encore de places. En 2025, sur les 103 582 candidats sans proposition à l’issue de la phase principale, plus de 83 000 avaient reçu une proposition d’admission via cette phase. « Tout est fait pour trouver une place » aux candidats restés sans réponse positive, a assuré Édouard Geffray.

Enjeux et perspectives : vers une refonte de la protection de l’enfance

Ce projet de loi sur la protection des enfants, examiné cette semaine à l’Assemblée, s’inscrit dans une volonté plus large de sécurisation des environnements scolaires et périscolaires. La mise en place d’une « liste noire » commune et des contrôles d’honorabilité réguliers représentent une avancée majeure dans la lutte contre les violences faites aux enfants. Le ministre insiste sur une approche globale : « On va également faire en sorte que tous les intervenants extérieurs, qu’ils soient bénévoles ou professionnels, ne puissent plus entrer à l’école sans une attestation d’honorabilité. »

Par ailleurs, les difficultés de Parcoursup mettent en lumière les tensions persistantes du système d’orientation post-bac, avec un nombre croissant d’étudiants en réorientation. Édouard Geffray promet que l’État fera le nécessaire pour que chaque candidat trouve une place, mais le délai de la phase complémentaire (jusqu’au 10 septembre) pourrait laisser certains lycéens dans l’incertitude jusqu’à la rentrée.

Ces deux dossiers illustrent les défis auxquels est confronté le ministre de l’Éducation en ce mois de juillet : d’un côté, la nécessité de renforcer la protection des enfants face aux violences, et de l’autre, l’exigence d’un système d’orientation plus fluide et plus juste. Alors que la loi sur la protection des enfants est en passe d’être adoptée, Édouard Geffray espère que les mesures annoncées sauront convaincre les sceptiques et, surtout, protéger efficacement les mineurs.

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