Dany Leprince : la Cour de révision décide ce jeudi de son nouveau procès

Dany Leprince , convicted of the 1994 murders of his brother, sister-in-law and two of their daughters in the Sarthe region of France, looks on as...

Une décision très attendue pour Dany Leprince

Ce jeudi 2 juillet 2026, à 9 heures précises, les treize hauts magistrats de la Cour de révision, siégeant dans la chambre criminelle de la Cour de cassation à Paris, rendront leur décision dans l'affaire Dany Leprince. Agé de 69 ans, cet ancien salarié d'un atelier de découpe de viande, surnommé "le boucher de la Sarthe" par la presse à l'époque, saura s'il obtient enfin le droit à un nouveau procès, près de trente ans après sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité.

Dany Leprince, qui n'a jamais cessé de clamer son innocence, a déjà passé 18 années derrière les barreaux. Sa demande de révision, déposée il y a plusieurs années, constitue sans doute sa toute dernière chance : en cas de refus, il lui faudrait présenter de nouveaux éléments, ce qui semble de plus en plus improbable, et attendre en moyenne cinq années supplémentaires avant une nouvelle décision.

Les éléments nouveaux qui pourraient tout changer

Le témoignage troublant de la petite rescapée

La principale pièce maîtresse de la défense est le témoignage de Solène Leprince, la seule survivante du massacre. Âgée de seulement 2 ans au moment des faits, elle a été auditionnée par des experts, et ses propos, ou plutôt "ce qu'on lui a fait dire" selon les avocats de Dany Leprince, ont été déterminants dans sa condamnation initiale. Aujourd'hui adulte, Solène Leprince aurait expliqué aux enquêteurs qu'elle n'a pas les souvenirs qu'on lui prête. Elle aurait notamment évoqué des propos tenus devant des experts, affirmant que son oncle était "bobo" – des déclarations dont ses avocats estiment qu'elles n'ont aucune valeur scientifique.

La question des aveux et de la garde à vue

Un autre élément clé réside dans les aveux de Dany Leprince. Il n'a reconnu qu'une seule fois avoir tué son frère Christian, après 46 heures d'une garde à vue éprouvante, avant de se rétracter immédiatement. Me Olivier Morice et Me Missiva Chermak-Felonneau, ses avocats, ont tenté de démontrer que ces aveux, arrachés dans des conditions controversées, ne devraient pas être considérés comme des preuves solides.

La reconstitution qui contredit les accusations

Enfin, une reconstitution des faits a récemment montré que l'une des deux principales accusatrices – Célia, la propre fille de Dany Leprince – n'a pas pu voir son père en pleine action au moment où elle le prétend. Ce nouvel élément pourrait sérieusement affaiblir l'accusation et justifier une révision complète du procès.

Les conséquences d'un nouveau procès

Si la Cour de révision donne son accord, un nouveau procès se tiendra devant une cour d'assises. Tout repartirait de zéro, ou presque : nouveau président, nouveau jury, nouveaux représentants de l'accusation et de la défense. Les témoins de l'époque et les experts seraient réentendus dans la mesure du possible. Ce serait la treizième fois depuis 1989 qu'une condamnation criminelle serait annulée – un cas rarissime dans l'histoire judiciaire française.

En revanche, si la demande est rejetée, Dany Leprince aura épuisé la quasi-totalité des recours. Il lui faudrait alors fournir de nouveaux éléments pour déposer une troisième demande, ce qui paraît quasi impossible à son âge. La décision de ce 2 juillet 2026 pourrait donc bien être le point final de cette affaire qui a marqué l'opinion publique et suscité un vif débat sur la fiabilité des preuves et la présomption d'innocence.

Un dossier qui interroge la justice française

L'affaire Dany Leprince soulève des questions fondamentales sur le système judiciaire français, notamment sur le poids accordé aux aveux et aux témoignages d'enfants en bas âge. À une époque où la Coupe du monde 2026 occupe le devant de la scène médiatique, avec des enjeux comme le duel entre l'Angleterre et la RDC enflamme le Mondial 2026, le cas Leprince rappelle que la justice peut parfois errer et qu'il est crucial de garantir à chaque accusé un procès équitable.

Ce jeudi, les projecteurs seront donc braqués sur la Cour de révision. La décision, quel qu'en soit le sens, marquera un tournant dans une affaire qui dure depuis plus de trois décennies. Pour Dany Leprince, c'est peut-être l'aboutissement d'un combat de toute une vie.

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