Congé climatique, PMA et crise interne : Marine Tondelier sous pression

A défaut de congés pour événements climatiques vous pouvez instaurer le télétravail en urgence.

Une actualité brûlante pour la secrétaire nationale des Écologistes

Alors que la France suffoque sous une canicule précoce, la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, s'impose sur tous les fronts médiatiques. Le 24 juin 2026, elle a annoncé sur BFMTV-RMC que son congé climatique – mesure phare de son parti – serait déposé sous forme de proposition de loi par le député Damien Girard. Ce dispositif inspiré du modèle espagnol prévoit jusqu'à cinq jours de congé rémunéré par an pour les salariés exposés aux aléas climatiques (canicule, inondation, incendie).

Mais cette initiative a été immédiatement éclipsée par une autre révélation, plus intime et politiquement sensible. Le 25 juin, dans le podcast « Gamètes » du réseau ICI, Marine Tondelier a révélé avoir eu recours en Belgique à un diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies (DPI-A) – un test interdit en France – lors de son parcours de procréation médicalement assistée (PMA), après plusieurs échecs d'implantation. Un examen qui lui a coûté près de 10 000 euros.

Une guerre d'orientation fait vaciller la direction

Parallèlement, la pression monte en interne. Les opposants à Marine Tondelier ont obtenu la tenue d'un conseil fédéral extraordinaire le 30 juin prochain, comme le révélait Le Monde la veille. Ce scrutin interne, qualifié de « test » par les observateurs, pourrait fragiliser la position de la secrétaire nationale à moins d'un an de la présidentielle de 2027. Alors que les premiers sondages placent les Écologistes en difficulté, la question stratégique – alliance avec la gauche radicale ou ligne indépendante – divise jusqu'à la base.

Le congé climatique : une mesure populaire mais polémique

Un dispositif taillé pour les travailleurs exposés

Le congé climatique proposé par Marine Tondelier ne concernerait pas les salariés de bureaux climatisés ni les télétravailleurs. Il cible les artisans, ouvriers du bâtiment, agriculteurs et autres professions exposées aux aléas météorologiques extrêmes. « Je veux que ce risque, qui est un nouveau risque du XXIe siècle, soit assuré collectivement », a-t-elle plaidé sur BFMTV-RMC. Concrètement, un salarié confronté à une canicule, une inondation ou un incendie pourrait bénéficier de cinq jours de congé sans perte de revenus – un chiffre « à discuter » selon la cheffe écologiste, qui admet qu'il pourrait être de quatre ou six jours.

La proposition sera déposée sous forme de proposition de loi dans les prochains jours, avec une conférence de presse prévue ce mercredi 24 juin. Les Écologistes espèrent surfer sur l'actualité caniculaire pour faire bouger les lignes. Outre le congé, le parti prévoit un volet végétalisation des villes et une mesure immédiate : l'ouverture des fenêtres des bâtiments publics la nuit, interdite pour des raisons de sécurité, en embauchant des gardiens de nuit. « On ne peut pas dire, on ne fait rien pendant des décennies et tout d'un coup qu'il est trop tard », a conclu Marine Tondelier.

Les échos du passé

Cette annonce réveille les « vieux démons écolos », comme le titre L'Express. La canicule de 2003 – qui fit près de 15 000 morts en France – avait déjà vu Noël Mamère alerter sur les causes du bouleversement climatique. René Dumont, premier candidat écologiste à la présidentielle, prévenait : « L'homme ne croit pas à l'apocalypse qu'il fabrique. » Pour les Écologistes, le congé climatique incarne donc à la fois une réponse concrète à l'urgence et un marqueur électoral. Mais le financement de la mesure – via un retour de l'impôt sur la fortune – cristallise les critiques à droite.

Le DPI-A : un tabou qui tombe

Un parcours du combattant

En révélant avoir effectué un DPI-A en Belgique, Marine Tondelier lève le voile sur un angle mort de la loi française. Le diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies permet de détecter, sur des embryons conçus in vitro, des anomalies chromosomiques non héréditaires. En France, le DPI est strictement limité aux couples risquant de transmettre une maladie génétique grave et incurable, dans cinq centres agréés. Le DPI-A, lui, n'est pas autorisé. Résultat : des milliers de femmes suivent un parcours PMA long et coûteux à l'étranger, souvent en Belgique ou en Espagne.

« Ça pose beaucoup de questions éthiques liées non pas à l'acte en lui-même, mais au fait de qui peut se le permettre ou pas », a reconnu Marine Tondelier dans le podcast « Gamètes ». Elle-même estime le coût de son parcours belge à « au moins 10 000 euros ». Une somme que toutes les Françaises ne peuvent pas se permettre, ce qui creuse une inégalité d'accès aux soins.

Une légalisation en vue ?

La prochaine révision des lois de bioéthique est attendue au plus tard en 2028. La prise de parole de la candidate – finalement tombée enceinte naturellement – pourrait accélérer le débat. « J'en ai parlé avec les médecins qui m'ont suivie », a-t-elle confié. Mais le sujet divise : certaines associations et médecins plaident pour une légalisation du DPI-A, tandis que d'autres pointent un risque de « tri embryonnaire ». En osant dire tout haut ce que beaucoup de femmes vivent en silence, Marine Tondelier espère donner un poids politique à ce dossier sensible.

Une direction contestée

La fronde des « écolos réalistes »

La tenue d'un conseil fédéral extraordinaire le 30 juin n'est pas une surprise. Depuis plusieurs semaines, des cadres du parti critiquent la ligne de Marine Tondelier, jugée trop proche de La France Insoumise par les uns, trop timide par les autres. Ce conseil extraordinaire, réclamé par une motion d'opposants, doit discuter de la stratégie pour 2027. Faut-il une alliance large avec la gauche (PS, PCF, LFI) ou une candidature écologiste autonome ? Les deux thèses s'affrontent. « On ne peut pas continuer avec une cheffe qui multiplie les annonces sans consulter les instances », souffle un élu régional sous couvert d'anonymat.

Le risque d'une implosion avant 2027

À un an de l'élection présidentielle, cette crise interne affaiblit le parti. Les Écologistes peinent à émerger dans les intentions de vote, coincés entre la macronie et la gauche radicale. Les révélations personnelles de Marine Tondelier – bien que saluées pour leur sincérité – ne suffisent pas à éteindre l'incendie. Au contraire, certains estiment que la secrétaire nationale utilise son histoire personnelle pour détourner l'attention des difficultés structurelles du parti. D'autres y voient une tentative de redorer son image avant le conseil fédéral.

Perspectives : un tournant pour l'écologie politique ?

La convergence des luttes

Les trois dossiers – congé climatique, DPI-A, crise interne – dessinent en réalité une même stratégie : faire de l'écologie un sujet de société global, qui dépasse le seul champ environnemental. En liant urgence climatique (congé) et droits des femmes (PMA), Marine Tondelier tente de construire un récit progressiste et cohérent. Un pari risqué, mais qui pourrait séduire un électorat jeune et urbain.

Le poids des symboles

De l'Espagne à la Belgique, les inspirations étrangères de la cheffe écologiste montrent une volonté d'européaniser le débat. Mais en France, où la culture administrative et juridique reste centralisée, chaque avancée se heurte à des blocages éthiques ou financiers. Le conseil fédéral du 30 juin dira si Marine Tondelier parvient à imposer sa vision ou si les Écologistes retournent à leurs sempiternelles querelles intestines.

Dans un contexte où d'autres sujets brûlants – comme la pénurie d'essence en Russie ou les contrôles routiers renforcés – captent une partie de l'attention, l'écologie politique cherche sa fenêtre de tir. Marine Tondelier mise sur la chaleur et l'émotion pour la trouver.

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