Le Critérium des Cévennes 2026 lance son édition 67 ce week-end
Le rideau se lève sur la 67e édition du Critérium des Cévennes, épreuve phare du championnat de France des rallyes asphalte. Ce week-end, les routes sinueuses et bosselées du Massif central accueillent les meilleurs pilotes nationaux, avec un enjeu de taille : la lutte pour le titre. En tête du classement général, l'Ardéchois Raphaël Astier (Porsche 992 GT +) arrive avec l'étiquette de favori, mais il refuse ce statut. « Franchement non, je ne le pense pas. Au contraire, par le profil de ses routes étroites et bosselées, le Critérium des Cévennes est l'un des rallyes du championnat les moins favorables à notre Porsche », a-t-il confié à Midi Libre. Le pilote de 35 ans, copiloté par l'expérimenté Denis Giraudet, sait que la moindre erreur peut être fatale sur un terrain qui pardonne peu.
La météo s'invite déjà dans les débats. Lors des essais organisés lundi en Ardèche, la pluie a perturbé le travail de réglages. « Avec nos deux roues motrices, la pluie ne nous aiderait vraiment pas face aux Rally2 de nos adversaires », prévient Astier. Il espère des routes sèches sur au moins les deux premières étapes pour pouvoir exprimer pleinement le potentiel de sa monture. Un vœu qui pourrait être exaucé si le vent du nord chasse les nuages, comme l'évoque Dorian Nicolas, habitué de l'épreuve.
Un parcours quasi identique, avec une nouveauté
Le tracé 2026 reste fidèle à celui de l'an dernier, à une exception près : un petit gymkhana ajouté à l'arrivée. L'étape de samedi sera marquée par la fameuse spéciale de 53 km, un format long qui impose une gestion fine des pneus et des freins. « Ce format excessivement long est très sympa. Il implique d'être capable de gérer beaucoup de choses », souligne Astier. L'an passé, cette épreuve n'avait toutefois pas créé de gros écarts, rappelle-t-il.
Un duel au sommet et des locaux ambitieux
Le championnat se résume à un duel entre Astier et Yoann Bonato. Ce dernier, multiple champion de France, compte bien profiter des circonstances pour reprendre l'avantage. Astier, lui, se veut pragmatique : « Honnêtement, il n'y a pas de stratégie. Je vais rouler le mieux possible et j'aviserai en fonction de l'évolution du rallye. Idéalement, ce serait bien de finir devant Yoann, mais si cela s'avère infaisable je ne me forcerai pas à prendre des risques inutiles. » Une prudence qui traduit l'importance de l'épreuve : un podium est impératif pour ne pas compromettre ses chances au championnat, alors qu'il reste encore le rallye d'Antibes après.
Les régionaux, outsiders redoutables
Comme chaque année, les équipages locaux seront à surveiller. Leurs connaissances du terrain et des pièges météorologiques en font des adversaires coriaces. Dorian Nicolas (C3), déjà huit fois sur le podium cette saison avec deux victoires, en sera à son 13e ou 14e Cévennes. « J'ai espoir que cela sèche avec l'arrivée du vent du nord mais il restera les traditionnels tapis de châtaignes écrasées. La connaissance du terrain sera primordiale », explique-t-il. Kévin Constanty et Jérémy Turco (Skoda RS) seront également en embuscade, tout comme l'Alésien Romain Durand, vainqueur aux Rallyes de Lozère et du Gard, qui découvre encore l'épreuve avec seulement trois spéciales à son actif.
En GT, le vétéran Jean-François Mourgues (Alpine R GT), huit fois sur le podium scratch, défiera Grégory Fontalba (Alpine RGT +). En VHC, Bertrand Fassio (Porsche 911 GR 4) part favori face à la Ford Sierra de Pascal Brunel. Dans les groupes inférieurs, Florent Pueyo (208 RC4), Guillaume Zazurca et Loan Guibal (Clio Trophy) comptent bien tirer leur épingle du jeu.
Un week-end décisif pour la suite du championnat
Au-delà de l'aspect sportif, ce Critérium des Cévennes 2026 revêt une importance capitale pour la trajectoire du championnat de France. Avec un Astier en leader mais vulnérable sur ce terrain, et un Bonato à l'affût, chaque seconde comptera. La météo, incertaine, pourrait rebattre les cartes et favoriser les spécialistes des conditions précaires. Les prévisions annoncent une possible amélioration grâce au vent du nord, mais les zones ombragées et les tapis de châtaignes resteront des pièges.
Pour les concurrents, l'objectif est clair : marquer des points précieux avant la dernière manche. Astier le sait : « Il faudra au moins être sur le podium, sinon mes chances au championnat risquent d'être sérieusement compromises. » Un constat qui promet une lutte intense sur les routes cévenoles. Les amateurs de rallye peuvent suivre l'épreuve tout le week-end, avec un départ donné vendredi. Et pour ceux qui s'intéressent aux autres actualités du week-end, notamment le changement d'heure 2026, sachez que la nuit de samedi à dimanche sera également marquée par le passage à l'heure d'hiver. Mais sur les routes des Cévennes, c'est bien la course contre la montre qui retiendra l'attention.
Commentaires