Christophe Barthès : le maire RN de Carcassonne cristallise les tensions

Le nouveau maire de Carcassonne Christophe Barthès a reçu ce mercredi 1er avril plusieurs lycéens.

Christophe Barthès : le maire RN de Carcassonne cristallise les tensions

Un maire sous le feu des critiques

Le maire Rassemblement National (RN) de Carcassonne, Christophe Barthès, est au cœur d'une vive polémique depuis le conseil municipal du 24 septembre 2026. Ce jour-là, l'édile s'en est pris nommément à deux journalistes de L'Indépendant, les accusant de vouloir « nuire au maire » et les qualifiant de « journaleux ». Il a également visé le groupe La Dépêche du Midi, traitant ses titres de « torchons » et de « presse nauséabonde ». Plus grave, il a affirmé que si des agents municipaux devaient « subir à l'avenir des actes graves », il en tiendrait les journalistes cités pour responsables.

Ces propos ont suscité une vague d'indignation. Le 29 septembre, un large collectif de sociétés de journalistes (SDJ), dont celle de Mediapart, a publié un communiqué dénonçant des « tentatives d'intimidation » visant à dissuader les journalistes de faire leur travail. Les signataires expriment leur « vive inquiétude » face à ce qu'ils considèrent comme des attaques répétées contre la presse. Ils rappellent un précédent : le 9 septembre, un journaliste de La Dépêche du Midi s'était vu refuser l'accès à une conférence de presse de la mairie par un adjoint au maire.

La police municipale dans la tourmente

Cette affaire s'ajoute à une série de controverses qui secouent la police municipale de Carcassonne. Selon un article de Libération publié le 29 septembre, la police municipale, placée sous l'autorité du maire RN, est éclaboussée par de multiples scandales : propos racistes, plaintes pour harcèlement, et l'existence d'un « clan » d'anciens parachutistes. « Certains policiers sont confrontés à des collègues qui se comportent comme des cow-boys », rapporte le quotidien. Le maire, qui a fait de la sécurité sa priorité, est directement mis en cause pour sa gestion de ce service.

L'hommage du 7-Octobre au cœur de la polémique

L'actualité récente a également mis en lumière une autre décision controversée de Christophe Barthès. Lors du conseil municipal du 24 septembre, il a annoncé l'organisation d'une commémoration en mémoire des victimes des attaques du Hamas du 7 octobre 2023, dont 51 Français. Mais il a immédiatement exclu le groupe d'opposition de gauche, Carcassonne Unie, de l'événement. Dans un communiqué publié le 3 octobre, ce groupe dénonce une « manœuvre politicienne » et accuse le maire de « souiller la mémoire des victimes ». « Nous n'avons besoin ni de l'invitation, ni de l'autorisation de M. Barthès pour pleurer nos morts et honorer leur mémoire », écrivent-ils.

Carcassonne Unie pointe également le timing de cette commémoration, qui coïncide avec les révélations de Mediapart sur les propos antisémites attribués à Jordan Bardella, président du RN. « Hasard du calendrier, cet événement se déroule au moment même où les propos antisémites de M. Bardella sont dévoilés », soulignent-ils, y voyant une tentative de détourner l'attention.

Un climat politique délétère

Ces événements illustrent un climat politique de plus en plus tendu à Carcassonne, ville de 46 000 habitants dont le taux de pauvreté atteint 28 %. Depuis sa prise de fonction fin mars 2026, Christophe Barthès a multiplié les arrêtés répressifs : anti-mendicité, restriction de l'usage des trottinettes électriques, etc. Sa gestion autoritaire et ses attaques contre la presse et l'opposition suscitent de vives inquiétudes quant au respect des principes démocratiques.

Quelles implications ?

L'affaire Barthès dépasse le cadre local. Elle interroge sur la stratégie du Rassemblement National, qui, après avoir tenté de se normaliser, semble retomber dans ses travers. Les attaques contre la presse et les tentatives d'intimidation rappellent des méthodes autoritaires qui préoccupent les observateurs. À quelques mois d'échéances électorales nationales, la gestion de Christophe Barthès à Carcassonne pourrait devenir un symbole des dérives de l'extrême droite au pouvoir local.

Les soutiens aux journalistes de L'Indépendant se multiplient, et la pression sur le maire pourrait s'accentuer. Reste à savoir si Christophe Barthès persistera dans sa ligne d'affrontement ou s'il sera contraint de modérer ses propos. Une chose est sûre : l'attention médiatique nationale est désormais braquée sur Carcassonne.

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