David Lisnard intensifie sa campagne présidentielle avec le Tour de France de Nouvelle Énergie

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Un candidat en mouvement : le Tour de France de Nouvelle Énergie

Alors que la campagne présidentielle de 2027 s’accélère, David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, multiplie les déplacements et les prises de parole. Ce mercredi 10 juin, le Tour de France de son mouvement Nouvelle Énergie faisait escale à Montpellier, au Pullman Centre, pour une réunion publique ouverte aux citoyens. Organisée par Romain Marsily, directeur général du parti, et Anne Sattonnet, maire de Vence, cette soirée visait à présenter les grandes lignes du projet présidentiel de Lisnard, ainsi que le candidat aux sénatoriales dans l’Hérault, Malik Hamadache.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de terrain, destinée à installer le maire de Cannes comme une alternative crédible à droite. Le lendemain de cette réunion, le jeudi 11 juin, les médias continuent de relayer ses prises de position, notamment sur la refondation de l’État, la sécurité et la diplomatie.

Investi depuis plusieurs mois, David Lisnard ne cache pas ses ambitions. Dans un entretien accordé à i24NEWS le 9 juin, il a martelé qu’"il n'y a pas de fatalité au déclin français", tout en proposant une "révolution du bon sens" fondée sur la réduction de la dépense publique, le rétablissement de l’autorité de l’État et la libération de l’économie. Son discours séduit une partie de l’électorat de droite, en quête d’une ligne claire, à la fois libérale et souverainiste.

Contexte : un camp des droites fragmenté et des rendez-vous décisifs

Un débat à fleurets mouchetés avec Édouard Philippe

Le 6 juin, David Lisnard a participé à un débat organisé par Florence Portelli, maire LR de Taverny, avec un autre prétendant à l’Élysée : Édouard Philippe, patron d’Horizons. Si les deux hommes s’accordent sur le constat d’une justice fragilisée — en référence au meurtre de la jeune Lyhanna dans le Gers —, leurs approches divergent sur la méthode. Lisnard insiste sur un "redressement du pays" passant par une réforme en profondeur, tandis que Philippe met en garde contre une justice "plus comprise" par les citoyens.

Ce face-à-face intervient dans un climat de dispersion des candidatures à droite. Bruno Retailleau, Gabriel Attal et Xavier Bertrand ont, eux, décliné l’invitation. Lisnard, lui, se présente comme le candidat du "bon sens" et de la rupture, capable de rassembler au-delà des clivages traditionnels.

Une diplomatie affirmée sur le Moyen-Orient

Sur le plan international, David Lisnard a profité de son passage sur i24NEWS pour détailler sa vision. Il défend un soutien clair à la sécurité d’Israël, tout en conservant une liberté de critique sur certaines orientations du gouvernement israélien. Il s’oppose à une reconnaissance unilatérale d’un État palestinien sans cadre politique ni garanties de stabilité. Au Liban, il appelle au désarmement du Hezbollah, qu’il qualifie d’"instrument de l’influence iranienne", et à un soutien accru de la France aux autorités libanaises.

Cette ligne diplomatique, à la fois ferme et mesurée, pourrait séduire un électorat sensible aux questions de sécurité et de souveraineté nationale, dans un contexte de tensions croissantes au Proche-Orient.

Perspective : les implications d’une candidature Lisnard

Un électorat en recomposition

La candidature de David Lisnard, qui a quitté Les Républicains pour fonder Nouvelle Énergie, illustre la fragmentation de la droite française. Il capte une partie des déçus du macronisme, des souverainistes et des libéraux-conservateurs. Son discours sur la méritocratie et la responsabilité trouve un écho particulier auprès des entrepreneurs et des classes moyennes actives.

L’arrivée de Malik Hamadache, ancien international de rugby, comme tête de liste aux sénatoriales dans l’Hérault, renforce cette stratégie de conquête des territoires. L’ex-joueur, président du syndicat Provale, incarne une droite populaire et ancrée dans le réel. Il déclare : "Quand quelque chose ne me plaît pas, je m’engage." Une formule qui résume l’état d’esprit du mouvement.

Quels freins et quelles opportunités ?

Lisnard doit encore faire face à plusieurs obstacles. Le premier est la notoriété : malgré son rôle à la tête de l’AMF, il reste moins connu que ses concurrents directs. Le deuxième est le risque d’éparpillement des voix à droite, qui pourrait profiter au camp présidentiel sortant ou à l’extrême droite.

Cependant, sa méthode — déplacements en province, débats publics, communication directe — lui permet de construire une base militante solide. Son opposition à une reconnaissance unilatérale de l’État palestinien, tout en maintenant des relations équilibrées avec Israël, lui donne une crédibilité diplomatique rare.

Alors que le scrutin présidentiel se profile, David Lisnard semble vouloir incarner la renaissance d’une droite décomplexée, pragmatique et résolument réformiste. Reste à savoir si ce discours parviendra à franchir le mur des sondages et à convaincre au-delà de son cercle initial de sympathisants.

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