Le chômage repart à la hausse en France
Le chômage est reparti à la hausse en France, atteignant 8,3 % de la population active mi-2026, selon les derniers chiffres publiés. Cette tendance, qui s'inscrit dans un contexte de ralentissement économique, éloigne le pays de l'objectif de plein-emploi fixé à 7 % par Emmanuel Macron. La hausse est continue depuis le dernier trimestre 2024, après une baisse notable durant le premier quinquennat.
Les jeunes sont particulièrement touchés : le taux de chômage des 15-24 ans a grimpé à 21,6 % au deuxième trimestre 2026, en augmentation de 2,5 points sur un an. La part des NEET (ni en études, ni en formation, ni en emploi) atteint 13,3 % des 15-29 ans. Ces chiffres alimentent les inquiétudes d'une génération qui manifeste ces dernières semaines pour dénoncer un avenir professionnel bouché.
Un marché du travail précaire pour les jeunes
Selon une étude de l'Unédic de février dernier, 54,7 % des 15-24 ans occupent un contrat temporaire (CDD, intérim, stage, alternance), contre 15,2 % de l'ensemble des salariés. Cette précarité retarde l'insertion stable, souvent repoussée autour de 30 ans. Les jeunes Français connaissent une insertion plus laborieuse que dans d'autres pays européens, ce qui alimente un sentiment de déclassement.
Les causes d'une dégradation
Des réformes successives et un contexte économique incertain
Pour enrayer le chômage, les gouvernements Macron ont multiplié les réformes : plan d'investissement dans les compétences, développement de l'alternance, durcissement des conditions d'indemnisation chômage (affiliation plus stricte, dégressivité pour les hauts revenus). Ces mesures ont contribué à la baisse du chômage jusqu'en 2021, mais la tendance s'est inversée fin 2024. La conjoncture économique, marquée par l'inflation et les tensions géopolitiques, a fragilisé les embauches.
L'IA, nouvelle source d'angoisse
À ces difficultés s'ajoute l'essor rapide de l'intelligence artificielle, qui bouleverse le marché du travail. Lycéens et étudiants expriment leurs craintes quant à la valeur de leurs diplômes et à leurs perspectives d'embauche. Les manifestations récentes ont vu fleurir des pancartes telles que « Ils ont tué notre avenir » ou « Nos diplômes, notre avenir, pas question de nous les retirer ». L'IA vient ajouter une dose d'incertitude à un tableau déjà sombre.
Des disparités territoriales et internationales
À Cholet, l'emploi résiste
Malgré une légère hausse du chômage, l'emploi reste dynamique dans l'agglomération de Cholet (Maine-et-Loire). France Travail se veut optimiste et entend être « partie prenante de la bonne santé de l'emploi ». Marie Bach, directrice de l'agence locale depuis mai 2025, souligne l'importance des métiers en tension et des nouvelles méthodes de recrutement. Une bouffée d'air dans un contexte national morose.
L'exode des jeunes Ghanéens vers le Golfe
À l'international, le chômage pousse de plus en plus de jeunes Ghanéens à tenter leur chance en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis ou au Qatar. Ces destinations, plus accessibles que l'Europe, sont souvent gérées par des trafiquants et des agences de recrutement douteuses. Francis Agyepong, instituteur de 35 ans, a emprunté 2 500 dollars pour financer son départ, laissant derrière lui une dette à rembourser sous trois mois. Un exode risqué qui illustre le désespoir face au manque d'opportunités.
Perspectives : une jeunesse sacrifiée ?
La hausse du chômage et la précarité croissante des jeunes générations posent question. Si certains experts relativisent, comme Jean-François Giret, directeur du Cereq, qui estime que « le gros problème reste l'emploi des jeunes non-qualifiés », la mobilisation actuelle témoigne d'un malaise profond. La valeur des diplômes n'est pas remise en cause, mais l'adéquation entre formation et emploi reste problématique.
À l'avenir, la France devra répondre à plusieurs défis : relancer la croissance, adapter les compétences aux mutations technologiques et offrir des perspectives stables aux jeunes. Sans quoi le pays pourrait voir s'accroître le sentiment de déclassement et la défiance envers les institutions. Le chômage, longtemps relégué au second plan, redevient un enjeu politique majeur à l'approche des prochaines échéances électorales.
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