Marlène Schiappa et Ève Gilles brisent le silence sur le cyberharcèlement
Ce jeudi 22 octobre 2026, la chaîne Téva consacre sa soirée au cyberharcèlement avec la diffusion du documentaire « La Meute en réseau », suivi d'un débat animé par Ashley Chevalier. À l'occasion des 30 ans de la chaîne, ce programme donne la parole à des personnalités publiques victimes de violences en ligne, parmi lesquelles Marlène Schiappa, ancienne secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, et Ève Gilles, Miss France 2024. Leur témoignage met en lumière un fléau qui touche majoritairement les femmes : elles représentent 82 % des victimes de cyberharcèlement.
Des témoignages forts sur un phénomène massif
Marlène Schiappa, qui a porté la loi de 2018 contre le cyberharcèlement en meute, revient sur les menaces de mort et les insultes qu'elle a subies tout au long de ses trois mandats. Dans son entretien accordé à Femme Actuelle, elle explique la frontière entre critique et harcèlement : « Le cyberharcèlement se caractérise par la répétition. Soit une même personne vous envoie vingt fois un commentaire pour dire que votre contenu est nul, soit c'est la répétition par plusieurs personnes. » Elle rappelle que sa loi a permis de considérer les participants à une meute comme auteurs de cyberharcèlement. L'ancienne ministre, qui a publié un livre intitulé « La Machosphère » (Ed. Fayard), confie également avoir interdit à ses enfants l'accès aux réseaux sociaux.
Ève Gilles, de son côté, raconte la « vague de haine » qui a déferlé après son élection. « Quand j'ai été élue Miss France, je ne m'attendais pas du tout à cette vague de haine aussi forte », confie-t-elle à Télé-Loisirs. Elle évoque des attaques sur son physique, notamment le passage des cheveux longs aux cheveux courts, qui ont suffi à déclencher un torrent d'insultes. « Les réseaux sociaux, c'est un peu le défouloir pour m'insulter gratuitement en pensant être protégés », déplore-t-elle. Malgré les traces laissées par ce harcèlement, elle insiste sur la nécessité de parler et de se faire aider, notamment via l'association e-Enfance dont elle est ambassadrice.
Un contexte de libération de la parole et de prise de conscience
Une loi pionnière mais encore méconnue
La loi Schiappa de 2018 a marqué une étape importante dans la lutte contre le cyberharcèlement en France. Pourtant, son application reste perfectible. Dans un entretien à Valeurs actuelles, Marlène Schiappa dénonce le fait que certaines formations financées par la Ville de Paris n'en parlent pas, au motif que la loi serait « nulle ». « On expliquera aux femmes que le harcèlement est désagréable, sans leur dire qu'il peut valoir une amende, une plainte ou une peine de prison », regrette-t-elle. Elle y voit une « grille de lecture politicienne » qui dessert les victimes. Ce constat souligne l'importance de mieux informer le public sur ses droits.
Une reconnaissance médiatique croissante
La diffusion de ce documentaire sur Téva s'inscrit dans un contexte de prise de conscience collective. Les témoignages de personnalités comme Ève Gilles ou Marlène Schiappa permettent de briser le tabou et d'encourager les victimes à sortir du silence. D'autant que le cyberharcèlement ne touche pas seulement les célébrités : il peut concerner chacun, notamment les jeunes. La mise en avant de la mouvance « incel » et de la « machosphère » dans le documentaire montre que ce phénomène s'organise parfois en réseaux structurés, avec des conséquences dramatiques.
Perspectives : vers une meilleure protection des victimes ?
Ce documentaire intervient à un moment où la question du cyberharcèlement est de plus en plus présente dans le débat public. Les récentes affaires de violence et de harcèlement en ligne ont conduit à une pression accrue sur l'exécutif pour renforcer les moyens de lutte. La loi de 2018 pourrait être complétée par de nouvelles mesures, notamment en matière de modération des plateformes et d'éducation numérique. L'enjeu est de taille : selon les chiffres cités, 82 % des victimes sont des femmes, ce qui en fait un enjeu féministe majeur. Les témoignages de Marlène Schiappa et Ève Gilles rappellent que le cyberharcèlement n'est pas une fatalité et que des solutions existent, tant sur le plan législatif que sur celui de l'accompagnement des victimes.
Alors que les réseaux sociaux occupent une place croissante dans nos vies, la lutte contre le cyberharcèlement s'impose comme un défi de société. La diffusion de « La Meute en réseau » ce soir sur Téva pourrait bien marquer une nouvelle étape dans la mobilisation collective.
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